Ce n’est pas un hasard si, cette année, le thème du pardon du 15 août de Notre Dame de Rostrenen a été inspiré par Charles de Foucauld dans sa prière sur l’Annonciation : « Notre Dame, apprends-nous à dire OUI, comme toi ! ».

 En effet, ce religieux français, mort au début du 20ème siècle, dans le Sahara algérien, sera bientôt canonisé, a annoncé le Vatican, lui reconnaissant plusieurs miracles.

Né à Strasbourg, en 1858, dans une famille chrétienne, il perd ses parents à six ans et est élevé par son grand-père. Bon élève, il étudie facilement. Peu à peu il s’éloigne de la foi « Je demeurai douze ans sans rien croire, j’étais dans la nuit, je ne voyais plus Dieu, il n’y avait plus que moi. »

 A 20 ans son grand-père meurt, lui laissant un héritage conséquent. C’est à ce moment-là qu’il devient officier mais c’est un militaire sans conviction. Pendant quelques années il va chercher son plaisir dans la nourriture et les fêtes.

 Cependant, en 1880, il est affecté en Algérie où il s’intéresse aux habitants. Mais, pour une affaire de femme, il perd son emploi et est envoyé dans une caserne. « Je déteste la vie de garnison. Je préfère voyager, au moins je m’instruirai et ne perdrai pas mon temps. » En 1882, il démissionne de l’armée.

 Pendant quatre ans il va voyager : en Algérie puis au Maroc, parcourant 3 000 Km dans un pays presque inconnu. A 28 ans il quitte l’Afrique du Nord et s’installe à Paris. Pendant quatre ans il deviendra un chercheur de Dieu. C’est un nouveau départ, sa conversion l’amène à donner sa vie au Seigneur : « Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, j’ai compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui. »

 Après sept années de recherche contemplative (en Terre sainte, en France, puis en Syrie), il quitte la vie monastique et revient, en 1897, chez les sœurs Clarisses de Nazareth, partageant son temps entre travail manuel, adoration et méditation. C’est là que mûrit sa vocation profonde. Il est ordonné prêtre en Ardèche, en 1901.

Il demande à retourner au Sahara et part à Béni Abbès. Il y restera deux ans avec ce désir : « Je veux habituer les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel. » Cependant il y découvre l’esclavage, ce qui le scandalise. En 1903, il se sent attiré par les Touaregs, ces gens qui vivent au cœur du désert. Il s’installe à Tamanrasset. Il y mène une vie tiraillée entre la prière, l’étude, les contacts avec ses frères. « Ma vocation ordinaire c’est la solitude, la stabilité, le silence, mais je suis devenu nomade, tâchant d’apprivoiser, de mettre en confiance. »

 Il ambitionne de former une nouvelle congrégation mais personne ne le rejoint. Afin de mieux connaître les Touaregs, il s’imprègne de leur culture et apprend leur langue.

 La guerre éclate entre la France et l’Allemagne alliée à l’Italie.  Le 1er décembre 1916, il est arraché à son ermitage par un groupe de guerriers et est assassiné à la porte même de l’ermitage.

 Considéré comme un martyr, il fait l’objet d’une véritable vénération. « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira », écrivait Charles de Foucauld dans sa célèbre prière d’abandon. Volonté de tout donner, de tout laisser pour être à la « dernière place », comme Jésus.

 L’héritage spirituel de Charles de Foucauld reste vivant. Aujourd’hui une vingtaine de congrégations ainsi que 6 000 laïcs suivent sa spiritualité.

 Béatifié par Benoît XVI, en 2005, le pape émérite rappelait que « l’héritage de Charles de Foucauld est une invitation à aspirer à la fraternité universelle. »