Le tympan de l’église de Conques – Le jugement dernier

Mes sœurs, mes frères,

Trente-quatrième dimanche, c’est-à-dire dernier dimanche du Temps ordinaire de l’année liturgique en cours, l’année A. En ce dimanche, les chrétiens acclament Jésus comme Roi. Ce n’est pas un roi de passage sur un territoire quelconque. C’est le Roi de toute éternité, le Roi de l’univers.

Ce Roi n’a pas de parti politique, même si le berger, dans l’Évangile, a placé les brebis à droite et les boucs à gauche. Cette séparation n’avait pas été prévue en fonction de couleurs de peau ou d’idéologies politiques, ni sur la manière dont le monde d’aujourd’hui se base pour traiter les grands et les riches comme des dieux de la terre ou sur la manière dont on traite les petits et les pauvres.

Dans la première lecture (Ézéchiel 34,11-12.15-17.), le prophète nous présente le Seigneur comme étant un Berger qui s’occupe de son troupeau, qui veille sur lui. Un rassembleur. Un médecin qui soigne ses brebis. Ézéchiel nous présente Dieu qui est à la recherche de ses enfants. C’est le contraire des exploiteurs qui ne pensent qu’à s’enrichir au détriment des plus pauvres. Le Roi, que nous fêtons en ce jour, nous est présenté comme un serviteur attentif au service des plus faibles.

Le psalmiste a fait l’expérience des qualités du bon Berger dans le psaume du jour (Psaume 23 (22),1-2ab.2c-3.4.5.6.). Même dans les situations les plus difficiles, il ne s’inquiète pas. Même devant la mort, il ne s’inquiète pas : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car mon Berger est avec moi ».

Dieu, pour continuer à manifester sa sollicitude envers nous, pour nous montrer que nous sommes vraiment ses enfants, nous a envoyé Jésus, son unique Fils, pour nous délivrer de la mort éternelle. C’est ce que l’apôtre Paul nous dit dans la deuxième lecture (1 Corinthiens 15,20-26.28) : « C’est dans le Christ que tous recevront la vie. » Il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.

Dans l’Évangile du jour (Matthieu 25,31-46), saint Matthieu nous présente la Royauté de Jésus, celle du Berger qui se consacre à chacune de ses brebis, qui se fait proche des petits et des exclus.

Le message de Jésus dans cet Évangile est quand même fort. Il nous appelle, chacun et chacune, à devenir berger pour nos frères et sœurs. Nous aimons souvent chanter à la messe :

Jésus, berger de toute humanité,
Tu es venu chercher ceux qui étaient perdus,
Prends pitié de nous, fais-nous revenir,
Fais-nous revenir à toi, prends pitié de nous !

Jésus, berger de toute humanité,
Tu es venu guérir ceux qui étaient malades
Prends pitié de nous, fais-nous revenir,
Fais-nous revenir à toi, prends pitié de nous !

Jésus, berger de toute humanité,
Tu es venu sauver ceux qui étaient pécheurs,
Prends pitié de nous, fais-nous revenir,
Fais-nous revenir à toi, prends pitié de nous !

Jésus est venu chercher. Il est venu guérir. Il est venu sauver.

Mes sœurs et frères, Jésus a faim ; Jésus est nu ; Jésus est un sans-abri.

Le moment est venu de donner à manger à Jésus. Comment ? Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire !

Allons visiter Jésus pour l’habiller. Comment ? J’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !

Allons accueillir Jésus. Comment ? J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli !

Voilà ce que Jésus attend de nous. Monsieur l’abbé, où rencontrer Jésus pour le nourrir, le vêtir, le visiter et le loger ? “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères et sœurs, c’est à moi que vous l’avez fait.”

Chers amis,

  •  En cette période de crise, pensons à ceux qui ont faim d’amitié, faim d’être reconnus et considérés, faim de paix et de justice. (Une personne généreuse sera comblée, et qui donne à boire sera lui-même désaltéré) Proverbes 11,25.
  • L’étranger à accueillir n’est pas uniquement l’immigrant qui arrive clandestinement ou avec un visa sur un territoire quelconque. Il peut être aussi dans notre environnement. Il peut être celui ou celle que nous avons du mal à accepter. Eh bien oui, du fait que nous ne l’acceptons pas comme un frère ou une sœur, il (elle) devient pour nous un étranger. (Qui méprise son prochain manque de sens) Proverbes 11,12a.
  • Le prisonnier n’est pas forcément celui qui est incarcéré entre quatre murs pour avoir commis un acte de banditisme ou autres. Beaucoup sont prisonniers de l’alcool, de la drogue ou de leurs mauvaises habitudes. Nous ne devons pas les juger mais, peut-être, devons-nous, dans nos prières, avoir une pensée pour ces derniers. (La justice grandit un peuple, mais le péché est la honte des nations) Proverbes 14, 34.

Ce dimanche, sur notre zone pastorale, aurait dû avoir lieu la cérémonie de la première communion. Nous avons une pensée spéciale pour ces jeunes, pour leurs parents et les catéchistes. Je ne vous oublie pas au cours de la messe que je vais célébrer en communion spirituelle avec tous les fidèles des quatre paroisses.

Apprends-nous Seigneur à te reconnaître dans les pauvres et les plus petits comme nous te reconnaissons dans le Pain et le Vin.

Bon dimanche et bonne semaine !

Votre frère Jean Bernard