Frères et sœurs en Christ et en humanité,

« C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, à la Vierge chérie, disons un chant nouveau »
(Refrain du cantique ‘’ C’est le Mois de Marie ‘’)

Nous débutons ce 5e mois de l’année dit Mois de Marie avec le 4e Dimanche de Pâques encore appelé Dimanche des Vocations (ou du Bon Pasteur). Dans ce mois béni, deux grandes solennités nous donnent rendez-vous : l’Ascension et la Pentecôte.

Ensemble nous allons élever nos voix vers la Sainte Vierge, consolatrice des affligés, pour implorer sa fervente intercession en faveur des habitants de la Terre, prisonniers d’un méchant virus (tels les apôtres après la crucifixion et l’ascension). Oui, nous en sommes sûrs, sa puissante  intercession porte toujours des fruits ; l’histoire nous le confirme  (l’invasion des prussiens, des musulmans, la peste…) ; nous sortirons de nos confinements pour témoigner que Jésus est vivant et vainqueur car durant tout ce temps où l’horrible épidémie a fermé nos Eglises-bâtiments, Dieu a ré-ouvert des milliers d’autres dans nos maisons, dans nos familles et jusque sur les réseaux sociaux et sur les médias ; quel miracle !!! Dieu sait tirer du bien même des situations les plus catastrophiques.

Nous aurions eu plus de temps pour expérimenter la recommandation prophétique de Jésus que nous avions écoutée dans l’évangile du dernier dimanche juste avant le confinement :

«L’heure vient ou vous n’irez plus ni sur cette montagne, ni à Jérusalem pour adorer le Père…..L’heure vient-et c’est maintenant- ou  les vais adorateurs adorerons Dieu en esprit et vérité… » (Jean4,21.23).

Est-ce une coïncidence ? Dieu seul sait. Quelque chose a sûrement changé durant cette nouvelle expérience et nous aurons le temps de le partager, de l’annoncer et  de le proclamer  haut et fort à l’instar des apôtres libérés enfin de la peur.

C’est ainsi que  dans la première lecture de ce dimanche, quelque chose a changé dans la vie des apôtres eux aussi, avec Pierre, ‘’leur capitaine’’ qui pourtant venait entre temps de renier jusqu’à trois fois son maitre. Il s’adresse aux foules de pèlerins venus à Jérusalem pour la Pentecôte : son courage, l’audace de son message et la conviction de sa foi montrent bien que quelque chose a définitivement changé en lui. Désormais rien ne peut l’arrêter ; étonnant n’est-ce pas ?

D’où lui vient donc cette force ? C’est bien sûr l’action du Saint Esprit et la foi en la résurrection du Christ : c’est ce qui fait de nous aussi des témoins et donc des missionnaires de la Bonne Nouvelle partout et chacun selon son état de vie en vue de notre sanctification. C’est là notre vocation première et commune.

La vocation est « un appel au service missionnaire des autres » (cf Pape François, Christus Vivit 253) ;

En ce dimanche des vocations l’Eglise nous invite à apporter chacun sa contribution au bien commun à partir des capacités reçues individuellement, en commençant dans nos familles et dans notre vie professionnelle. Prions pour celles et ceux qui ont reçu un appel à une consécration particulière pour la mission afin qu’ils soient de bons bergers à l’image du Christ, seul Bon Berger .Quelles sont les caractéristiques  de ce dernier ? L’évangile nous répond.

Saint Jean nous présente Jésus comme le bon Pasteur. Il énumère quelques signes qui distinguent l’action de ce ‘’Pasteur par excellence’’ :

D’abord, il fait entendre sa voix pour que les siens le suivent en toute quiétude. Dans ces moments difficiles et jusque dans nos derniers retranchements, le Christ nous rejoint et nous parle toujours. Comme un bon Père, il nous encourage et nous fortifie à travers sa Parole. Dieu se fait connaitre et entendre d’abord à travers sa Parole (au commencement était le verbe). C’est l’occasion de nous familiariser encore et un peu plus avec la Parole contenue désormais  non plus seulement dans nos Bibles mais aussi et encore plus sur nos téléphones, tablettes et  sur les médias…etc.…

Ensuite il promet la vie éternelle à ceux qui le suivront.  Seul le Fils de Dieu pouvait oser faire une promesse aussi audacieuse. La vie éternelle qu’il promet, on s’en doute, n’est rien que sa propre vie offerte en sacrifice pour les siens. Il nous invite ainsi à faire de même vis-à-vis des autres ; pas nécessairement jusqu’à la croix, mais simplement dans l’accomplissement des œuvres de charité les plus banales dans notre vie quotidienne à tous ces pauvres sur le plan matériel et surtout spirituel et humain.

Enfin il promet la sécurité à ceux qui se mettront à sa suite : ‘’personne ne les arrachera de ma main’’. Avec une attention particulière, il veille sur les siens, pour les conduire jusqu’au terme du voyage. C’est cette certitude qui nous donne encore le courage de le suivre, de braver vents et marées de notre époque et de notre société pour supporter les incompréhensions, les souffrances(cf la 2e lecture); et de garder toujours confiance et espoir même face aux épidémies les plus graves, aux guerres et aux catastrophes naturelles : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucuns mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure »(Ps22)

Que Notre Dame de Rostrenen, intercède pour nous. A tous et à chacun nous souhaitons un bon début du mois de Marie, bon dé-confinement dans la prudence et toujours dans le respect des mesures barrières.

 Première lecture : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 14a.36-41)

Deuxième lecture : « Vous êtes retournés vers le berger de vos âmes » (1 P 2, 20b-25)

Évangile : « Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)