Vous avez-dit « Epiphanie » ?

Image par jacqueline macou de Pixabay

Nous étions à peine sortis du temps de la Toussaint, à peine voyions-nous les premiers catalogues de Noël distribués dans nos boîtes à lettres que les premières galettes des rois apparaissaient sur les rayons de quelques supermarchés !

« Y a plus de saison ma pauv’ dame ! » serions-nous tentés de reprendre en chœur. A y regarder de plus près, les choses sont-elles si simples et que devons-nous encore attendre de l’épiphanie ?

On pourrait bien entendu s’en sortir par une pirouette du genre : « Après tout l’épiphanie c‘est tous les jours et par conséquent la dégustation de la galette peut bien prendre un peu d’avance. » Ou bien, en revenir au calendrier et attendre un peu pour tirer les rois serait décidément plus sage …

L’épiphanie c’est tous les jours ! L’épiphanie est une « manifestation », l’une des toutes premières de l’Enfant de la crèche devant qui des mages se prosternent et à qui ils offrent des cadeaux de choix. Le Fils de Dieu se révèle au-delà des limites de son lieu de naissance. Il est vraiment venu pour tous, sans aucune distinction, pour la terre entière.

On peut sans doute affirmer que l’épiphanie continue à s’accomplir chaque jour dès qu’une personne se laisse toucher par la Parole de Dieu qui invite à aller vers les autres, à aller à la rencontre des plus vulnérables.

L’épiphanie, une date du calendrier liturgique ! C’est une fête du cycle de Noël et il ne servirait vraiment à rien de chercher à bouleverser ce que la tradition a su si bien ordonner. Souvenons-nous de cette histoire de lumière qui croît lentement à l’approche de Noël et qui, aux belles journées de janvier, se remarque vraiment

Un dicton breton affirme : « D’an Nedeleg e astenn an deiz paz ur c’hefeleg, d’an deiz kentan bloaz paz ur waz, ha da zeiz ar roueed, paz ul leue » (A Noël le jour croît d’un pas de bécasse, au premier de l’an d’un pas d’oie, et aux rois d’un pas de veau). On ne recherchera pas forcément ici à scruter les intelligences du bestiaire qui accompagne la croissance des jours mais on voudra bien sans doute accepter qu’elles nous aident à réapprendre la patience !

Laissons le temps nécessaire à La Bonne Nouvelle pour qu’elle se répande. Elle n’en sera que plus appréciée, elle aura su se faire désirer. A l’heure où la science permet que l’enfant idéalisé se photographie à quelques semaines suivant sa conception, à l’époque où le sexe de l’enfant et son prénom sont annoncés bien avant sa naissance, il est au final assez rassurant de se rappeler l’épiphanie qui vient bien après Noël, bien après la Toussaint, et très longtemps après la rentrée des classes !

La chronologie nous ancre dans la réalité, nous accorde quelques repères, nous redonne du sens. Laissons-nous porter par la « routine » ordinaire des jours et des nuits de nos vies. Profitons alors de la longueur du chemin pour faire les pas nécessaires nous permettant d’accueillir la naissance de Jésus, de le savoir heureux en famille, avant de comprendre que sa venue est offerte à tous selon une abondance qui dépasse nos compréhensions.

Pour ce qui est de la galette des rois, son parfum et sa fève, chacun en fera son affaire ! A moins que quelques petits abus de fêtes passées nous invitent à quelques restrictions …

René LE MEUR

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