De Jérusalem à Plouguernével

A Jérusalem sur les pas de Jésus

Le matin suivant, nous descendons le Mont des Oliviers, avec, sous nos yeux, la vieille ville de Jérusalem dans toute sa splendeur.

Sur les pas de Jésus, nous arrivons au carmel du Pater, un des quatre domaines français de Terre Sainte. C’est là que Jésus-Christ enseigna le Notre Père à ses apôtres. Sur les murs du cloître et de l’église, on peut voir cette prière dans toutes les langues, y compris le breton !

Nous passons ensuite au cimetière juif, le plus grand du monde, avec ses 150.000 tombes. C’est là qu’aura lieu, d’après les Juifs, la résurrection des morts.

C’est ensuite l’église du Dominus Flevit. C’est là que le Christ pleura sur les malheurs prochains de son peuple.

Nous arrivons enfin à Gethsémani, lieu de l’agonie du Christ et de son arrestation. Dans le jardin, nous contemplons les oliviers millénaires, dont quelques-uns ont certainement vu passer Jésus.

Franchissant la vallée du Cédron, nous rentrons dans la vieille ville par la porte des Lions et arrivons à l’église Sainte-Anne, autre domaine français de Terre Sainte, lieu de colère de certains présidents… A côté de l’église, se trouvent les ruines de la piscine probatique où Jésus guérît le paralytique. A côté encore, maison d’Anne et Joachin et maison natale de Marie, où elle passa sa jeunesse.

L’après-midi, moment bouleversant : nous parcourons la Via Dolorosa, chemin de croix du Christ, jusqu’à la basilique du Saint Sépulcre, où nous assistons à la messe dans la chapelle des Croisés.

La messe terminée, nous sommes à deux pas du Saint-Sépulcre. La foule est encore plus dense que la veille. Peu importe ! Ce n’est pas la peine de venir à Jérusalem si on n’entre pas au tombeau du Christ ! Après avoir fait la queue presque une heure, nous parvenons à l’entrée, où un pope monte la garde et ne laisse passer que deux ou trois personnes à la fois. J’entre avec une pèlerine de notre groupe. Nous traversons la minuscule Chambre de l’Ange et tombons à genoux dans la Chambre du Sépulcre. Bouleversés, nous nous recueillons devant ce tombeau où s’est produit, il y a deux mille ans, cet immense mystère de la Résurrection. Moins d’une minute après notre entrée, nous sommes fermement invités par le pope à laisser la place aux suivants.

Notre voyage tire à sa fin. Après le souper, à la nuit tombée, je monte sur le toit-terrasse du patriarcat contempler longuement la magnifique vue sur la vieille ville, sur cette extraordinaire cité où est passé mon Dieu, où est née ma religion.

Le lendemain, dernier jour de notre pèlerinage, nous repassons au Mur Occidental et montons juste au-dessus, à l’esplanade des Mosquées. L’islam, au cours des siècles, en a chassé le judaïsme. A droite, la mosquée Al-Aqsa, interdite aux infidèles que nous sommes. Tournant à gauche, nous nous rendons au dôme du Rocher. Il recouvre le mont Moriah où Abraham a failli sacrifier son fils. De là, selon le Coran, Mahomet, à cheval sur le Bouraq, est monté au ciel parler avec Allah. On ne peut qu’admirer les mosaïques du dôme du Rocher, fermé, lui aussi aux infidèles. 

Nous reprenons le bus, passons devant la Knesset et, après la visite du Yad Vashem, mémorial de la Shoah, nous quittons Jérusalem et arrivons à Kyriat Yearim où a séjourné l’Arche d’Alliance, en attendant que Salomon finisse de bâtir le temple de Jérusalem.

Cliquer sur l’image pour lancer le diaporama

Puis direction l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. La nuit est déjà tombée lorsque nous décollons. Elle se passe dans l’avion jusqu’à Nantes, puis dans l’autobus jusqu’à Saint-Brieuc, où nous arrivons à l’aurore. Nous nous quittons avec émotion. Je dépose chez lui l’abbé Le Rétif et arrive à 6 h chez moi. Après cette nuit blanche, épuisé mais ravi, je m’effondre sur mon lit et dors jusqu’à midi !

Il m’a bien fallu 72 heures pour effacer ma fatigue et reprendre ma vie de tous les jours.

On ne revient pas de Terre Sainte comme on y est parti. Dans ma tête demeuraient, sans doute pour toujours, les merveilles que je venais de voir et le sentiment sublime de m’être rapproché de Dieu en ayant suivi ses pas. Je pensais à Chateaubriand qui, dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, écrivait : « La Judée est le seul pays de la terre qui retrace au voyageur le souvenir des affaires humaines et des choses du ciel, et qui fasse naître au fond de l’âme, par ce mélange, un sentiment et des pensées qu’aucun autre lieu ne peut inspirer. »  

Je n’avais qu’une envie : partager mon expérience. A la fin de l’année, je donnai une conférence à la salle paroissiale de Rostrenen.  

Puissent ma conférence et cet article inciter bon nombre à faire ce pèlerinage!                                                        

Fermer le menu