Prêtre, évêque et pape, saint Jean Paul II, que l’Église fête le 22 octobre, n’a jamais perdu son sens de l’humour. Florilège de ses bons mots.

« – Saint-Père, comment allez-vous ? – Je ne sais pas, je n’ai pas encore lu la presse d’aujourd’hui ». Cette réponse, c’est peut-être l’une des plaisanteries les plus connues de Jean Paul II. Dès les premiers jours de son pontificat, Jean Paul II a élu le 16 octobre 1978 et il est fêté le 22 octobre, il a inauguré un style tout nouveau dans l’exercice de la fonction de Pierre. Dès le début Karol Wojtyla n’a pas peur d’entrer dans la foule, de prendre les enfants dans les bras, de bavarder et même de rire avec tout le monde…

Le père Virgilio Noa, maître de cérémonies, le comprend dès les premiers jours du pontificat du pape polonais. N’arrivant pas à suivre le pontife trop heureux d’aller saluer et échanger avec des groupes de fidèles, il le supplie de ralentir : « Saint-Père, Saint-Père, vous allez trop vite, je ne peux pas vous suivre ! » Tout sourire et regard espiègle, Jean Paul II lui répond  : « Alors achetez un scooter ! ».

Grâce à son sens de l’observation, ses réparties et une bonne dose d’humour, il savait créer autour de lui une ambiance détendue, presque familiale. C’était d’ailleurs sa méthode pour se sortir des situations protocolaires délicates. Découvrez quelques anecdotes, qui jalonnent sa vie de l’adolescence au trône de Pierre. Rassemblées dans Paroles joyeuses de Jean Paul II, elles révèlent à quel point ce grand saint aimait rire et plaisanter :

AVIATEUR OU PAPE ?

La mère de Karol Wojtyla, Emilia, le surnomme Lolek. Elle dit souvent à ses voisines que Lolek deviendra un grand homme. En 1927, peu de temps après le vol en solitaire de l’aviateur américain Charles Lindbergh au-dessus de l’Atlantique, elle demande à son fils :

– Lolek, qui voudrais-tu être plus tard ?

– Je serai aviateur ! répond le petit garçon.

– Et pourquoi pas prêtre ?

– Parce qu’un Polonais peut devenir un second Lindbergh, mais pas devenir Pape.

LE SKI

Un jour on demande à Mgr Wojtyla s’il est convenable pour un cardinal d’aller faire du ski. Le futur pape sourit et répond : « Il n’est pas convenable pour un cardinal de mal skier ».

LE JOURNAL DE SŒUR FAUSTINE

L’archevêque de Cracovie supervisait personnellement plusieurs procédures de béatification dont celle de sa compatriote, sœur Faustine Kowalska. Un jour, un théologien qui se croit indispensable exige des sœurs qu’elles lui fournissent l’original du journal de la future sainte. À la supérieure qui vient consulter Mgr Wojtyla, ce dernier répond résolument :

« Ma sœur, pour le transmettre, il n’y a qu’un moyen. Vous devez voyager en tramway, et si celui-ci déraille, le journal disparaît. Et vous également. Pour vous, ce n’est pas grave, vous irez au ciel. Mais le journal de Faustine, lui, il ne peut pas disparaître ! »

LA RAMPE DES ESCALIERS

Mgr Wojtyla prononce un jour une conférence au séminaire de Tuchow, au sud de la Pologne. Ce qui plaît aux séminaristes autant que ses enseignements très brillants, c’est de voir comment il descend les étages qui séparent la salle de conférence du réfectoire. En effet, l’archevêque de Cracovie s’assoie tout simplement sur la rampe des escaliers et se laisse glisser dessus jusqu’en bas…

L’AGENT COMMUNISTE

Pour éviter le cérémonial d’accueil parfois pesant réservé aux prélats, le cardinal Wojtyla visitait souvent des paroisses à l’improviste, notamment à l’occasion de ses randonnées en montagne. Un jour, assis au fond d’une église pour écouter discrètement l’homélie, il sort son calepin de sa poche et commence à écrire quelque chose. Les montagnards présents dans l’église n’ont aucun doute : c’est un dénonciateur, un agent communiste. Ensemble, ils se mettent d’accord : « Il faut lui donner une leçon pour qu’il ne moucharde plus ». Lorsque l’inconnu sort de l’église, ils l’attirent à l’écart et exigent de lui qu’il leur montre son calepin. L’air amusé, Wojtyla ne dit rien. Les montagnards n’ont pas le temps d’en faire plus, car le curé de l’église qui a tout vu intervient et s’exclame, le souffle court : « Mon Dieu, mais c’est son Excellence ! »

LES CHAUSSETTES ROUGES

En 1967, Karol Wojtyla, l’archevêque de Cracovie, est nommé cardinal. Le futur pape se rend à Rome pour l’intronisation officielle. L’étiquette exige une tenue rouge très stricte. Mais par temps de pénurie en Pologne et malgré tous ses efforts, le futur Jean Paul II n’arrive pas à se procurer des chaussettes rouges. Mgr Pieronek qui va l’accompagner jusqu’à Rome, raconte cette anecdote : « Karol Wojtyla a donc reçu la pourpre dans une tenue incomplète. À la sortie de la cérémonie, le nouveau cardinal s’adresse à son ami : « ça n’était pas si mal. Il y avait deux autres cardinaux qui n’avaient pas non plus de chaussettes rouges ! ».

CELUI QUI CHANTE PRIE DEUX FOIS ?

Au cours d’un concert, parlant de la beauté de la musique, Jean Paul II rappelle cette phrase de Saint Augustin : « Celui qui chante prie deux fois ». Après le concert, le Pape échange quelques mots avec l’ambassadeur des Etats-Unis auprès du Saint Siège :

– Oui, les prêtres doivent beaucoup chanter à l’église, même si cela ne leur réussit pas.

– Et Votre Sainteté, chante-t-elle bien ?

– Eh bien, lorsque je chante, je ne prie qu’une seule fois !

LA VIEILLESSE

Un jour, un évêque qui est à peu près du même âge que Jean Paul II lui fait cette remarque : « Eh bien, Très Saint-Père nous vieillissons… » Le Pape le regarde et lui répond : « Oui, mais moi je commence par les pieds ! »

LA PISCINE À CASTEL GANDOLFO

Le projet de construction d’une piscine à Castel Gandolfo, engendre des critiques de la part des médias qui n’hésitent pas à dénoncer les goûts de luxe du Pape. Il leur répond : « Un Pape a besoin de bouger. Mes obsèques et un nouveau conclave coûteraient beaucoup plus cher ». 

LA PAPAMOBILE

Peu de temps après l’attentat de 1981, celui-ci doit inaugurer un nouveau mode de transport en voiture blindée, surnommée la papamobile. Les services de sécurité tentent de convaincre le Saint Père de la nécessité d’une telle « prison vitrée »:

– Elle limite les risques. On n’y peut rien, on s’inquiète pour vous, Votre Sainteté.

– Moi aussi, répond le Pape, je m’inquiète pour ma sainteté…

Dans l’Eglise on rit !

Marzena Devoud – Publié le 21/10/20 – Aleteia

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  • Post published:23 octobre 2020
  • Post category:Humour