La bible et notre culture populaire (3)

Les livres poétiques et sapientaux

 

clip_image002[4]Dans cette partie, le premier livre est celui de Job, avec l’expression : pauvre comme Job.

Cette expression signifie être très pauvre, dans un dénuement extrême. C’est le symbole de la déchéance humaine.

Le richissime Job subit les pires épreuves : perte de sa famille, de ses biens, maladie incurable, solitude. Dieu récompensera sa fidélité à ces épreuves en lui redonnant ce qu’il avait perdu.

Les Proverbes :

Le sommeil du juste : Pr 3 : il est celui d’une personne qui n’est troublée par aucun remords : « Tu seras sans crainte et quand tu seras couché, ton sommeil sera doux. »

Tenir à quelque chose comme à la prunelle de ses yeux, c’est tenir énormément à quelque chose. Cette expression biblique montre ce qui est important pour l’homme (Pr 7,2). « Si tu veux vivre, garde mes préceptes et mon enseignement comme la prunelle de tes yeux. »

Les Psaumes

Boire la coupe jusqu’à la lie : endurer des souffrances jusqu’au bout, sans répit, subir une humiliation complète. « Car l’Eternel tient une coupe en sa main où écume un vin mêlé d’aromates, de ce vin il verse des rasades mais la lie ce sont tous les méchants de la terre qui l’aspirent et la boivent » (Ps 75-9). A rapprocher de la prière de Jésus au mont des Oliviers « Père si tu veux écarter de moi cette coupe … (Lc 22-42).

Le démon de midi : évoque aujourd’hui un regain d’appétit sexuel ou l’apparition de tourments psychologiques, relatifs à la réussite de sa vie, chez l’homme au midi de son existence. « Tu ne craindras ni la peste qui rôde ni le fléau qui ravage en plein midi » (Ps 91-6).

Le psaume qui évoque les fléaux frappant les hommes en pleine nuit ou en plein après-midi prendra une autre signification à partir du 17ème siècle.

L’Ecclésiaste : Ce livre qui souligne le caractère précaire de la vie s’ouvre sur une célèbre phrase : vanité des vanités et tout est vanité. Ces paroles particulièrement pessimistes nous enseignent qu’ici-bas tout est illusion et déception.

Retenons aussi « Tous les fleuves vont à la mer et la mer n’est pas remplie » (1,7).

Rien de nouveau sous le soleil : rien ne change vraiment malgré la transformation du monde. « Ce qui a été c’est ce qui sera et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera … » (1,9).

Il y a un temps pour tout : relire le Ch. 3 avec l’anaphore : un temps pour …

Les livres prophétiques

 

clip_image002Le livre des lamentations : il est constitué de 5 poèmes déplorant la destruction de Jérusalem et attribué au prophète Jérémie. Retenons l’expression : des jérémiades : « Cesse donc tes jérémiades » entend-t-on quelquefois ; cela évoque des pleurnicheries, des lamentations, des plaintes persistantes, importunes.

Le livre de Daniel :

Entrer dans la fosse aux lions signifie faire face à un grand danger, être confronté à un public impitoyable. Cette expression trouve son origine au Ch. 6. En effet l’entourage du roi Darius jalouse Daniel, un Juif qui réussit, et le fait condamner au prétexte qu’il ne prie pas le roi. Jeté dans la fosse aux lions pour sa fidélité à Dieu, Daniel échappe pourtant à la mort. Par ailleurs durant les jeux du cirque, les Romains enfermaient les condamnés dans l’arène avec les lions, les spectateurs les regardaient alors se battre contre les animaux : ils avaient moins de chance que Daniel de s’en sortir !

Retenons également l’expression le colosse aux pieds d’argile qui désigne quelqu’un ou quelque chose qui cache, sous une force apparente, une grande fragilité. Elle part de l’interprétation d’un rêve par le prophète Daniel qui annonçait l’effondrement du royaume de Babylone à Nabuchodonosor II (Ch. 2).

Parlant de son pays, la République Démocratique du Congo, en septembre 2014, le père Georges évoquait un « géant aux pieds d’argile » (voir bulletin n° 107).

Dans un prochain numéro nous poursuivrons avec le Nouveau Testament.

Joël Le Biavant