Non, elle ne modifie pas ses positions sur la foi et la morale, même si elle les enrichit et les précise sans cesse. Au total, l’Église nous offre sur vingt siècles un spectacle étonnant de fidélité.

  • Ce qui vient du Christ ne peut pas bouger : c’est la pierre solide de fondation, « le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas » (Marc 13,31). La stabilité, la solidité et la constance de l’enseignement de l’Église est même l’une des preuves qu’elle est inspirée par Dieu.

La fiabilité de l’Église repose sur les promesses du Christ

On pourra dire, dans un premier temps, que cela résulte de notre foi dans la fidélité du Christ aux promesses qu’il a faite à son Église : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Matthieu 16,18), « qui vous écoute m’écoute » (Luc 10,16), etc… Cela aboutit à cette conviction que, de fait, Dieu a donné à son Église le moyen de ne pas errer dans la foi, c’est-à-dire de ne pas être ballotté à tous vents de doctrines. Des textes de saint Paul disent aussi : « l’Église est colonne et support de la Vérité » (1 Timothée 3,15).

Il faut comprendre tout cela et voir que cela dépasse l’âge apostolique, car le christianisme est basé sur la vérité

Ce n’est pas seulement une promesse pour la première génération, mais une promesse définitive, car cela ne voudrait rien dire que ce ne soit que pour un temps déterminé. L’Église n’en a pas moins besoin aujourd’hui que dans les premiers temps. C’est un besoin constant, vu la place qu’occupe la vérité dans l’expérience chrétienne. Le Christ est lumière et vie, on ne peut pas se contenter d’à peu-près quand il s’agit de rendre compte de son message. Dans le judaïsme, il y a la loi, mais il n’y a pas beaucoup de réalités dogmatiques : on n’enseigne pas grand-chose sur Dieu, sur le monde, etc. Tandis que dans le christianisme, du fait que le Verbe s’est fait chair, on est confronté sans cesse à des questions sur la vérité : qu’en est-il de la vie après la mort, qu’en est-il de Dieu, de la Trinité, du Christ, de la Sainte Vierge… ? Toutes ces questions-là sont matière à réflexion. Si c’étaient seulement des élaborations humaines successives, on ne serait pas aidé, car nous avons besoin d’être sûrs de pouvoir bâtir sur du solide. Cela fait vraiment partie de la foi.

La vérité ne change pas : elle n’est évidemment pas matière à option, et l’Église de Rome a toujours tenu la doctrine véridique

Le deuxième point, c’est qu’on constate quand même cette chose impressionnante (saint Irénée le notait déjà, pour les premières générations) : notre Église a reçu le sûr charisme de la vérité, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas errer sur les choses essentielles. À aucun  moment, l’Église romaine n’a erré dans la foi. Elle n’a jamais eu besoin d’être condamnée pour une erreur, pour une hérésie, mais elle a toujours tenu la doctrine droite. Il n’en a pas toujours été de même pour Constantinople ou Alexandrie, autres grands centres du christianisme ancien. Mais c’est un fait que, dans tous les grands débats du passé, l’Église a toujours été finalement dans le sens indiqué par Rome et c’est ainsi qu’elle ne s’est pas éloignée de la vérité.

Il n’y a pas d’exemple d’erreur de Rome sur la foi

 

On discute sur le cas du pape Honorius (625-638) qui semble avoir donné des gages à l’Empereur sur la question du monothélisme, c’est-à-dire celle de savoir s’il y a une seule volonté dans le Christ. Mais saint Maxime le Confesseur, le grand défenseur de la doctrine des deux volontés qui finit par s’imposer, ne fait pas grief au pape de sa position, qui n’était pas une réponse sur le fond du problème. Le cas du pape Libère (352-366), qui a signé, puis désavoué une formule pouvant sembler favorable à l’hérésie arienne, n’est pas vraiment une objection. Historiquement, on voit que l’Église romaine a très tôt servi de référence. On peut citer Chalcédoine, en 451, où les Pères se lèvent unanimes en disant : « Pierre a parlé par la bouche de Léon », reconnaissant que dans la profession de foi du pape Léon, il y avait complètement la foi de l’Église.

  • Cette certitude ne veut pas dire que tout ce qui se dit dans l’Église soit assuré de ne pas bouger, car il y a diverses instances qui ne sont pas toutes assurées du même niveau de crédibilité ; même le Pape n’est pas toujours en état d’enseigner en engageant le Magistère de l’Église. Il est important de percevoir aussi ce qui est vraiment la matière de cette stabilité : elle concerne la foi et les mœurs, non le reste.

Pour cerner le domaine d’application de cette permanence, de cette infaillibilité, de cette stabilité, il faut distinguer des situations et des domaines

Tout n’est pas proclamé avec la même force. Le pape n’enseigne pas toujours ex cathedra en engageant le Magistère dans les formes les plus  solennelles. Il peut donner un avis, émettre des réserves sur un livre. Souvent il confie l’examen de certaines questions à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, dont les décisions sont importantes, mais pas toujours irréformables. Par ailleurs, il y a bien légitimement des tas de choses qui n’arrêtent pas de changer : on a pu habiller les prêtres d’une façon ou d’une autre, on a pu dire la messe dans un sens ou dans un autre… Tout ce qui concerne, en gros, la liturgie, le droit (dans ses aspects les plus ordinaires), l’art, la culture, la musique sacrée ne relève pas de l’infaillibilité… Il y a des domaines dans lesquels on voit une légitime évolution. On voit des choses différentes, voire contradictoires, qui apparaissent selon les périodes. Tout cela ne nous gêne pas du tout, car c’est comme dans une famille : une année, on va à la mer, l’autre année à la montagne. Ce n’est pas pour autant que la famille va exploser pour cela.

Ce qui ne bouge pas, ce sont la foi et les mœurs dans leur dimension universelle

 

La foi et les mœurs, ce sont toutes les vérités relatives à Dieu et à son dessein sur nous et la morale en tant qu’elle concerne l’homme et toutes ses dimensions. En morale, il y a des sujets qui, pendant longtemps, n’ont pas posé de problème : ils paraissaient tellement évidents qu’on n’en parlait pas, comme le mariage entre un homme et une femme : évidemment, il n’y a pas de décision de l’Église sur ce sujet, et il y a des questions qui sont apparues à cause des possibilités techniques nouvelles, comme la contraception chimique ou la procréation assistée. Il y a des cas où il faut faire appel au contexte : quand saint Paul demande aux femmes de ne pas parler pendant les assemblées, ce qu’il voulait, c’est que les chrétiennes n’apparaissent pas comme de femmes mal élevées et de mauvaise vie, mais il est le premier a en faire ses collaboratrices dans l’apostolat. On comprend ce que voulait dire saint Paul, mais cela n’en fait pas une règle universelle. Derrière toute déclaration de l’Ecriture et du Magistère, il faut se demander qu’elle était l’intention de celui qui parle et quelle force il voulait donner à sa prescription. C’est cela le respect filial.

  • Cette certitude ne veut pas dire non plus qu’il ne peut pas y avoir un progrès, que ce serait le fixisme absolu, et qu’on serait obligés de continuer à répéter les mêmes choses indéfiniment. Au contraire, c’est une fois que l’on a une base sûre que l’on peut intégrer éventuellement d’autres choses qui n’avaient pas été tout de suite mises en valeur, mais dans une homogénéité avec ce qui précède. Il y a forcément des vérités qui sont mises à jour progressivement : « l’Esprit Saint nous conduira à la vérité toute entière » (Jean 16,13), car tout n’a pas été aperçu en même temps. Il y a aussi eu des approches qui ont pu légèrement varier mais qui ont enrichi, finalement, le patrimoine de l’Église, sans qu’il y ait contradiction.

La vérité est toujours plus vaste que les énoncés qu’on peut en donner

C’est pour cela qu’une affirmation ne dit pas tout et qu’elle appelle des compléments. L’exemple le plus célèbre, c’est les conciles d’Éphèse et de Chalcédoine. On a commencé par dire à Éphèse : « Il y a une seule personne en Jésus, absolument ; il n’y a qu’une seule personne, on ne peut pas couper le Christ en deux ». Mais à Chalcédoine, on a dû ensuite préciser qu’il a deux natures, c’est-à-dire qu’il y a bien de l’humain et du divin : on ne peut pas le séparer en deux sujets parce qu’il n’y a bien qu’une seule personne, mais il ne faut pas confondre l’humain et le divin dans le Christ. La vérité se découvre peu à peu dans sa complexité.

Les débats permettent de préciser la vérité et de trouver la ligne de crête

On voit qu’il y a des choses qui restent longtemps latentes dans la pensée de l’Église et qui sont un jour plus explicitées. Par exemple, les débats sur la grâce et la liberté où l’on avait des batailles de chiffonniers jusqu’au XVIIe siècle entre molinistes et jansénistes, entre laxistes et rigoristes, etc.; puis on voit s’affirmer à Vatican II une solution équilibrée. L’Église s’est donc mêlée à ces débats et, finalement, au milieu d’eux, elle a défini une ligne de crête qui s’est affirmée peu à peu. Il ne s’agit pas de choisir entre des termes simples, mais de trouver la note juste.

« L’Esprit Saint vous conduira à la vérité tout entière » (Jean 16,13) et c’est pourquoi il y a donc bien une légitime progression, des précisions, des compléments, etc.

 

La vérité tout entière, c’est une vérité qui n’est pas encastrée tout de suite dans des formules définitives, même s’il faut de telles formules pour donner un môle solide à la foi. Mais la vérité tout entière ne rentre pas facilement dans des formules. Souvent, elle nous oblige à avancer au milieu de formules diverses pour arriver à en faire l’unité vivante. C’est l’exemple cité plus haut des conciles sur le Christ, qui tantôt insistent sur le côté « unité », tantôt insistent sur le côté « distinction. Il y a donc bien une légitime progression – qui ne veut pas dire qu’on remet en cause ce qui a été fait, que cela serait incomplet : tout ce que l’Église a enseigné reste valable, on ne laisse rien à la poubelle ; mais en même temps, il y a sans cesse un effort d’appropriation de cette vérité, qui aboutit à des précisions, à des compléments, parfois à de nouveaux aperçus que l’on n’avait pas encore mis en valeur jusque-là. C’est toute la richesse d’un magistère vivant, justement : on n’est pas en train de répéter comme des perroquets des formules de jadis. On les accueille avec toujours le même respect, mais on va de l’avant.

  • Il faut dire un mot des quelques cas difficiles qui sont évoqués parfois pour remettre en cause la stabilité, la solidité et la constance de l’enseignement de l’Église : la question du prêt à intérêt, la question de la liberté de conscience, nos attitudes face aux Lumières et à la Révolution française, l’esclavage, le péché originel, Adam et Ève, etc.

L’enseignement de l’Église est tout à fait constant sur Adam et Ève et le péché originel, même si tout n’a pas encore été dit

Le péché originel est affirmé extrêmement nettement dans l’enseignement de l’Église à toutes les époques. Le concile d’Orange en 529 lui a donné sa forme définitive. Mais, pendant longtemps, bien sûr, on ne se posait pas le problème scientifique des origines de l’espèce humaine. C’est avec Pie XII, dans Humani Generis, que l’on commence à affronter la question de l’évolution et du monogénisme. Par exemple : est-ce que la foi chrétienne amène à penser nécessairement à un couple unique à l’origine de l’humanité ? Pie XII dit assez justement : « On ne voit pas, nous, comment on peut affirmer, de fait, l’unité de l’expérience humaine et à la fois sa vocation universelle, la chute et la rédemption, si on n’a pas la vision d’une humanité génétiquement unie ». Il laisse une porte ouverte pour une hypothèse qui permettrait de concilier les deux. Vatican II parle du péché originel, mais n’évoque pas la question de son historicité. Par contre la profession de foi de Paul VI est assez claire là-dessus : elle affirme cet acte comme venant d’Adam et Ève. Cette constance de l’enseignement sur la question est impressionnante, alors qu’il y a eu des périodes où l’on s’en serait bien passé. L’Église a toujours voulu affirmer qu’il y a eu un acte concret de posé par deux personnes, que ceci est au départ de l’aventure humaine et concerne toute l’humanité. On pourrait peut-être aller un peu plus loin dans l’affirmation du monogénisme, mais l’Église est prudente. L’Église ne  dira jamais qu’il n’y a pas eu de péché originel : elle se renierait elle-même. Mais il se peut que l’on arrive à expliquer autrement l’historicité du péché originel que par le monogénisme. On verra. Mais en tout cas, il faut pouvoir maintenir qu’au départ de la condition humaine, il y a un acte historique posé par des personne concrètes  (exactement comme la Rédemption sur la Croix fut l’œuvre d’un homme concret). C’est cela qui est affirmé. On le garde.

Le prêt à intérêt inégal a été justement condamné, mais il n’y a pas de problème avec le prêt à égalité qui s’apparente à un contrat

Il est plus simple de résoudre la question du prêt à intérêt, dans la mesure où, dans les sociétés anciennes (et encore au Moyen Âge), le prêt à intérêt était le prêt inégal, dans lequel on prête à quelqu’un qui est en difficulté économique et à qui on impose des conditions qui, même si elles ne sont pas proprement usuraires, aggraveront sa précarité. C’est ce que l’Église interdit. À partir du moment où apparaît le prêt à égalité, si l’on peut dire (le prêt commanditaire, en gros), où l’un apporte son travail, l’autre son capital pour faire une entreprise qui va rapporter, c’est un contrat d’association qui est permis. C’est le côté inégal du prêt à intérêt, finalement, qui a été condamné.

La liberté totale qui met sur le même plan l’erreur et la vérité, reste extrêmement dangereuse mais la liberté est aussi une condition fondamentale de la foi, comme Jean-Paul II l’a fortement rappelé

Sur la question des droits de l’homme et de la liberté de conscience, la première riposte du pape Pie VI au début de la Révolution n’est pas inintéressante. Il ne se place pas au point de vue du régime politique  (démocratie contre monarchie ou l’inverse). Ce qu’il attaque,  c’est d’abord la prétention de l’État à vouloir réglementer la vie de l’Église ; cela est clair. La Constitution civile du clergé ne peut être acceptée d’un point de vue catholique. Deuxièmement, ce qu’il voit de répréhensible dans la Déclaration des droits de l’homme, c’est l’affirmation que la vérité puisse être mise sur le même pied que l’erreur et qu’on croie tout homme capable de faire le tri, alors que la faiblesse humaine peut appeler la nécessité d’une autorité tutélaire, comme on le voit dans la famille.
Les papes du XIXe siècle resteront fidèles à cette ligne, en soulignant la nécessité pour l’État de défendre la vraie religion, jusqu’à paraître réactionnaires dans un monde qui évolue vers la laïcité.
Leur résistance n’est pourtant pas sans signification : en soulignant que la liberté de l’homme pécheur n’est pas totale, qu’elle doit être éduquée, que l’homme n’est pas une réalité abstraite, mais qu’il fait partie d’un réseau de solidarités qui l’aide à grandir, ils contribuent à approche positive de la liberté de conscience, que développera par la suite le pape Jean-Paul II. Vatican II assume le passage à une société où l’Église ne demande aucune protection particulière, comptant sur la force de la vérité pour développer son enseignement.

La liberté de la presse et la liberté d’opinion ne sont pas des absolus et la vision critique que l’Église a pu en développer est plus utile que jamais

On cite aussi souvent l’exemple de la liberté de la presse ou de la liberté d’opinion que de nombreux documents pontificaux ont l’air de condamner: est-il vrai qu’un cadre protecteur soit mieux adapté à la vie d’une chrétienté que le libre-échange des idées ? On peut le croire quand on voit les courants hostiles au christianisme qui s’efforcent de saper la foi dans le cœur des  petits. Mais de toute façon, nous en sommes pas en mesure de réclamer un droit exorbitant dans la société pluraliste qui est la nôtre. Le grand avantage de la position critique de l’Église, c’est d’avoir permis de décaper la défense des droits de l’homme d’une vision réductrice : en mettant au cœur la liberté religieuse, les papes du XXe siècle ont fait des droits de l’homme une formidable parade à toute prétention de l’État de régir les consciences. C’est le rappel qu’il y a bien une nature humaine qui n’est pas livrée à l’arbitraire des législations.

Pour l’esclavage, on peut regretter qu’il n’y ait pas eu de prise de position avant les condamnations de Léon XIII au XIXe siècle, mais jamais l’Église n’a justifié ces traitements inhumains

 

Léon XIII a  tiré la sonnette d’alarme, mais évidemment, on pourrait se dire que la réaction est bien tardive (fin XIXe siècle), qu’elle aurait dû venir plus tôt, au moment où l’esclavage profitait à des chrétiens… Les historiens expliquent que l’esclavage, dans les sociétés antiques et jusqu’aux temps modernes, allait de pair avec un certain état de la société où l’on manquait tout simplement de forces de travail. Lorsqu’on a eu de nouvelles sources d’énergie avec la vapeur ou l’électricité, un certain nombre de problèmes se sont trouvés résolus, tandis que le manque d’énergie productrice faisait que le travail humain remplaçait, pour une part, ce qu’ensuite on a ensuite demandé la technique. On a beaucoup dit que, si l’esclavage antique avait pu disparaître, c’est surtout parce qu’on avait trouvé une manière d’atteler le cheval beaucoup plus efficace. C’est certainement vrai, mais l’esclavage n’en est pas moins un mal. L’attitude de l’Église depuis saint Paul n’a pas été de contester la réalité trop répandue à l’époque, mais d’essayer de l’humaniser et de faire évoluer les rapports maîtres/esclaves jusqu’à une forme d’égalité. À terme, cette évolution a fait s’éteindre l’esclavage antique, car si le maître et l’esclave sont égaux devant Dieu, il est difficile de prôner l’esclavage dans toute sa rigueur et de faire de l’esclave un simple bien marchand. Ce qui a fait repartir l’esclavage au XVIe siècle, c’est, paradoxalement, Las Casas, qui en voulant défendre les Indiens, a proposé, pour faire tourner les plantations et les mines, de « faire venir des nègres », attendu qu’ils sont plus solides. Las Casas, que tout le monde considère comme un grand défenseur de l’humanité, est – indirectement, certes – pour beaucoup dans la traite des Noirs. Cette histoire n’est pas à l’honneur des chrétiens. Mais la constance de l’enseignement de l’Église n’est pas là en cause, car elle n’a jamais justifié l’esclavage (à l’inverse d’Aristote et de la plupart des penseurs de l’antiquité).

  • L’infaillibilité est en réalité plus nécessaire que jamais et tout le monde nous l’envie : le fait qu’on ait une autorité claire et sûre, qui fait qu’on n’est pas tout le temps dans des débats qui n’en finissent pas et que personne ne serait à même de trancher est un cadeau énorme. Il y a à la fois une autorité et une fidélité sans faille. Tout le monde en a besoin mais ce Magistère n’existe que dans l’Église catholique.

La doctrine de l’Église n’évolue pas, mais elle se précise sans cesse : elle s’enrichit et se renouvelle pour guider sûrement les fidèles depuis vingt siècles

 

On vient d’avoir l’exemple du Concile pan-orthodoxe, qui a permis sans doute de belles choses, mais qui, faute d’une autorité doctrinale dominant les débats et donnant des directions, s’en est tenu, semble-t-il, à des débats sur des questions purement juridiques. Beaucoup ne sont pas venus puis, finalement, on n’a pu trancher que des questions assez extérieures à la foi. Le monde musulman est encore plus divisé et incapable de se donner une parole claire et définitive sur toute une série de questions qui posent problème. Dans le climat du monde où nous sommes, dominé par des incertitudes et traçant n’importe quelle voie vers l’avenir, l’Église catholique a la chance d’avoir une boussole sûre : elle sait où elle va et elle sait qui la guide. Au milieu de tant de variétés, de diversités, d’impressions où chacun choisit sa route à droite ou à gauche, au gré de ses sentiments, le fait qu’il y ait une réalité qui, en toute humilité, soit stable, solide et constante depuis vingt siècles, c’est extrêmement précieux. Grâce à ces promesses du Christ, on lui est resté fidèle, on n’a pas dévié d’un centimètre et on continue à faire exactement ce qu’il nous demande … Ce Magistère ne repose pas, justement, sur une espèce de prison d’idées ou sur des formules, mais c’est une vérité vivante, une vérité qui fait face à tous ces niveaux de vérité et qui a la légèreté, la souplesse de ne pas être un carcan …

Article publié dans Aleteia