Paroisses de Haute Cornouaille

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 » La Paix soit avec vous »

Lettre ouverte à tous les pasteurs

Depuis la fin du premier confinement, les règles sanitaires mises en place par le gouvernement ne mettent pas tout le monde d’accord. Les divisions que cela engendre atteignent aujourd’hui leur sommet avec l’obligation du pass sanitaire, tant dans l’Église que dans la société.
Certains épousent au nom de l’Évangile la raison altruiste de la vaccination, d’autres, à l’inverse, sont prêts à tout (même à quitter leur métier) pour éviter ce même vaccin. Il devient très difficile dans un sanctuaire ou une église d’être le pasteur de ceux qui sont pour un vaccin obligatoire et ceux qui refusent même de porter un masque.

Pour lever ce clivage qui devient insupportable, il serait nécessaire d’élever le débat.
Qui peut mieux le faire que l’Église ? Or, beaucoup de fidèles sont déçus car, selon eux, les autorités ecclésiales n’ont pas apporté à la situation un éclairage évangélique de qualité et ont épousé sans grandes nuances les directives gouvernementales. Il me semble qu’une méfiance vis-à-vis de l’institution pointe doucement son nez. Par cette lettre, et dans la continuité de celle de Mgr Aillet, j’aimerais soutenir ces fidèles en rappelant que des questions se posent.

Commençons par la question de l’utilisation de cellules d’embryons avortés.
Fausse question ou question résolue me dira-t-on étant donné le caractère très indirect de la participation à l’avortement qu’il comporte. Peut-être, mais cela reste un argument pour beaucoup et il serait souhaitable de les encourager dans leur détermination à lutter contre ce fléau plutôt que de l’ignorer en « encourageant à la vaccination ».
Et puis il faut rappeler que le Vatican indique que L’utilisation de vaccins conçus à partir de fœtus avortés est « acceptable » en cas de « grave danger ». Je ne sais pas ce que l’on appelle grave danger mais on peut légitimement se poser la question à propos d’une pandémie dont le taux de mortalité est extrêmement faible.

Il y a la question des vaccins à ARNm.
Nous avons d’un côté le corps médical qui affirme son efficacité et sa non dangerosité et de l’autre côté des voix discordantes, dont une généticienne spécialiste de l’ARN pour qui il s’agit d’une « injection de code génétique »(1).
Pourquoi leurs avis diffèrent-ils autant ? Comment faut-il lire cette introduction de matériel génétique dans nos cellules. Comment faut-il interpréter ce nouveau type de vaccin qui n’introduit pas un corps étranger dans les cellules, mais qui fait produire à ces mêmes cellules ce contre quoi elles vont lutter ?
Détenteur d’une maîtrise en biologie cellulaire je sais pertinemment que l’étude de la génétique est plus motivée par l’utilisation du matériel génétique que par la compréhension profonde du fonctionnement cellulaire. Je ne vous fatiguerai pas avec des exemples car nous sommes bombardés d’informations difficilement compréhensibles.
Mais quand la loi d’un pays permet de faire des chimères pour ses recherches, je doute de la capacité de ses dirigeants à discerner la justesse éthique d’une telle opération. En utilisant si facilement un ARNm, accompagne-t-on la nature pour la porter à sa perfection ou bien ne risque-t-on pas de jouer avec le vivant en lui faisant violence ?
Nous devons prendre à cœur notre rôle de gardiens de la création en la portant à son accomplissement, et non nous considérer comme maîtres et propriétaires de ce don de Dieu.

La question sanitaire et la politique sont extrêmement liées aujourd’hui, mais qu’attend-on d’un gouvernement qui, pour certains, « entre dans une dérive extrêmement dangereuse (2)» ?
Faut-il faire une confiance radicale ou invoquer le complot à chaque fois qu’il ne répond pas à nos attentes ?
Pour l’instant la juste attitude entre ces deux excès est difficile à tenir. Peut-être peut-on se poser la question de la capacité et de la légitimité d’un gouvernement à nous sauver d’une maladie, ainsi que de la pertinence d’attendre cela de lui. La question de la confiance est redoublée pour les chrétiens qui ont maintes fois été persécutés par l’institution civile. Le complot de l’Ennemi se manifeste-t-il dans un complot terrestre ?
Jusqu’où pouvons-nous aller dans cette identification ?

Ces quelques considérations prennent leur source dans une question plus profonde qui anime cette histoire depuis le début.
Il me semble que nous devons véritablement nous poser la question du sens de la vie et quelle place y tient la mort. Tous les problèmes que pose le Coronavirus et toutes les mesures prises pour trouver une solution partent de l’idée que toutes les vies se valent et que notre vie biologique est sacrée. Qu’en est-il de cette surenchère de la santé qui anime autant les pros vaccins que les antis qui craignent les effets secondaires ?
Faut-il parler d’une « idolâtrie de la vie » ?(3)
Faut-il dire que la crise que nous vivons est un déni de la mort et que « la mort devient un ennemi à abattre et non une réalité à assumer »(4) ?
Que faut-il penser de cette situation dans laquelle l’état prend des moyens démesurés pour guérir une personne de plus de 90 ans et qui nous emmène par ailleurs vers l’euthanasie. Ou encore que faut-il penser de la culpabilisation que l’on fait porter aujourd’hui à une femme enceinte qui ne veut pas être vaccinée, alors que ce même état prône l’avortement ?
Quelle différence paradoxale entre le fait de défendre une stérilité écologique, pour protéger la planète et le fait d’être scandalisé parce que des personnes âgées meurent !
Qu’est-ce que c’est que cette vie biologique que l’on veut défendre de manière aussi irrationnelle? Respectons-nous la vie que Dieu nous a donné ou bien cédons nous inconsciemment à une idée transhumaniste qui nous veut immortel ? Nous croyons au Dieu des vivants, non au Dieu des gens en bonne santé.

On peut avoir l’impression que le caractère uniquement terrestre de notre existence nous pousse à s’agripper à cette dernière de manière totalement démesurée.
La mort exige cette recherche de sens et il est dommage de ne penser qu’à la repousser. Il y a 50 ans, le philosophe Jacques Maritain rappelait l’urgence pour l’Église de prêcher sur les fins dernières.
La crise actuelle me semblait être l’occasion rêvée de rappeler le sens de la mort et l’enjeu de ce passage vers cette vie véritable qu’est la vie éternelle dont nous parlons peu, reconnaissons-le ! Nous n’avons rien entendu dans l’Église à propos de cela, et c’est regrettable !

La crise sanitaire remue en profondeur toutes ces questions.
Alors que de nombreuses têtes pensantes, chrétiennes ou non, ont critiqué cette situation, j’avoue avoir été déçu par notre peu de réactions. On ne nous demande pas d’être pour ou contre le vaccin ou le pass sanitaire, encore moins d’être pour ou contre Emmanuel Macron, mais nos fidèles espèrent des repères puisés dans l’Évangile comme l’exigence de conversion devant la précarité et la fragilité de notre vie biologique, ou encore la venue du Royaume dans une période où le monde semble s’écrouler.
Pour ma part je souhaite vivement nous entendre prêcher en prenant de la hauteur car l’Évangile tranche en apportant la vérité mais ne clive pas le peuple de Dieu sur des critères sanitaires.

Fr. Patrick-Marie Bozo o.p

Recteur du Sanctuaire de la Sainte-Baume

1-Alexandra Henrion-Caude : « Ce n’est ni un vaccin, ni une thérapie génique… C’est une injection de code génétique, sur des gens sains qu’on veut reprogrammer… Moderna appelle ça le ‘software of life’… »
2-Natacha Polony
3-Olivier Rey, L’idolâtrie de la Vie, Tracts Gallimard, 2020
4-Marie de Hennezel, Le Monde, 5 Mai 2020

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Février 2021

Marie et Joseph emmènent Jésus au temple pour le présenter au Père et qu’il lui soit consacré.

C’est guidé par l’Esprit que Syméon reconnait Jésus !
Seigneur, nous te rendons grâce pour les hommes et les femmes qui te consacrent leur vie.
Seigneur, que l’Esprit ouvre les cœurs et aide à discerner la vocation à laquelle tu appelles chacun de tes enfants.

Nous te confions plus particulièrement aujourd’hui ceux que tu appelles à une vie consacrée.

AMEN

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