La bible et notre culture populaire (4)

LE NOUVEAU TESTAMENT

Celui-ci comporte, outre les 4 évangiles, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l’Apocalypse.

Nous commencerons naturellement par les évangiles synoptiques (Mathieu, Marc, Luc) ; on les appelle ainsi car ils présentent de telles convergences qu’ils peuvent être édités en 3 colonnes parallèles (synoptique en grec signifie d’un seul regard), ce qui n’est pas le cas de l’évangile attribué à Jean.

En cette année de la miséricorde, nous débuterons par celui de Luc, l’évangéliste qui en a le mieux parlé : il retient en effet tout ce qui marque la bonté du Christ : le fils prodigue, le bon Samaritain, la brebis perdue, la prostituée qui s’en va pardonnée, le bon larron.

Dante, l’auteur de la Divine Comédie dira de lui « Il est le scribe de la miséricorde du Christ. »

Syrien d’Antioche (en Turquie actuelle), médecin de profession, compagnon de saint Paul, auteur des Actes des Apôtres, saint Luc est également l’évangéliste de l’enfance dans la mesure où il est le seul à relater quelques scènes de l’enfance de Jésus.

La crèche

Aujourd’hui ce mot désigne un établissement destiné à recevoir dans la journée les enfants de moins de 3 ans. A l’origine il signifie mangeoire mais notre langue désigne la mangeoire où Jésus est déposé lors de sa naissance à Bethléem. « Marie accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire » (Lc 1,27). Ce terme devient ensuite l’appellation des représentations souvent en modèles réduits de la Nativité.

Le ravi de la crèche

C’est un santon de la crèche qui lève les bras au ciel en signe d’émerveillement devant le spectacle de la Nativité. Par extension cette expression désigne quelqu’un ayant l’air heureux, d’un optimisme béat, voire simple d’esprit.

Nul n’est prophète en son pays

C’est ne pas être reconnu pour ses capacités dans son milieu d’origine. On a habituellement moins de succès dans son pays qu’ailleurs, c’est parmi les siens que l’on a le moins de chance d’être cru.

« Aucun prophète ne trouve accueil dans sa patrie » (Lc 4-24).

Jésus revient à Nazareth. A ce moment-là, les gens de son village natal se moquent de lui et ne le reconnaissent pas comme le Messie, fils de Dieu, mais seulement comme le fils du charpentier.

Du pain béni

C’est quelque chose qui arrive au bon moment, c’est une aubaine, c’est tout profit.

Le seul pain que Jésus bénit est celui qui va être miraculeusement multiplié. « Jésus prit les 5 pains et les 2 poissons et levant les yeux vers le ciel, il les bénit » (Lc 9-16).

clip_image002Le bon Samaritain (Lc 10,29-37)

Désigne une personne charitable et généreuse faisant preuve d’altruisme même si l’expression est quelquefois teintée d’ironie. Elle fait allusion à la parabole qui met en scène un voyageur de Samarie, membre d’une population que les Juifs tenaient pour impie, qui se montre capable de compassion envers un inconnu gravement blessé, alors qu’à l’inverse un prêtre et un lévite sont passés avant lui, sans s’arrêter.

En montrant que le prochain c’est tout être humain, quel qu’il soit, Jésus ouvre très largement les perspectives de la miséricorde.

Le Samaritain est issu d’une population qui comprend à la fois des fils d’Israël et des colons non juifs, population qui appartenait à l’Etat d’Israël situé au Nord, dont la capitale était Samarie.

La brebis égarée (Lc15, 3-7)

Se dit d’une personne qui s’égare moralement, du dissident d’un groupe ou d’une personne qui vit dans le malheur.

Sur le plan religieux, on dit souvent : ramener au bercail une brebis égarée pour la ramener au sein de l’Eglise.

« Réjouissez-vous avec moi car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue : je vous le déclare, c’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversions (voir aussi Mt 18,12-14).

Cette parabole se poursuit avec celle de la pièce retrouvée (Lc 15, 8-10).

Celles-ci prennent le contrepied de l’expression populaire : une de perdue, dix de retrouvées. Les choses paraissant importantes ou indispensables peuvent être plusieurs fois remplacées. On a tendance à employer cette formule pour tenter de consoler quelqu’un lors d’une rupture amoureuse.

Le fils prodigue (Lc 15, 11-32)

Cette locution désigne un enfant ou une personne à charge, qui dépense de façon excessive ou qui ne remplit pas les espérances de ceux qui l’ont éduqué.

Rappelons que la parabole met en scène trois personnages, le père, le fils aîné qui suit ses ordres et le cadet, le fils prodigue qui part à la découverte du monde.

Après avoir dilapidé son argent, ce dernier se retrouve sous le joug d’un autre maître, plus dur, qu’il finit par abandonner pour retourner vers son père riche et doux. Celui-ci, heureux du retour de son fils, lui prépare une fête, d’où l’expression tuer le veau gras. L’aîné ne comprend pas ce comportement.

La parabole se conclut sur l’explication du père : « Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait festoyer et se réjouir parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »

Pour le pape François, « la miséricorde, le pardon, la justice sont ici mis en avant. » Le père de la parabole représente Dieu lui-même. « Il est notre Père qui nous a créés libres, nous a dotés de conscience, qui souffre si nous nous perdons et qui fête notre retour. »

Joël Le Biavant

(A suivre)