Mes sœurs et frères, bonjour,

Jeudi dernier nous avons fêté l’Ascension de Jésus. Cette fête nous a montré clairement comment, avec le Christ, nous sommes victorieux. Ce Dieu qui était descendu, en son Fils vers nous, pour nous montrer que, effectivement, nous sommes créés à son image, est monté aux cieux. Il s’est fait homme afin de nous donner sa divinité. Qu’il est grand ce mystère ! Et ce mystère est réalisé avec Marie comme médiatrice. Cette tendre Mère qui veille sur nous tous les jours, avec un regard de tendresse et de compassion.

Jésus n’a pas abandonné ses disciples, Il ne les a pas laissés orphelins. Non seulement il leur a appris à prier mais Il prie aussi pour eux. C’est nettement différent de ce que nous expérimentons dans certaines sociétés où, au lieu de créer un système où tout le monde puisse trouver un boulot normal, les dirigeants préfèrent créer un système d’assistanat. Nouvelle forme d’esclavage !

Les apôtres, quant à eux, étaient assidus à la prière, bien qu’ils eussent d’une certaine manière quelques contraintes identiques aux nôtres aujourd’hui. Le jour du Sabbat, la distance de marche ne devait pas dépasser ce qui était permis. Nous sommes actuellement limités à 100 Km, mais notre attention pour les autres ne doit pas avoir de limite. Notre pardon ne doit pas avoir de limite. Notre charité ne doit pas avoir de limite. Notre désir de Dieu ne doit pas se limiter uniquement à une messe devant la télé.

Il nous faut aller au-delà de nous-mêmes, aller jusqu’à communier aux souffrances du Christ. Communier aux souffrances du Christ, c’est apprendre à faire comme Lui. Partout où il est passé, il a fait le bien. Il a donné à manger à ceux qui avaient faim. Il a guéri les malades, Il a pardonné à ses bourreaux.

Communier aux souffrances du Christ, c’est quand tu penses à celui que tu as du mal à aimer et tu dis : « Seigneur, apprends-moi à l’accepter ! » Communier aux souffrances du Christ, c’est essayer de faire un effort pour pardonner à ceux et à celles qui t’ont offensé pour x raisons. Communier aux souffrances du Christ, c’est avoir assez de courage pour supporter les insultes qui, très souvent, viennent de partout. Les disciples du Ressuscité suivent son chemin : ce chemin passe par la souffrance mais il conduit à la joie.

Les apôtres ont vécu tout cela pour le Christ. Ce n’est pas sans raison que Jésus, dans l’Évangile du jour, a prié le Père pour ces derniers. Cette prière est couramment appelée la prière sacerdotale ; Jésus demande, pour nous, à son Père la vie éternelle et, la vie éternelle Il l’a lui-même définie : nous te connaissons, toi le seul vrai Dieu. Donc, la vie éternelle c’est la connaissance de la parole de Dieu, c’est la connaissance de Dieu : Deus Caritas es, Dieu est amour. La vie éternelle, c’est la pratique de l’amour.

Chers amis, tout au début de l’Évangile, Jésus a demandé à son Père de le glorifier : « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. » Cette parole risque parfois d’être mal comprise. Dans notre monde, la gloire, c’est la renommée, le prestige, l’honneur, la grandeur… Beaucoup sont prêts à tout pour se mettre en valeur et obtenir des distinctions honorifiques, le m’as-tu vu !!!!!!!.

Dans la Bible, c’est tout autre chose : la gloire c’est la valeur réelle de la personne, c’est sa considération. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. »

Pour dimanche prochain, nous nous préparons à recevoir l’Esprit Saint, le Défenseur que le Christ nous a promis. Que cet Esprit descende sur les hommes et les femmes qui souffrent de la violence et de l’injustice. Que cet Esprit descende sur les chrétiens persécutés. Que cet Esprit descende sur les dirigeants du monde entier et sur les chercheurs afin qu’ils trouvent des moyens permettant de soulager l’humanité qui souffre de ce virus, qui souffre parce que le bien commun est mal distribué : une petite minorité possède 75 à 80 % des richesses de ce monde.

Que cet Esprit descende sur les hommes et les femmes que Dieu a choisis pour porter la Bonne Nouvelle. Que cet Esprit descende sur tous les baptisés et particulièrement sur tous les bénévoles de notre zone pastorale qui ne cessent de faire de leur mieux pour apporter leur contribution dans un esprit de solidarité pour faire avancer les choses.

Que cet Esprit descende sur les plus petits, les malades, les personnes appauvries et les méprisés afin que leurs droits et leur dignité soient respectés.

Je souhaite à toutes et à tous un bon dimanche et une bonne semaine !

Jean Bernard, votre frère.

Références bibliques :
Livre des Actes des Apôtres 1,12-14.
Psaume 27(26),1.4.7-8.
Première lettre de saint Pierre Apôtre 4,13-16.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,1b-11a

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