Les chapelles de Locarn et la pratique religieuse
À Locarn, nous avons trois chapelles : Sainte Barbe, Bleun (Notre-Dame des Fleurs) et Saint Gonery. Autrefois, les moyens de locomotion étaient limités, et l’on se rendait à la chapelle la plus proche lorsqu’il y avait une messe, ce qui arrivait plusieurs fois par an. Le reste du temps, c’était généralement la femme de la famille qui se déplaçait à l’église paroissiale, à pied ou à vélo. Un voisin avait même offert un vélomoteur à sa femme pour qu’elle puisse assister plus facilement à la messe. Ainsi, la femme représentait la famille lors des offices.
Le pardon de Bleun (Notre-Dame des Fleurs)
Le pardon de Bleun avait lieu le dimanche suivant le 15 août. Le matin, une messe était célébrée, suivie d’un pique-nique sur place ou chez des voisins. Pour ma famille, c’était l’occasion de retrouver nos cousins, de nous baigner dans la rivière et de construire des barrages. L’après-midi, les vêpres étaient suivies d’une procession vers le tantad, organisée dans la prairie en contrebas, près de la fontaine — laquelle a été déplacée depuis.
Les femmes trempaient alors les langes dans la fontaine afin que la Vierge protège les enfants des maladies infantiles. Elles rapportaient aussi des mouchoirs trempés dans l’eau de la fontaine pour les offrir à ceux qui n’avaient pu se déplacer. Le jour du pardon, les hommes accomplissaient « leurs Pâques » : ils se confessaient et communiaient. Enfant, j’étais impressionnée par ces vieux paysans accomplissant ce rituel avec foi, dans un véritable esprit de pardon et de remise à zéro.
Les pardons de Sainte Barbe

À Sainte Barbe, deux pardons étaient célébrés : celui d’hiver, le 2 décembre, coïncidant avec la fête des pompiers, et celui d’été, le deuxième dimanche de juillet. La coutume voulait que l’on fasse don de beurre, les mottes étant savamment sculptées et déposées sur les autels latéraux, aujourd’hui disparus. Enfant, mon nez arrivait à la hauteur des mottes de beurre qui fondaient sous la chaleur estivale et des cierges allumés.
Après la messe, il y avait également le tantad et la bénédiction finale au pied du calvaire, qui se trouvait autrefois au centre du croisement des routes.
La chapelle Saint Gonery

La chapelle Saint Gonery était celle du Bar Izellan. Malheureusement, elle était tombée en ruine et je garde le souvenir d’y avoir joué avec mes cousins. Plus tard, Mlle Aliette de Quelen décida de la restaurer et fonda une association pour son entretien. M. Hervé de Quelen, propriétaire, en fit don à cette association.
Le jour du pardon, après la messe qui avait lieu l’après-midi, se déroulait le tantad avec une procession dans le parc de Quelen, suivi d’un goûter organisé par l’association, des jeux et une loterie au bénéfice de la chapelle. C’était un moment convivial où toutes les générations se retrouvaient, chacun apportant sa contribution. Aujourd’hui encore, le pardon se célèbre le premier dimanche d’août, avec procession, tantad, puis un verre de l’amitié.
Le pardon de Saint Hernin, patron de Locarn

Le Saint Patron de Locarn est Saint Hernin, venu de Grande-Bretagne au Ve siècle. Il vécut en ermite sur la commune et fut enterré près de sa cabane à Locarn. La fréquentation de sa tombe par de nombreux pèlerins entraîna la construction d’une grande église sur ce lieu.
Le pardon de Saint Hernin se fête le premier dimanche de mai dans l’église paroissiale. À cette occasion, on sort le trésor de la paroisse : calice, patène, croix de procession, reliques de Saint Hernin. Après la messe, une procession conduit les reliques (le bras reliquaire et le buste, précédés de la croix de procession) jusqu’au lieu du tantad. Et selon la bonne tradition, la célébration se conclut par le verre de l’amitié.
La confection du tantad
La fabrication du tantad était – et est toujours ! – une opération délicate demandant du savoir-faire. Ceux qui y participaient avaient l’honneur de porter la croix de procession et le brancard sur lequel reposait le buste de Saint Hernin.
La tradition continuera tant qu’il aura des volontaires pour faire les fagots et monter le tantad

Marie-Laetitia Dallongeville
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