Voici le temps des Pardons, certains importants d’autres plus modestes, mais toujours grands pour ceux qui les vivent vraiment.
À l’origine, c’était la fête du village autour de la chapelle et de sa fontaine qui guérissait de tel ou tel mal. 0n se réjouissait dans les festivités humaines et on était heureux de prier et chanter ensemble les louanges du saint patron de la chapelle.
Comme dans tous les villages, il arrivait que des litiges s’étaient produits au cours de l’année entre des familles ; c’était l’occasion de faire la paix, de se réconcilier et, le soir, tout le monde s’en allait dans la paix et l’amitié retrouvées, d’où le nom de Pardon donné à ces rencontres annuelles.
Qu’en est-il aujourd’hui ? y a-t-il encore des pardons dans nos Pardons ? s’il n’est pas nécessaire d’attendre la fête pour se réconcilier entre voisins, le Pardon peut être l’occasion de nous renouveler dans notre foi et notre vie chrétienne par la prière et, pourquoi pas, par la réconciliation avec le Seigneur, la fête prend alors tout son sens et réunit d’autant plus tous ceux qui y participent.
Le pardon de Notre-Dame-du-Guiaudet en Lanrivain
C’est en 1692, alors que la famine ravageait la région, qu’un modeste tailleur du hameau du Guiaudet, Claude Alain, vit la Vierge lui apparaître. Elle lui demanda de faire ériger une chapelle en son honneur à cet endroit précis.
Lorsque Claude Alain rapporta cette apparition au recteur de Bothoa, il fut d’abord éconduit, pris pour un illuminé. Mais lors d’une troisième tentative, le recteur, frappé de cécité, retrouva miraculeusement la vue en se rendant sur les lieux. Ce signe fut interprété comme la confirmation divine du message. Une statue de la Vierge fut ensuite retrouvée, vestige probable d’un ancien sanctuaire. Dès lors, un pèlerinage s’organisa et un oratoire fut construit autour de cette découverte.
La chapelle, achevée en 1712, possède aujourd’hui plusieurs éléments remarquables.
Son clocher abrite un carillon de 16 cloches, installé en 1925. Unique en son genre, il joue encore des airs bretons traditionnels, comme « Me ho salud Marie » ou « Itron Varia Geodet. »

Dans le chœur, se trouve une rare représentation de la Vierge couchée. La statue, en bois doré, où Marie allaite tendrement l’enfant Jésus, témoignage d’une piété empreinte d’humanité et de douceur, est I’ une des quatre connues en Bretagne.
À proximité, une fontaine double, érigée en 1881, complète l’ensemble. Jadis fréquentée par les femmes enceintes pour obtenir protection, elle est accessible par un chemin de croix qui serpente dans la verdure.
Le Pardon a lieu le premier dimanche du mois de mai, avec, l’après-midi, vêpres et procession vers le tandad. La chapelle et le pardon ont marqué la foi populaire de notre région ; cet attachement perdure et les fidèles sont nombreux à y venir pour prier.













