Nos livres d’histoire des saintes et saints sont remplis de noms de ces chrétiens qui ont laissé des traces dans l’histoire de l’Église et qui ont droit, dans notre calendrier liturgique, à une journée qui leur soit consacrée !
Mais ils sont infiniment moins nombreux que ces saintes et saints qui n’ont laissé aucune trace dans nos livres, mais dont les noms sont inscrits dans le cœur de Dieu.
Une journée leur est consacrée dans notre calendrier liturgique, le 1er novembre : fête de la Toussaint, fête de tous les saints, de toutes les saintes.
Nous entendrons ce 1er novembre une vision de saint Jean au livre de l’Apocalypse : « Moi Jean, j’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues, et ils proclamaient d’une voix forte : Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le trône. »
Même si nous n’en parlons pas, nous nous posons parfois la question : « Est-ce que je ferai partie de cette foule immense ? Est-ce que j’aurai une place dans le Royaume de Dieu malgré toutes mes faiblesses, mes écarts de route, la médiocrité de ma vie chrétienne ? » Personne ne peut répondre à la place de Dieu mais n’oublions pas que le premier à y être entré était l’un des voisins de crucifixion de Jésus ! Alors, ayons confiance dans la miséricorde de Dieu notre Père.
Mais il y a une autre question que nous devons nous poser :
« Est-ce que je marche vers la sainteté ? »
C’est l’invitation que nous faisait le pape François en 2018 dans son exhortation «Gaudete et Exultate» et, dès la première page, il nous mettait à l’aise : « Parmi eux (les saintes et saints du XXe siècle), il peut y avoir notre mère, notre grand-mère ou d’autres personnes proches. Peut-être leur vie n’a-telle pas toujours été parfaite mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. »
À côté des saintes et saints « officiellement canonisés » par l’Église, il y a dans le Royaume de Dieu des milliards d’hommes et de femmes qui sont saintes et saints dans le cœur de Dieu. Le pape François écrit au paragraphe 7 de son exhortation : « J’aime voir la sainteté chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades et les religieuses âgées qui continuent de sourire. C’est cela souvent la sainteté «de la porte d’à côté ».
Le chemin de la sainteté ? Mettre nos pas dans ceux de Jésus en mettant sa Parole en pratique.»
Quand, à la Toussaint, nous irons fleurir les tombes de nos proches, n’oublions pas qu’ils font partie de ces nombreux bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux, qui n’ont pas leur nom dans un livre d’histoire mais qui sont dans le cœur de Dieu dans son Royaume.
Osons prendre le chemin pour les y rejoindre !

Père Éric Le Forestier
Aumônier de la communauté des Augustines de Gouarec









