Ernestine dite Tine, est née en 1940, ses parents sont « cultivateurs ». C’est un temps où les églises sont encore pleines, où personne ne s’étonne de voir une femme avec son chapelet, chapelet qui la suit du reste sur son lit de mort.
Tine est très vite confrontée aux drames, puisque toute petite, elle perd son frère, puis sa sœur. Elle subit les difficiles épreuves de sa famille, ressentant douloureusement le vide de se retrouver fille unique.
Le dimanche, le jour du Seigneur, les travaux de la terre s’arrêtent. « Labour sul, labour nul » (travail du dimanche, travail nul) dit-on. Ses parents vont le plus possible à la messe et, avec ses grands-parents, ils ne ratent jamais un pardon.
Ce qui marque le plus Tine c’est la foi de son grand-père ; la messe du dimanche est un temps sacré pour lui et le curé est sûr de l’y rencontrer. Elle se souvient de lui comme d’un priant. Il décède un 15 août, ce qui pour Tine est un signe de la Vierge, et cette pensée adoucit la douloureuse perte. Si son grand-père est un exemple marquant, c’est à « l’école des sœurs » que Tine apprend à prier, elle se souvient que la journée commençait toujours par la prière.
Les années passent, Ernestine se marie, le couple s’installe dans une ferme, bientôt les enfants viennent agrandir la famille, il y en aura quatre, malheureusement, nouvelle épreuve, le couple perd un bébé de 9 mois.
Ce qui ressemble au début à des « années bonheur », se transforme vite en cauchemar. L’alcool a raison de l’entente du couple et la vie devient rapidement impossible, d’autant que Tine se retrouve avec une charge de travail beaucoup trop lourde pour elle malgré l’aide de ses parents.
Les multiples solutions tentées les unes après les autres, s’avèrent toutes inefficaces, et Tine se sent de plus en plus désespérée. Elle ne perçoit plus d’issue à sa situation, elle commence à broyer du noir et s’enfonce inexorablement dans une profonde dépression. La souffrance est trop forte, l’unique issue qui s’offre maintenant à elle : quitter ce monde de douleurs. Elle cherche la manière d’en finir définitivement, et alors qu’elle est plongée dans ses pensées morbides, elle sent tout à coup une présence paisible, douce et enveloppante, elle entend une voix qui lui dit « Pense à tes enfants ! ». Elle en est sûre, c’est la Vierge Marie ! « C’était une illumination » me dit Ernestine.
Il y a un avant, et il y a un après.
Ses idées noires disparaissent
instantanément et Tine retrouve son courage et son tempérament de combattante. Pour l’amour de la Vierge et de ses enfants elle vivra.
Même si le couple ne s’est pas remis de ces tribulations, à dater de ce jour, et jusqu’à maintenant, on peut dire que la vie de Tine est prière. Fidèle hospitalière au pèlerinage de Lourdes, elle prend soin des malheureux dont le sort la touche.
Certes, les épreuves font toujours partie de sa vie, mais rien ne peut affaiblir sa foi. Tine prie pour ceux qu’elle aime. « J’ai mis des milliers de cierges » dit-elle avec le sourire. « Je prie aussi pour ceux qui ne m’aiment pas quand je sais qu’ils sont en difficulté. Je prie pour le monde, pour ceux qui subissent des inondations, pour les jeunes. Je prie à tout moment de la journée, en voiture, à la maison, quand je fais mon travail. Parfois je suis exaucée » me dit-elle, « et je remercie ». « Cependant, je ne suis pas attachée au résultat, je remets tout entre les mains de la Vierge, elle est pour moi comme une mère qui mène la barque, j’ai une grande confiance en elle. »
Une de ses plus grandes joies a été de voir une de ses petites-filles trouver le chemin de la foi et demander le baptême à l’âge adulte. Quel bonheur et quelle reconnaissance !
Merci Ernestine pour ce témoignage qui se veut être un message d’espoir. Lorsque nous avons le sentiment que le sort s’acharne, ne cessons jamais de prier. Là-haut, tout comme dans notre cœur, une Mère, un Frère, un Père, nous aiment et sont attentifs aux difficultés que nous vivons. L’Amour incommensurable dont nous sommes aimés ne nous fera jamais défaut.
Si telle est la volonté du Père, si cela est pour notre bien, notre prière sera exaucée, sinon quelque chose de meilleur nous attend, car le Seigneur prend soin de ses enfants.
Réjouissez-vous dans l’espérance.
Soyez patients dans l’affliction.
Persévérez dans la prière.
(Romains 12:12)









