Marie et Frédéric résident à Saint-Nicolas depuis le printemps dernier ; ils arrivent de la région Centre-Val-de-Loire. Ils ont apprécié l’accueil reçu tant à la paroisse que dans la commune et ils font tout pour s’intégrer. Habités d’une foi profonde, ils ont accepté de partager leurs blessures de chrétiens après avoir connu chacun une séparation puis le remariage.
Marie, présente-nous ton parcours.
J’ai 62 ans. Je suis née dans le Loiret, à 45 kms d’Orléans. Après mon bac, je suis allée à l’école d’aide-soignante puis j’ai travaillé sur mon métier, au CHU d’Orléans. Suite à un accident de travail, j’ai poursuivi ma carrière comme secrétaire médicale dans un service d’enfants. Dans ma précédente commune, j’ai été conseillère municipale. Je suis en retraite depuis trois ans.
Et toi Frédéric ?
J’ai également 62 ans. Je suis né dans le département voisin de l’Eure-et-Loir, à 40 kms de Chartres. Après un CAP agricole, j’ai travaillé comme salarié dans les plaines de La Beauce. Je m’occupais surtout des grandes cultures et sur la fin, nous cultivions une dizaine d’hectares de lavandin pour les huiles essentielles, une culture exigeante en main d’œuvre. J’ai pris ma retraite voilà deux ans.
Marie, peux-tu nous parler de ta foi ?
J’ai été baptisée lorsque j’étais bébé mais ensuite je n’ai reçu aucune éducation religieuse. Je m’étais mariée à l’Église par tradition et nous nous sommes séparés quelques années après. Nous avons eu deux garçons pour qui nous avions demandé le baptême ; c’était pour faire plaisir à ma grand-mère très croyante !
Et toi Frédéric ?
Je suis né dans une famille croyante et pratiquante. Je suis allé au caté et j’ai reçu tous les sacrements jusqu’à la confirmation. J’ai servi la messe pendant cinq ans. Je me suis marié religieusement mais ma femme n’avait aucune conviction. Je me suis éloigné de la pratique religieuse ; nous avons divorcé sans avoir eu d’enfant.
Marie, tu es revenue à la foi ?
L’aîné de mes enfants a souhaité aller au caté comme ses cousins. J’ai accepté et tous les deux nous avons découvert la foi. Le caté était animé par des parents. Je me suis retrouvée catéchiste et, avec une autre maman, nous avons animé un groupe d’une vingtaine d’enfants. Nous les avons accompagnés de la première année de caté jusqu’à la confirmation. Nous nous formions entre catéchistes et grâce aux livres. J’avais trouvé le chemin de l’Église et une pratique religieuse régulière. J’ai moi aussi vécu les sacrements et reçu la confirmation à 40 ans !
Qu’en a-t-il été pour toi Frédéric ?
Après ma séparation, j’ai pratiqué à nouveau. Un jour de 15 août, je suis allé à « une procession » dans une chapelle, un peu l’équivalent des pardons bretons. Un moment festif y était organisé et c’est là que j’ai rencontré Marie. Après nos parcours difficiles, nous étions sans doute prêts pour cette rencontre. J’accompagnais ensuite Marie dans le cadre des sorties de caté.
Et vous vous êtes remariés ?
Oui, en 2008. Ayant déjà été mariés à l’Église, ce fut un mariage civil. Au cours d’une cérémonie dans une chapelle, dans l’intimité familiale, le prêtre a béni nos alliances. Avec notre remariage nous ne pouvions plus communier, c’était une grande blessure. Le prêtre de notre paroisse nous a proposé de suivre une retraite pour les personnes divorcées et remariées. Nous nous sommes retrouvés avec une dizaine de couples autour de l’évêque de Chartres. À l’issue de ce temps, l’évêque nous a conseillé de cheminer en vivant pleinement notre vie de chrétien. Il nous a invités, quand nous nous sentirions prêts, à demander un temps d’échange avec un prêtre. Nous avons ensuite rédigé une lettre commune au nouvel évêque de Chartres ; il nous a répondu : « Pourquoi pas ? » et nous avons repris la communion. Nos trois enfants, qui ont aujourd’hui 35, 33 et 19 ans, sont pratiquants.
Pourquoi la Bretagne ?
Cela fait une quinzaine d’années que nous y pensions mais plutôt dans la région de Tréguier-Paimpol et dans les terres. Ça fait dix ans que nous venons en vacances en Bretagne et à des périodes différentes. C’est en passant visiter une maison à Bothoa que nous sommes devenus amoureux de cette région et de ses paysages. Nous avons acheté une maison à Saint-Nicolas près de « La Piscine ». Nous avons aménagé le 1er avril dernier.
Votre accueil a-t-il été bon ?
Oui, très bon. Le premier dimanche où nous sommes allés à la messe à Corlay, le père Cosme est venu nous saluer et nous demander d’où nous venions. Raymonde nous a parlé du bulletin paroissial et Marie-Jocelyne est venue nous l’apporter ensuite. Nous avons eu d’autres échanges à l’occasion de la messe des Rameaux à Saint-Nicolas et lors des différents pardons qui nous ont permis de découvrir de magnifiques chapelles. L’accueil est important et nous avons trouvé ici ce que nous attendions. Nous sommes prêts à rendre des services à la paroisse, moi (Marie) pour des lectures et Frédéric pour des coups de main matériels.
Avez-vous d’autres activités ?
Oui. Le mardi soir nous allons aux cours de danses bretonnes avec « Les Blés d’Or » et le mercredi aux cours de breton. Le jeudi matin, je (Marie) vais au cours d’aquagym à Gouarec. Nous sommes allés au comice agricole à Saint-Nicolas où nous avons découvert un secteur vivant, avec des jeunes dynamiques. De temps en temps nous retournons en Eure-et-Loir visiter la famille et les amis ou pour garder nos sept petits-enfants âgés de 1 à 10 ans.
Des projets ?
Nous souhaiterions participer tous les deux au pèlerinage de Lourdes avec le diocèse de Saint-Brieuc, en accompagnant les pèlerins malades. Moi, (Marie) j’y suis déjà allée deux fois comme hospitalière, ainsi que nos enfants.
Merci Marie et Frédéric !








