Peintre et animatrice d’ateliers d’écriture d’icônes
Nous avons rencontré Marie, une jeune maman morbihannaise, native de Saint-Mayeux. Sa foi s’est réveillée lors d’un stage d’écriture d’icônes. Elle a accepté de partager son cheminement en nous livrant ce qu’elle a découvert sur ces œuvres réalisées à l’origine par les orthodoxes.
Présente-toi Marie
Je suis Marie Géro, mariée et j’ai comme nom de famille Maison-Géro. J’ai 43 ans, nous avons deux filles : Rose, 12 ans et Aure, 4 ans. Nous habitons à Saint-Avé, près de Vannes.
Parle-nous de ta scolarité
J’ai effectué mon primaire à Saint-Joseph à Mûr ; dès le CP, j’avais suivi des cours d’arts plastiques et de dessin avec Mme Le Meur pour m’aider à gérer mes difficultés de concentration en classe. Ensuite, ce fut le collège Notre-Dame à Gouarec. À 15 ans, ma famille a quitté Saint-Mayeux pour Orléans. J’y ai poursuivi ma scolarité en intégrant des cours du soir aux beaux-arts, jusqu’à mes 19 ans.
Quelles études supérieures as-tu suivies ?
J’ai effectué une année de prépa dans une école de design, deux années en licence de gestion, puis un master en marketing et communication publicitaire. J’ai travaillé comme chef de projets dans la publicité, puis comme responsable commerciale pour des entreprises. J’ai toujours été animée par les relations humaines.
Et tu as changé de voie ?
Intéressée depuis l’enfance par le fonctionnement de l’être humain, j’ai découvert l’hypnose médicale pour arrêter de fumer. Cela m’a passionnée, j’ai eu envie de le partager. Je me suis formée à la relation d’aides et à plusieurs techniques de thérapies alternatives dans le domaine de l’accompagnement. Au début, j’ai aidé des proches, des amis… et, comme j’étais de plus en plus sollicitée, j’ai ouvert un cabinet à Orléans ; j’y ai travaillé 7 ans. Nous sommes venus sur Vannes où j’ai continué cette activité en la faisant évoluer vers une approche en art-thérapie. À cette époque, j’avais une foi présente mais plus ou moins active. Un jour une patiente a vu dans mon cabinet une icône ayant appartenu à ma grand-mère, représentant la Vierge de Medjugordjé. Devinant mon côté artistique, cette dame m’a parlé d’un stage d’initiation qu’elle venait de suivre dans une abbaye, sur la création d’icônes. J’ai appelé l’abbaye et je m’y suis inscrite.
Peux-tu nous en dire plus sur ce qu’est une icône ?
L’icône est une pratique orthodoxe. Chez les catholiques, les peintures sont des représentations graphiques picturales de scènes bibliques. L’écriture d’icône est sacrée et nécessite dans la pratique traditionnelle un « charisme ». C’est une fenêtre sur le ciel qui permet de nous mettre en relation avec une figure chrétienne, le Christ, un saint, la Trinité Cela doit répondre à des codes précis « on ne peint pas une icône, on l’écrit ! » Elle s’accompagne d’une véritable connaissance théologique.
Et c’est compliqué d’écrire une icône ?
Personnellement c’est devenu ma manière de prier, de me relier au Christ, à la Vierge, à un saint… Durant les stages j’ai été émerveillée de voir ce que des personnes de tous âges et de tous niveaux pouvaient produire. Depuis 5 ans, je ne réalise que des icônes ; j’ai découvert combien cela fait sens en moi et combien cela me remet en chemin vers Dieu et rend ma foi VIVANTE.
Tu as partagé cette découverte ?
J’ai commencé à adapter la technique pour la rendre accessible à toute personne désireuse de réaliser son propre support de prière sans connaissance particulière en peinture ou en dessin, mais avec un désir ardent d’être appelé à le faire. Dans mon cabinet de thérapie, j’ai posé une affiche pour inviter à des temps de prières et, pour ceux qui le souhaitent, à participer à l’initiation de la réalisation d’icônes. J’anime des groupes avec un protocole qui permet d’avancer ensemble, pas à pas. C’est incroyable comment certaines personnes avancent et retrouvent le chemin vers Dieu. Elles repartent avec leur icône qu’elles font souvent bénir et qu’elles utilisent ensuite pour prier.
Ces stages ont lieu dans des abbayes ?
J’en fais à Timadeuc, à Sainte-Anne d’Auray, à Kergonan… Je me déplace aussi chez des particuliers qui organisent l’accueil pour un petit groupe à leur domicile, ou dans un lieu spirituel. En abbaye, je vois parfois des personnes refuser de participer aux premiers offices et puis, progressivement, elles y viennent. Ce qui me motive c’est d’accueillir l’autre là où il est et lui offrir la possibilité de se mettre en chemin vers Dieu.
Comment vois-tu la religion orthodoxe ?
J’ai des amis orthodoxes et je ne vois pas trop les différences avec nous. Ils vivent une grande fraternité. J’aime leur manière d’associer la foi, la spiritualité et la psychologie. Ils parlent plus facilement de leur lien avec Dieu. Ceux que je côtoie sont des orthodoxes occidentaux français, ils sont différents des orthodoxes grecs ou russes. J’ai reçu une éducation catholique et je reste catholique.
Comment vis-tu ta foi ?
J’ai ravivé ma foi grâce à l’icône. Je participe aux offices, il m’arrive de prier le chapelet ou le Rosaire. Je pense que nous sommes souvent guidés par Dieu. J’aime beaucoup sainte Thérèse et il m’arrive de me rendre à Lisieux avec un petit groupe dans le cadre d’un stage d’écriture d’icône que j’anime. J’apprécie Querrien près de Loudéac et j’y vais souvent. En Bretagne, nous avons la chance d’avoir cette foi populaire présente dans des lieux qui invitent à la prière : les monastères, les pardons… qui sont en plus sources de fraternité. Je repense souvent aux personnes qui m’ont transmis et semé les graines de la foi : ma famille, des prêtres, comme les abbés Lozahic et Le Béchec, et je les remercie. J’essaie à mon tour de transmettre cette foi à mes enfants.
Merci Marie.











