Le foyer de vie Saint-Augustin de Gouarec est un établissement privé fondé par la communauté des Augustines pour accueillir des personnes en situation de handicap et financé par le Conseil Départemental. Ce foyer héberge 35 résidents avec un accompagnement individualisé pour favoriser le développement de chacun dans un cadre communautaire.
Un groupe de huit personnes a pu se rendre à l’abbaye de Timadeuc, accompagné par le père Éric Le Forestier, deux bénévoles et une éducatrice du foyer.
Par une froide journée d’hiver, ce matin-là il faisait 3° C et Gouarec était enveloppé d’un manteau de brouillard soyeux, nous sommes partis de Gouarec vers l’abbaye de Timadeuc. Nous étions douze personnes dont huit résidents du foyer de vie Saint-Augustin. Pour certains c’était la première fois qu’ils allaient dans une abbaye. Et puis il s’agissait d’accompagner Quentin, un jeune qui se préparait à recevoir la communion pour la première fois.
Après avoir déposé nos affaires, nous échangeons entre nous afin de voir comment vivre cette journée « la priorité, c’est d’accompagner Quentin »…. et c’est dans une église glaciale, silencieuse et sombre que nous sommes rentrés. C’était l’heure de la messe. Une trentaine de personnes et une quinzaine d’enfants, de 3 à 12 ans peut-être, nous ont rejoints. Tout s’est éclairé et une certaine chaleur a commencé à se diffuser.
Dans cette église très sobre (aucun ornement, un seul autel, une seule croix au fond de l’église dans un coin, un petit pupitre au milieu de l’allée centrale, à quelques mètres de l’autel), une liturgie sobre (tout semblait compréhensible et paisible). Les paroles des chants, des psaumes, s’écoulaient comme une ondée bienfaisante.
Au moment du Sanctus, les moines nous ont invités à venir tout près de l’autel, avec eux, et nous avons formé comme un grand cercle rempli mais où chacun avait son espace, tout autour de l’autel.
Et nous avons vécu ces moments forts du geste de paix, de la prière du Notre Père, de la communion, de la bénédiction de celles et ceux qui n’avaient pas encore communié.
Et c’est tout joyeux que nous avons pris ensuite notre repas, fait la vaisselle et poursuivi notre journée.
Il y aurait beaucoup à dire sur le temps de partage qui a suivi la prière de none avec les moines, autour des textes et de l’Évangile. Vous savez quand Jésus, monté dans une barque avec ses disciples, s’endort, fatigué après avoir parlé longuement à des centaines de personnes sur le rivage du lac de Tibériade.
« Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : «Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?» Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : «Silence, tais-toi !» Le vent tomba et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : «Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ?» Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : «Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ?» » (Marc 4,35)
« Qui est donc Jésus ? » autour de cette question, notre recherche n’en finit pas mais nous avons de bons indices dans les textes et dans ce que nous vivons, n’est-ce pas ?
De cette journée nous revenons avec une certaine paix dans nos cœurs.
Alors si vous avez un petit creux dans vos emplois du temps, (quelquefois il faut y faire de la place), n’hésitez à faire cette expérience !










