Soeur Geneviève: « Il suffit d’aimer… »

Soeur GenevièveCette phrase de sœur Emmanuelle placée en exergue de la feuille de chants a servi de fil conducteur à la belle cérémonie des obsèques de soeur Geneviève le 13 janvier dernier à la chapelle de la communauté de la maison-mère des Filles du Saint-Esprit à Saint-Brieuc. Cette communauté où s’était retirée sœur Geneviève depuis septembre 2013, réconfortée par la présence de nombreuses personnes de Rostrenen et de ses environs, faisait remarquer : « Une telle cérémonie ravive notre foi et notre espérance. » La messe, concélébrée par quatre prêtres, les abbés Jean-Marc L’Hermitte, Jean Campion, Yann Talbot et Job Le Fell, a été judicieusement introduite par le chant « Tu es le Dieu des grands espaces » rappelant « les vastes horizons, les longues routes, les chemins vers l’infini » que « Gene » a arpentés au cours de ses camps d’été. Sœur  Anna évoque sa naissance à Lanhouarneau, dans le nord Finistère, en 1923, dans une famille d’agriculteurs, sa profession de religieuse en 1946 et son arrivée à Rostrenen en 1964 où elle restera 49 ans ! Sœur Anna reprend ensuite quelques éléments biographiques empruntés à notre bulletin paroissial du mois de décembre 2013. Après la lettre de Saint Paul qui nous exhorte à mettre « l’amour au-dessus de tout » et le chant de méditation, l’évangile de Saint Jean nous rappelle le commandement de Jésus « Aimez-vous les uns les autres. » Puis l’abbé Yann Talbot, ancien curé de Rostrenen et ancien collègue de sœur Geneviève,  titre son homélie, bien structurée, « Quatre piliers pour une vie ». « Celui qui soutenait tout le reste : la foi chrétienne, vécue dans la communauté des Filles du Saint-Esprit. C’est là qu’elle a développé ses talents au pays de Rostrenen où elle était connue et appréciée de tous, vénérée même par certains comme un monument de notre histoire locale. Le deuxième pilier est l’enseignement : elle aimait son travail de pédagogue et d’enseignante des classes de sixièmes/cinquièmes et elle recevait fréquemment des témoignages de reconnaissance de la part d’anciens élèves. Le troisième pilier découle du second : directrice de camps d’été des colons de Cornouaille pendant une trentaine d’années. Elle a permis à des milliers de jeunes, qui en gardent un souvenir inoubliable, de bénéficier de vacances et de voyages qu’ils n’auraient pas pu s’offrir autrement, découvrant de nouvelles cultures, s’ouvrant à la diversité et donc à la tolérance. Le quatrième pilier fut sa participation à la vie paroissiale, répondant toujours « présent », pour les retraites de jeunes, la profession de foi, la confirmation, la vie liturgique, l’accueil au presbytère. Ce qui fait la valeur de notre vie, c’est l’amour qui la traverse. Merci pour tout. Bennozh Doue evit pep tra. Kenavo er baradoz. » En fin de cérémonie, avant de se diriger vers le cimetière, Christian Gautier, son ancien directeur à Campostal, de 1976 jusqu’à sa retraite en 1989, évoque son passage parmi nous par ces mots : « Ce qui reste c’est un très beau tableau avec plein de dessins et aussi plein de couleurs. » Il cite « la professeure de français, pédagogue et compétente, aux cours bien adaptés à un jeune auditoire, à l’écoute des jeunes. »  Il rappelle aussi « les camps de l’amitié en Europe, mais également au Maroc et au Canada. » Puis il note sa retraite active : sa prise en charge des élèves en difficulté scolaire, ses visites régulières aux malades,  aux personnes âgées et isolées, aux familles en deuil. Elle est bénévole à la Croix Rouge, membre de Rando Rostren. « Ton sens de l’accueil et ta présence aux autres sont restés aussi fermes ». « Finalement toute une vie au service de tous et de chacun quel qu’il soit. Sans grands discours mais avec des paroles simples et des actes dans la prière et la présence de l’autre. » « Avant tout, tu as su AIMER… N’est-ce pas là ton secret : AIMER, AIMER ? » La cérémonie s’est terminée au cimetière où l’adieu fut particulièrement émouvant : Gene qui aimait prier la Vierge et réciter le chapelet a dû apprécier le cantique breton « Mamm santel da Zoue, Itron Varia Rostren », repris en chœur par l’assistance. Bon voyage dans l’éternité. Merci sœur Geneviève ! Trugare braz evit tout e peus graet e kenavo dac’h !

Joël Le Biavant