Célébration de l’onction des malades

Célébration de l’onction des malades à Rostrenen

Jeudi 20 août 2015

Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit. Ainsi, vous ayant libéré de tout péché, qu’il vous sauve et vous relève.

Onction des malades-2

(Photo Jean-Paul Prigent – Ouest France)

Frères et sœurs, c’est cette parole que prononceront pour vous les prêtres en l’accompagnant du geste de l’onction. Vivre ce signe est important aussi pour tous ceux qui vous accompagnent. En vivant ce signe avec joie et recueillement nous allons dire plusieurs choses essentielles :

  1. L’Eglise croit à la présence vivifiante du Christ auprès des personnes malades. Dans l’incarnation du Fils bien-aimé du Père et en nous rappelant sa mort, nous croyons qu’il s’est fait particulièrement proche de tous ceux qui souffrent. Oui Jésus est le bon samaritain penché sur nos blessures, il est le bon Pasteur qui n’abandonne pas la brebis la plus faible, il est l’ami qui écoute la demande des deux aveugles de l’Evangile.
  1. Chers pèlerins malades, votre présence aujourd’hui est un témoignage. Dans un monde qui accorde surtout du crédit à ce qui est fort, ou se croit fort, dans un monde qui méprise parfois la faiblesse et la fragilité, vous nous montrez qu’il y a une vie dans la maladie, qu’il y a des sourires dans la fragilité, qu’il y a une relation dans les communications difficiles, qu’il y a une dignité dans la faiblesse, qu’il y a de l’amour dans une présence même souffrante. Je pense à vous quand nous chantons avec la Vierge Marie : « il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles ».
  1. Une troisième chose à ne pas oublier, Ne dites jamais : « c’est fini, je n’ai plus rien à faire, j’ai fait mon temps ». Ne donnons pas raison à ceux qui voudraient nous faire croire qu’une vie malade ne vaut pas la peine d’être vécue et qui envisagent la folie de l’abréger, d’y mettre fin. Votre témoignage prend d’autres formes, qui ne sont parfois connues que de vous … et c’est tout particulièrement votre prière. Il faut que vous sachiez combien je suis touché quand vous me dites : je ne peux pas faire grand-chose, mais je prie pour vous.
  1. Enfin, je veux beaucoup remercier tous ceux qui organisent, ici à Rostrenen et dans notre diocèse, la présence fraternelle, le service de visite aux malades. Le plus important, c’est que nous puissions ouvrir les yeux pour nous rendre compte qu’une personne n’a pas ouvert ses volets, qu’elle ne vient plus à la messe depuis deux ou trois dimanches. Ouvrir nos yeux et notre cœur pour ne pas les oublier, pour que ces personnes restent membres à part entière de la communauté chrétienne, même si c’est autrement.

Voilà ce que fait le sacrement de l’onction des malades : en vous apportant la force Christ, en vous disant que la Vie est devant, il fait de vous des membres vivants du corps du Christ. En vous aimant, nous voulons aimer le Christ, le corps du Christ, nous sommes heureux d’être à vos côtés.

Onction des malades

(Photo Jean-Paul Prigent – Ouest France)

A la fin sa très belle lettre encyclique « Laudato si », le pape François nous parle ainsi de la Vierge Marie :

« Marie, la Mère qui a pris soin de Jésus, prend soin désormais de ce monde blessé, avec affection et douleur maternelles. Comme, le cœur transpercé, elle a pleuré la mort de Jésus, maintenant elle compatit à la souffrance des pauvres crucifiés et des créatures de ce monde saccagées par le pouvoir humain. » (Pape François, Laudato si § 246)

Avec toute l’Eglise, nous sommes appelés à prendre Marie chez nous pour que nous puissions lui dire nos peines et nos blessures, pour que « la première en chemin » nous conduise doucement à « choisir l’espérance ».

+ Denis MOUTEL

Evêque de Saint-Brieuc et Tréguier

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