Jérusalem et Bethléem

Jérusalem

Nous nous installons au foyer du Patriarcat Grec Catholique, dans la vieille ville. Après le souper, l’infatigable Père Le Rétif nous invite à une découverte nocturne du Mur Occidental (Mur des Lamentations). Malgré la fatigue de la journée, nous le suivons comme un seul homme à travers les souks du quartier arabe. Nous sommes à Jérusalem ; il ne faut pas en perdre une miette ! Nous nous reposerons en Bretagne !

Malgré l’heure avancée, il y a beaucoup de monde. Deux catégories s’y côtoient. Les juifs « classiques » : kipa sur la tête, châle de prière à rayures et franges sur les épaules ou dépassant sous la veste, certains phylactères sur le front et lanière de cuir sur le bras. Les juifs orthodoxes : chemise blanche, chapeau noir, certains toque de fourrure sur la tête, papillotes de cheveux sur les tempes, cravate noire, costume noir, redingote noire. Tous priant face au mur, la plupart en branlant du chef. Je contemple la masse cyclopéenne de ce mur, sur lequel s’élevait, il y a deux millénaires, le grand temple de Jérusalem.

Bethléem

Le lendemain matin, nous laissons Jérusalem pour Bethleem, lieu saint s’il en est, où le Christ est venu sur terre. Grandiose basilique de la Nativité, splendeur byzantine quelque peu gâchée par les palissades du chantier de rénovation (financé par Vladimir Poutine). Portés par la foule, nous descendons à la crypte vénérer l’endroit où Dieu s’est fait homme.

L’après-midi, nous rentrons à Jérusalem par la Barrière de Séparation : mur en béton de huit mètres de haut entre Israël et la Palestine, qui n’a rien à envier à l’ancien Mur de Berlin.

Au sud des remparts de la vieille ville, nous découvrons le Mont Sion, lieu originel de Jérusalem. C’est d’abord l’église de la Dormition de la Vierge, puis celle de Saint-Pierre en Gallicante, où Jésus fut amené devant Caïphe au soir du Jeudi Saint et où Saint Pierre le renia. Enfin le Cénacle où Jésus institua l’eucharistie et où l’Esprit Saint descendit sur les apôtres.

Israël : la Terre Sainte

Israël

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Le Saint Sépulcre

Enfin, but ultime de notre pèlerinage, nous nous rendons au Saint Sépulcre.

Découverte déroutante : la basilique se trouve en plein centre de la vieille ville, alors que sur toutes les représentations picturales de la crucifixion, le Golgotha apparait en-dehors des remparts ! Il faut comprendre qu’au fil des siècles, la vieille ville s’est déplacée du sud au nord, ce qui explique que le Saint-Sépulcre s’est retrouvé en son milieu. 

Nous entrons. L’intérieur est encore plus déroutant. En face de l’entrée, la Pierre de l’Onction, où le corps de Jésus a reçu les premiers préparatifs, avant sa mise au tombeau. Des orthodoxes prosternés y frottent des objets de piété. Sur la gauche, à une vingtaine de mètres seulement, un étrange édicule, de style moscovite. « C’est le Saint Sépulcre », nous précise le Père Le Rétif, ajoutant : « Nous le verrons tout-à-l’heure. Allons au Golgotha ». Pas de colline en vue ! Nous montons un escalier, arrivons dans une chapelle surchargée d’icônes et de lampes à huile et, enfin, dépassant légèrement du sol, sous une vitre, le sommet du Golgotha, avec une crevasse où fut plantée la croix. Rien à voir avec tout ce que je m’étais imaginé. Moment de grande émotion, aussi, d’être à l’endroit précis où le Christ est mort pour nous ! Nous redescendons au rez-de-chaussée, passons dans un couloir, descendons un long escalier, traversons la chapelle de Sainte Hélène et arrivons à la base du Golgotha, dont les deux tiers sont enfouis sous terre.

Nous remontons au rez-de-chaussée et par un dédale de chapelles, d’autels, de sanctuaires, nous arrivons au Saint Sépulcre lui-même. « Les orthodoxes l’appellent l’Anastasie, ce qui signifie la Résurrection. Ils voient le bon côté de l’évènement », nous précise l’abbé. La foule est énorme. Nous reviendrons demain.

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