La communauté des Augustines vit actuellement une année jubilaire ouverte le 18 août 2024. Le 15 mai, elle recevra, lors d’une rencontre ouverte à tous, Mgr Fruchaud, évêque émérite du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, et le dimanche 17 août ce sera le 200ème anniversaire de la communauté, en présence de notre évêque, Mgr Moutel.
C’est le 18 août 1825 que six religieuses Augustines de la communauté de Guingamp viennent faire une fondation à Gouarec à l’instigation de la tante de l’une d’entre elles qui habitait la localité, mais aussi à la demande du curé de la paroisse, Monsieur l’abbé Galerne, et avec l’appui de Mgr Le Groing de la Romagère, évêque de Saint-Brieuc. « Parties à cinq heures du matin et arrivées en char à bancs, les cinq religieuses et la novice sont accueillies à la chapelle Saint-Gilles par une foule nombreuse et, désormais, à chaque 18 août, la communauté de Gouarec prend un temps de prière à l’endroit même où tout a commencé », explique sœur Thérèse-Marie, Prieure. Après avoir vécu dans un appartement, les sœurs investissent une maison dans laquelle le rez-de-chaussée fait office de chapelle et l’étage de pièce de vie de la communauté.

« Les sœurs ouvrent rapidement un lieu pour les pauvres, les malades et l’éducation des jeunes filles. À l’époque, le petit séminaire de Plouguernével accueillait, quant à lui, déjà des garçons », témoigne sœur Thérèse-Marie. « La communauté a également accueilli des travailleurs qui creusaient le canal de Nantes à Brest. Quant à l’église paroissiale, elle fut construite en 1827 grâce aux dons des paroissiens. » La communauté s’agrandit et accueille jusqu’à 70 religieuses. La communauté a continué à se développer au début du XXe, jusqu’à la loi de séparation de l’Église et de l’État qui oblige l’école, qui comptait alors 150 élèves, à se réorganiser… à ouvrir un cours ménager, ce qui permettra aux sœurs de continuer à enseigner. L’été, l’école est transformée en pension de famille. Les années passent et l’activité est florissante jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. « Les Allemands ont voulu réquisitionner le couvent. L’une des sœurs a eu la présence d’esprit d’écrire à l’entrée ‘contagieux’, ce qui a permis à la communauté de ne pas être expulsée », explique sœur Thérèse-Marie.

L’école rouvre en 1931 et devient le Cours Notre-Dame. Une maison de retraite est créée en 1957 et remplace l’hospice. « Les sœurs accueillaient les gens du coin et les enfants en situation de handicap accompagnés de leur famille », souligne sœur Anne-Marie. « Elles s’investissaient aussi en tant qu’enseignantes, infirmières et responsables d’internat. » Un grave incendie détruit l’internat en 1977, mais la vie ne s’arrête pas et les cours continuent. Les Sœurs de Broons, à Plounévez-Quintin, mettent un dortoir à la disposition d’une partie des élèves pendant deux ans, le temps des travaux.
À la rentrée des classes 2023, dans un contexte de baisse démographique et de diminution du nombre d’élèves, est prise la décision de transférer les élèves à Campostal, à Rostrenen, et de fermer l’école Notre-Dame de Gouarec. « Ce fut un choc pour nous, pour la commune… Les élèves avaient tissé des liens avec la maison de retraite et le foyer de vie », se souvient sœur Anne-Marie.
Une fois encore, les sœurs Augustines de Gouarec se relèvent et reprennent leur bâton de pèlerin. Alors que 5 000 m² de bâtiments se retrouvent vides, « je dois dire que Dieu a toujours mis sur notre route les bonnes personnes pour nous aider dans nos difficultés », assure sœur Anne-Marie. Ainsi, des travaux ont été relancés pour accueillir « au printemps ou à l’été 2026 » l’agence CIVI-LING spécialisée dans les séjours linguistiques. « Nous savons que le Seigneur continue à prendre les choses en main », sourit cette dernière.
Aujourd’hui, la communauté de Gouarec compte 21 religieuses,
âgées de 33 à 102 ans, ainsi qu’une fondation au Burkina Faso.









