Louis Le Mée reçoit sa lettre de mission des mains de Mgr Moutel Louis Le Mée reçoit sa lettre de mission des mains de Mgr Moutel

Faisons plus ample connaissance avec Louis Le Mée, nouveau coordinateur de catéchèse.

Parle-nous de ton enfance et de tes études

Je suis né en 1963. Morbihannais, j’ai passé l’essentiel de mon enfance à Auray au bord de la rivière du Loch en face du magnifique petit port de Saint-Goustan. Je reste très attaché à la région du Golfe du Morbihan et plus particulièrement à la pointe de Kerpenhir à Locmariaquer !

Après le collège Gabriel Deshays à Auray, j’ai souhaité apprendre le métier de menuisier à l’excellent lycée technique Saint Joseph à Vannes. Nous avions de très bons enseignants dont un professeur qui était ébéniste. Celui-ci nous invitait à réaliser des belles choses : « La beauté sauvera le monde » (Fiodor Dostoïevski). J’ai obtenu mon CAP de menuiserie d’agencement et du bâtiment en 1981.

Et ta carrière professionnelle ?

J’ai très peu travaillé dans le bâtiment après l’obtention de mon CAP. Après mon service militaire dans la cavalerie à Fontevraud où j’étais pilote de char, j’ai surtout exercé ma profession dans l’agencement de voiliers et de chalutiers hauturiers. J’appréciais beaucoup ce travail où j’étais entièrement autonome.

Vers la fin des années 1990 de nombreux chantiers navals ont fermé et donc licencié du personnel

Durant toute cette période, j’avoue bien humblement que j’avais une vie de patachon ! J’étais libertaire pour ne pas dire un tantinet anarchiste ! Aujourd’hui, je suis encore un admirateur de Léon Tolstoï.

Après avoir été licencié, j’ai décidé, sur un coup de tête, de partir en Guyane en espérant trouver du travail. Mon aventure guyanaise fut très courte car les entreprises d’agencement embauchaient beaucoup de Brésiliens. A l’époque, ils passaient le fleuve Oyapock clandestinement et venaient tristement grossir le bidonville de Cayenne. Salarier un métropolitain ne les intéressait pas, elles préféraient une main d’œuvre bon marché !

De retour en France, j’ai repris mon sac à dos pour barouder en Grande-Bretagne. Là mon objectif était de prendre un bateau pour aller sur les Îles Féroé, puis l’Islande.

Au bout de quelques temps d’errance, j’ai décidé de rentrer en Bretagne. Là, un ami religieux frère des écoles chrétiennes, que je connaissais depuis mon adolescence, m’a invité à faire une pause dans une abbaye. J’ai donc débarqué à l’Abbaye Sainte Anne de Kergonan, près de Carnac. Un libertaire chez les bénédictins, ce ne fut pas triste ! J’y suis resté pendant une quinzaine de jours.

Pourtant, malgré une grande partie de mon enfance passée avec des religieuses, j’avais rejeté la religion catholique. J’étais devenu hostile. J’ai toujours été en quête d’absolu et je m’intéressais davantage à la mythologie celtique, le bouddhisme et l’hindouisme…

Dans cette abbaye, j’ai fait une rencontre providentielle : un religieux de Saint Vincent de Paul. Nous avons beaucoup échangé et, avec lui, j’ai redécouvert le vrai visage de l’Eglise. Quelque temps plus tard, j’étais invité au séminaire des religieux de Saint Vincent de Paul près d’Angers.

Dans ce séminaire, j’ai rencontré le père Naoum Attalah, supérieur des Lazaristes au Proche et Moyen Orient. Deux mois après, je partais pour 18 mois dans une école technique dans la montagne libanaise à Bikfaya. J’y étais responsable de l’internat et j’enseignais la menuiserie. La plupart des élèves étaient orphelins de guerre. La majorité des jeunes étaient chrétiens maronites, mais il y avait aussi des musulmans chiites.

Aujourd’hui je suis très sensible à l’avenir des chrétiens d’Orient et je suis toujours en lien avec une association œuvrant pour le Liban. Je reste attaché à ce pays et je pense y retourner si la situation géopolitique le permet.

Parle-nous de ta rencontre avec Marie-Hélène

Au Liban, j’ai rencontré Marie-Hélène qui faisait un chantier dans un camp palestinien chrétien avec l’association de sœur Emmanuelle du Caire.

En rentrant en France, je retrouvais Marie-Hélène à Saint-Etienne. Quelques mois plus tard, nous marchions sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle en partant du Puy en Velay. Après ce pèlerinage, nous nous sommes mariés à Charlieu dans la Loire.

Pendant une période, nous avons rejoint une petite communauté à Estaing dans l’Aveyron dans un accueil de pèlerins et de « frères de la route ». J’ai toujours préféré « frères de la route » à SDF. Ce sigle déshumanise les personnes vivant à la rue.

Après cette belle mission, nous sommes revenus dans la région Rhône Alpes. J’ai travaillé dans un centre de formation en banlieue lyonnaise où j’ai accompli, entre-autres, une action en lien avec Handicap International et Bioforce, avec les jeunes des cités (19/23 ans), ce qui m’amena une seconde fois au Liban ! Mais dans cette aventure, j’en ai bavé avec mes loulous de banlieue ! Heureusement que j’avais des amis au pays des cèdres !

Et tu es revenu en Bretagne ?

La Bretagne me manquait. Je me suis installé comme tourneur sur bois, en juillet 2000, à Gouarec et, en juin 2002, nous achetions une maison dans le bourg de Mellionnec où je continuais mon activité.

 Parle-nous de ton rôle de catéchète

Très rapidement, j’ai été catéchète pour les jeunes cheminant vers la profession de foi. Il y a quelques années on m’a proposé d’être délégué de la zone pastorale de Rostrenen pour le catéchuménat. Nous cheminons avec les futurs confirmands et catéchumènes. Marie-Hélène m’a rejoint dans cette mission.

Puis j’ai accepté le poste d’animateur pastoral au Groupe scolaire de Notre Dame de Campostal – Gouarec.

Ma mission consiste à offrir aux jeunes, une culture religieuse qui permette d’initier à l’impact de la foi chrétienne dans la culture et de présenter le christianisme comme une culture vivante aujourd’hui.

Ce point peut aussi être l’occasion d’une initiation à d’autres religions abordées dans la perspective du dialogue interreligieux voulu par l’Eglise catholique.

 L’animation de temps forts pour Noël et Pâques, les temps d’aumônerie où les jeunes découvrent la fraternité dans des projets concrets (fabrication de jeux, de bacs en bois pour y mettre un peu de verdure…), sont des moments importants.

Dans cette mission il est nécessaire de travailler en équipe, en lien étroit avec les projets de l’établissement.

Pour redynamiser la pastorale je voudrais créer un conseil pastoral de jeunes collégiens, au nombre symbolique de douze, avec pour mission de préparer les célébrations, de se mettre en lien avec les associations caritatives et de communiquer sur les propositions du diocèse : Pélé Ados, Rome, Taizé et Lisieux.

 Quel est désormais ton rôle dans notre zone pastorale ?

Depuis début novembre, je suis coordinateur de la catéchèse sur la zone pastorale de Rostrenen. En accompagnant les jeunes à la préparation de la profession de foi sur les quatre paroisses durant plusieurs années, j’ai mesuré l’importance de l’unité de tous pour l’annonce de la foi. Combien il est important de cultiver et nourrir le lien avec les différents acteurs paroissiaux pour les encourager et stimuler notre foi commune !

Avant mon arrivée dans cette nouvelle mission, l’équipe des catéchistes a mis en place une nouvelle organisation. Pour cette année, nous nous retrouvons avec les enfants du caté dans les différentes paroisses. Plusieurs dates ont été retenues pour réunir les enfants, les parents et les catéchètes pour une journée Caté-dimanche. La journée commence par un accueil chaleureux suivi de la célébration de la messe.

Donc mon rôle est de coordonner les acteurs de ces journées en faisant le lien avec les acteurs paroissiaux et les enseignants des établissements primaires et collèges.

L’organisation des retraites de profession de foi et de confirmation fait partie de mon rôle, tout en étant attentif aux orientations diocésaines et en collaboration étroite avec les prêtres, les catéchistes, l’EAP, les équipes liturgiques.

 Je souhaite vivement rendre les enfants acteurs dans nos célébrations afin qu’ils rencontrent le Christ pour trouver un véritable sens à leur vie.                           

 Propos recueillis par Joël Le Biavant