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Plancoët – Eglise Notre-Dame de Nazareth

Notre Dame de Nazareth à Plancoët

Avant le grand cycle des apparitions mariales contemporaines (qui commence vers 1830 avec sainte Catherine Labouré et la médaille miraculeuse), la Vierge Marie était déjà bien présente en France. Il y avait d’autres apparitions, dont certaines furent reconnues par l’Église, comme celle de Notre Dame à Plancoët, en Bretagne.

Les phénomènes extraordinaires commencent au mois de mai1644. La veuve d’Yvon Bertin, Olive Blandin, du village de la Massonnais, en Corseul, âgée de 66 ans, conduit avec son troupeau près de la fontaine Ruellan. À quatre reprises, vers dix heures du matin, elle entend une voix plaintive. Elle promène le regard autour d’elle, mais elle n’aperçoit personne. Une pensée lui vient alors : elle se dit que sa fille, morte depuis peu, souffre dans le purgatoire et réclame des prières. Elle s’agenouille sans hésitation au bord de la route, et supplie le Seigneur de prendre en pitié l’âme de sa pauvre enfant.

Elle revient à Plancoët et raconte ce qui lui est arrivé. Aussitôt, les langues se délient. François Billy, marchand, demeurant au Haut-Plancoët, raconte que, passant près de la fontaine Ruellan, le 26 juillet 1643, en la fête de Sainte-Anne, il s’est arrêté pour faire boire son cheval, lui a enlevé la bride, quand, tout à coup, il a entendu une voix forte – une voix féminine –, qui poussait une plainte. Un regard circulaire jeté autour de lui l’a convaincu qu’il se trouvait seul sur ce coin de route. Il s’est éloigné, bouleversé, sans comprendre l’origine de cette plainte.

Nicolas Le Marchand, de Dinan, raconta que l’année précédente, en novembre 1642, revenant d’une foire qui se tenait en la ville de Matignon, il a constaté un phénomène analogue. Comme il passait au point du jour près de la fontaine Ruellan, il a débridé son cheval pour l’abreuver, mais il n’a pas réussi pas à le faire boire. Il lui a pressé la tête pour l’incliner vers les eaux et lui plonger la bouche dans le bassin de pierre, mais en vain : l’animal s’y est refusé et s’est mis à genoux. Agacé, son maître lui a asséné un cinglant coup de fouet. Peine inutile ! L’animal n’a pas bougé pas, tandis qu’une plainte émouvante est montée de la fontaine, jetant l’émoi dans le cœur de Nicolas Le Marchand.

Découverte de la statue

ND de Nazareth à Plancoët (Photo R. Binet)

On commence alors à reparler d’une statue de la Vierge dont la légende dit qu’elle est tombée, bien des années plus tôt, dans la fontaine Ruellan – une fontaine profonde, au fond boueux, où poussent foison de plantes aquatiques. Audacieux et efficaces, les trois fils d’un quincaillier du Bas-Plancoët, prénommés Alain, Jacques et Jean Faguet, âgés respectivement de 21, 19 et 17 ans, résolus à en avoir le cœur net, décident de fouiller la fontaine. Le lendemain de la fête du Saint-Rosaire, le lundi 3 octobre 1644, Alain et Jacques commencent la besogne, mais, après avoir travaillé jusqu’à deux ou trois heures de l’après-midi, l’aîné se décourage. Plus tenace, le cadet découvre le premier morceau de la statue. Il rappelle son frère, qui s’éloignait déjà, et lui passe le corps de la statue. Bientôt, Jean les rejoint, et Jacques transmet à ses deux frères le morceau sur lequel se détachent les têtes de la Vierge et de l’Enfant Jésus. En fouillant encore, Jacques remarque au fond de la fontaine le troisième morceau, c’est-à-dire le piédestal (ou soubassement), qui lui paraît trop lourd à soulever et qu’il laisse dans le bassin. Ensemble, les trois frères lavent les deux pièces qu’ils ont retirées de l’eau et les déposent sur le talus d’un champ appelé Surset-Jacques, contre un chêne appartenant au sieur de Laudren Le Roy. Dès le lendemain, au point du jour, dans un mouvement de piété spontanée, des pèlerins accourent devant l’humble statue, pour y prier et lui déposer des offrandes. Puis, s’inclinant avec respect, ils boivent dévotement l’eau limpide de la fontaine nettoyée, où le sourire de Marie semble se mirer. Détail touchant : Jacques Faguet voit une jeune fille se dépouiller d’un joli ruban qui flattait sa coquetterie et le déposer en offrande aux pieds de la Sainte Vierge.

La statue de granit gris porte des sculptures sur les deux faces : d’un côté, la descente de Notre Seigneur de la Croix ; de l’autre, Notre Dame tenant son fils entre ses bras. À côté de l’Enfant Jésus, les enquêteurs remarquent une figure gravée qu’ils n’arrivent pas à identifier (peut-être saint Jean l’évangéliste).

Les premiers miracles

Ce même jour, Guillaume Huet, marchand de la rue de l’Abbaye, hydropique depuis six mois et condamné au lit depuis la Pentecôte par le médecin de Lossandière, de Dinan, fait un vœu à la Sainte Vierge et promet d’aller à la fontaine Ruellan visiter la statue que les frères Faguet ont trouvée. Jusque-là, les remèdes de Picot, apothicaire à Dinan, ne lui avaient fait aucun effet. Depuis la fin septembre, il ne se lève même plus. Dès qu’il invoque la statue miraculeuse, il éprouve un soulagement tel qu’il se lève aussitôt. Empli de reconnaissance, il retourne dès le lendemain près de la statue, marchant allègrement et complètement guéri. Il rencontre les trois frères près de leur miraculeuse trouvaille. Ensemble ils décident de lui construire un oratoire rustique, fait provisoirement de planches.

Clartés

Les signes étonnants se multiplient alors autour de la statue, à commencer par des clartés, attestées par des centaines de témoins. C’est le cas pour Jean Lhostellier, âgé de 38 ans, qui passe un peu après minuit dans la rue de l’Abbaye, et monte la côte en direction de Dinan. Au moment où il approche de la chapelle de feuillage, une vive clarté lui apparaît, semblable à celle d’un flambeau ardent. Puis la lueur disparaît. Ce phénomène le frappe vivement. Cependant, il continue sa route, tout impressionné par cette vision. Le lendemain, au retour de Dinan, il passe dans le même lieu et ne voit plus que des gens pieusement agenouillés devant la statue.

Apparition

Le 18 octobre 1644, en la fête de la Saint-Luc, évangéliste, une petite troupe quitte les hauteurs de Créhen, trois heures avant le jour. Elle comprend un laboureur, Yvon Merdrignac, un cordonnier, Jean Girard, un fessier, Guillaume Bouexière, et sa femme, Jeanne Besrée, du village de la Chesnelaye, et un certain Yves Gillebert qui les a rejoints avec sa fille. Ils approchent de la chapelle deux heures avant l’aube, par conséquent en pleine nuit. Oh, surprise ! Ils aperçoivent au milieu de la route une belle dame lumineuse, tout habillée de blanc. Quand ils arrivent, la grande dame a disparu et la route est déserte. Tous les six s’agenouillent devant la statue de granit et, après avoir longuement prié, ils entrent dans une logette de l’autre côté de la route pour y déjeuner à l’abri de l’air du matin. Tandis qu’ils mangent, ils voient briller un long éclair et une clarté au-dessus de la sainte image, sans entendre aucun bruit de tonnerre.

Le pélerinage

La rumeur publique propage avec rapidité toutes ces nouvelles à travers la région, et la dévotion populaire croît d’autant plus rapidement que des faits merveilleux se multiplient autour de la statue récemment découverte. L’affluence des pèlerins grandit de jour en jour. Au début, on en compte jusqu’à deux ou trois cents dans la même journée. Bientôt, au fur et à mesure que leur nombre augmente, l’évaluation devient plus difficile. On en dénombre un jour jusqu’à deux mille. Le pays tout entier s’ébranle. Messire Julien Gévezé, recteur de Corseul, rend compte de tous ces événements à son évêque, Mgr Achille du Harlay de Sancy, qui gouverne alors le diocèse de Saint-Malo, et lui demanda de lui définir une ligne de conduite.

Enquête canonique

L’évêque décida d’étudier à fond ces manifestations extraordinaires, et s’y attèle aussitôt. Il constitue donc un tribunal et l’envoie sur les lieux pour examiner cette croix brisée en trois morceaux, qui porte sur une face la Vierge Marie et l’Enfant Jésus, et sur l’autre, une descente de Croix, et pour interroger aussi les témoins des faits extraordinaires et des guérisons qui ont précédé, accompagné et suivi la découverte de cette statue.
 La commission d’enquête se rend sur place et note scrupuleusement le nombre d’ex-voto, qui, déposés au pied de la statue, témoignent de grâces reçues, dont un nombre important de guérisons : « Soixante-quatre cierges de cire blanche et jaune qui flamboient, cent cinquante chapelets pendus aux parois, deux croix d’or, trois croix d’argent, des pendants d’oreille, des vœux de cire représentant des bras et des jambes, des corps d’hommes, de femmes et d’enfants, des béquilles, deux tableaux de la Sainte Vierge, une statue en albâtre de sainte Catherine, une clochette, voire même des objets comme des pots de terre blanche, un plat d’étain, une glace, un chapeau gris, deux nappes de toile, quatre serviettes, des coiffes et des cols.»

Depuis cette époque, la dévotion populaire ne s’est pas tarie.

D’après l’abbé Auguste Lemasson, prêtre du diocèse de Saint-Brieuc. — Les origines du pèlerinage et du sanctuaire de Notre-Dame de Nazareth, près Plancoët, d’après les documents originaux, avec une introduction de M. A. du Bois de la Villerabel, vicaire général de Saint-Brieuc (Extrait des mémoires de la Société d’Emulation des Côtes-du-Nord, année 1913)

 

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Nous te confions plus particulièrement aujourd’hui ceux que tu appelles à une vie consacrée.

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