Dimanche 13 juillet, c’est le Pardon de Ste Barbe !
Dans la chapelle bien fleurie et une belle assemblée, le père Cosme et le Père Mériadec ont célébré la messe.
Le Père Mériadec Megnigbeto, originaire du Bénin, est un ami de longue date du Père Cosme qui n’a pas manquer de faire remarquer que, né un 26 juillet, jour de la fête de Ste Anne et prénommé Mériadec, il était déjà quelque peu breton !
L’évangile de ce dimanche donnait à lire la parabole du Bon Samaritain, sujet de l’homélie du Père Mériadec que voici :
La parabole du Bon Samaritain s’est imposée non seulement aux chrétiens, mais également à notre monde par la figure de cet homme. Jésus le met en valeur comme celui qui a reconnu son prochain dans la personne de ce blessé qui, d’ailleurs lui est inconnu et dont la situation critique l’a interpellé. Il a besoin tout simplement d’un secours, celui d’un homme quelconque.
Revisitons le contexte de narration de cette parabole. Un docteur de la Loi a voulu se montrer malin. Or il a oublié qu’on est toujours malin à demi. Il veut coller Jésus en lui demandant :
« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus, percevant sa malice, sait bien que toute personne qui pose une question pourrait avoir une certaine réponse. Il lui renvoie la balle en répondant par une autre question. Alors le docteur de la Loi, d’étaler sa maîtrise des choses religieuses : ses connaissances qui sont très justes. Toujours avide de se célébrer, après l’approbation de Jésus, notre docteur de la Loi rebondit, cette fois-ci, en demandant une certaine illustration du commandement énoncé. Jésus va alors au-delà des capacités du docteur. Il associe les intuitions du cœur à la connaissance de l’intelligence et à la capacité de la force pour manifester le contenu et l’esprit de la Loi. Là où le docteur de la Loi n’exploite ses facultés intellectuelles, par la parabole du Bon Samaritain, Jésus lui fait découvrir que la raison du cœur doit venir au secours de l’intellect dans la pratique de l’amour.
Le prêtre et le lévite, sans doute, très proches de cette victime des brigands, par l’appartenance à un même peuple, se sont éloignés de lui, en ne faisant pas retentir la voix de leur cœur ou peut-être en l’étouffant pour laisser résonner leur intelligence. Et voilà que celui que tout le monde désigne comme l’Étranger, stigmatise comme un hérétique, révèle sa vraie face en correspondant à son identité, laquelle suppose une mission.
En effet, la racine hébraïque du mot « samaritain » provient d’un verbe qui signifie « protéger », « veiller sur », « garder ». Le Samaritain assume son identité. Il est convaincu que tout homme est le gardien de son frère, de sa sœur en humanité. Il rétablit l’échelle des valeurs à laquelle Caïn a voulu se dérober en demandant à Dieu, s’il était le gardien de son frère Abel qu’il venait d’assassiner.
Le génie du christianisme est de bien s’approprier l’héritage de l’Ancien Testament qu’est le commandement de l’Amour du Prochain. Normalement une loi est contraignante, mais l’Amour comme commandement, reste une proposition offerte à l’homme. Ce dernier est appelé à y adhérer librement et volontairement.
L’occasion que nous offre le Pardon de la Sainte-Barbe, en ce 15e dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C, est en harmonie avec les textes de la liturgie de la Parole. La Providence divine fait converger notre célébration du Pardon avec la Parole de Dieu. En offrant le pardon et en l’accueillant également, l’homme prend conscience de son identité et de sa mission de veilleur, de protecteur et gardien de son semblable. Notre monde a tellement besoin que chacune, chacun redécouvre et approfondisse cet aspect de son humanité : non seulement devenir sans cesse veilleur, protecteur et gardien de nos frères et sœurs en humanité sans faire acception de personne, mais également apprendre à être veilleur, protecteur et gardien tous ensemble de la création.

Père Mériadec Megnigbeto
PSS (Prêtre de Saint-Sulpice) de passage dans notre paroisse









