Sainte Catherine Labouré (1806-1876) Fêtée le 28 novembre
À Paris, une chapelle située rue du Bac, Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse,
aura accueilli 3 millions de personnes en 2025.
Nous venons vous présenter la vie de sainte Catherine Labouré, fille de la Charité, à l’origine de la Médaille Miraculeuse. L’ordre des sœurs de Saint Vincent de Paul, ou Filles de la Charité, a été fondé par saint Vincent de Paul en 1633. Cet ordre a pour mission de venir en aide aux orphelins, aux malades aux vieillards…
Enfance :
À Fain-lès-Moutiers, village Bourguignon, le 9 octobre 1815, une petite fille pleure dans la ferme familiale, elle s’appelle Catherine Labouré mais répond au nom de Zoé, la sainte du jour de sa naissance. Elle n’est pas seule à pleurer ; elle est la huitième des dix enfants qui viennent de perdre subitement leur maman, âgée de 46 ans. On plaint les plus jeunes enfants : Catherine 9 ans, Tonine 7 ans et Auguste 5 ans, infirme par accident. Marie-Louise, 20 ans, la deuxième de la famille, va s’occuper de la ferme, tandis que Catherine et Tonine vont être prises en charge par une sœur de leur père, à 9 km de Fain. Avant de partir, Catherine, en larmes, va embrasser une statue de la Vierge et lui demande de remplacer la mère qu’elle vient de perdre. En 1818, elles reviennent à la ferme pour aider leur père, ce qui libère Marie-Louise et lui permet de postuler à Langres, chez les Filles de la Charité.
Chaque jour, Catherine s’échappe de la ferme pour aller prier à l’église. Là est son rêve d’avenir. Pour la messe du dimanche, elle se rend à Moutiers avec sa sœur : une bonne lieue dans chaque sens.
Premier séjour à Châtillon (1824 – 1826) :
Catherine a 18 ans et une cousine germaine va proposer de l’accueillir pour l’instruire. Elle va savoir lire et écrire. Une nuit, elle voit, en rêve, saint Vincent de Paul l’inviter à entrer chez les Filles de la Charité, l’ordre qu’il a fondé.
Exil à Paris (1828 – 1829) :
Son frère, Charles, a établi à Paris un commerce de vins et bouchons et un restaurant, rue de l’Échiquier. Catherine gagne la capitale afin de l’aider, mais elle ne s’y sent pas à sa place.
Le postulat et le séminaire :
Catherine va alors postuler à Paris chez les Filles de la Charité, rue du Bac. Son postulat s’étant bien déroulé, elle est admise en formation, le 21 avril 1830.
Une mission pour Catherine (18 juillet 1830). Elle se repose et, ce soir-là, elle s’entend appeler par son nom « Ma sœur, ma sœur ! ». Elle s’éveille et voit un enfant habillé de blanc, resplendissant de lumière, âgé de 4 ou 5 ans, qui lui dit : « Levez-vous en diligence et venez à la chapelle, la Sainte Vierge vous attend. » Elle se dépêche de s’habiller et suit cet enfant. Dans la chapelle, elle voit tous les cierges et flambeaux allumés ; elle se met à genoux et l’enfant lui dit : « Voici la Sainte Vierge. » Elle se rend près d’elle et pose les mains sur ses genoux. Marie va lui donner des conseils pour son directeur et lui propose bien d’autres choses. Le bon Dieu veut la charger d’une mission et l’assure de son soutien dans ce qu’elle va relater.
La Sainte Vierge annonce également des malheurs, beaucoup de tristesse et prédit la mort de Mgr Darboy en 1871 au cours de la Commune.
À la fin de l’apparition, l’enfant lui dit : « Elle est partie. » Catherine regagne sa chambre.
La médaille :
Quatre mois plus tard, à 17 h 30, le 27 novembre, pendant l’oraison, Catherine a une vision au cours de laquelle la Vierge lui demande de façonner une médaille.
Au recto, la Sainte Vierge est représentée les mains ouvertes avec des rayons sortant de celles-ci, symbolisant les grâces accordées. Autour du tableau, elle lit en caractères d’or l’invocation suivante : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »
Quelques moments après, le tableau se retourne et sur le revers, elle distingue la lettre « « M » surmontée d’une petite croix et en bas les saints cœurs de Jésus et de Marie. »
La Vierge va demander de faire frapper une médaille sur ce modèle, en affirmant que les personnes qui la porteront avec confiance obtiendront de grandes grâces.
Une dernière apparition aura lieu en décembre 1830, à 17 h 30 après le point de méditation comme le 27 novembre. Le tableau de la médaille se représente mais cette apparition a un caractère d’adieu : « Vous ne me verrez plus, mais vous entendrez ma voix pendant vos oraisons. »
Prise d’habit et vœux (5 février – 3 mai 1835) :
En février 1831, Catherine est nommée rue de Picpus, à l’hospice d’Enghien. Le directeur, M. Aladel, réticent à l’élaboration de la médaille, va finir par se laisser convaincre. La question va être posée à Mgr de Quélen qui ne voit aucun inconvénient à frapper cette médaille qui peut contribuer à faire honorer Dieu.
Miracles et diffusion de la médaille :
En ce début de mars 1832, une terrible épidémie de choléra s’abat sur la capitale, provoquant la mort de 20 000 personnes. La médaille fut d’abord distribuée par les Filles de la Charité dans la région de Paris et provoquera des guérisons et des conversions. Elle sera ensuite tirée à plusieurs millions d’exemplaires et diffusée dans le monde entier.
Le site de la rue du Bac va attirer des millions de touristes et 10 000 médailles sont vendues chaque jour, en 2025. Trois messes par jour sont dites dans la chapelle qui ne désemplit pas.
Catherine Labouré va s’éteindre le 31 décembre 1876, en nous laissant un héritage considérable. Elle repose dans la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse, 140 rue du Bac à Paris.
Elle a été béatifiée le 28 mai 1933 par Pie XI et canonisée le 27 juillet 1947 par Pie XII.

Brigitte Géléoc
(Sources : Buhez ar Sent, B. Rio, L. Héry)









