Saint Yves Hélory (1253 -1303) Fêté le 19 mai
D’origine germanique ou celtique, l’anthroponyme Yvo est mentionné à la fin du VIIIème siècle, en tant que nom d’un évêque de Marseille.Ce nom est devenu un prénom de baptême courant, à cause d’Yves de Chartres (1040 – 1116).
Variantes : Erwan, Iwan, Iffig, Cheun, Eon, Eozen, Urvoan, Yeun, Youenn, Yun, Yvon
Nous vous proposons, dans cette rubrique, l’histoire du patron de la bretagne.
Nann, n’eus ket e Breizh
Nann, n’eus ket unan
Nann, n’eus ket ur sant
Evel sant Erwan
Non, il n’y a pas en Bretagne
Non, il n’y en a pas un
Non, il n’y a pas de saint
Comme saint Yves
Enfance :

Yves Hélory naît le 13 octobre 1253 au manoir de Kermartin à Minihy-Tréguier (Trégor).
Il est le second d’une famille de cinq enfants. La famille fait partie de la petite noblesse : son père avait rang de damoiseau et son grand père chevalier.
Son père Tanguy Hélory va participer aux croisades de saint Louis.
Le jeune Yves aura pour précepteur Jean de Kerhoz qui va lui donner une première instruction.
Études :
À l’âge de 14 ans, Yves part à Paris en compagnie de son mentor. Il est inscrit à la faculté des Arts, où, pendant six années, il s’initie à l’enseignement universitaire. Il passe ensuite à la faculté de Decret, pour y apprendre le droit canon, puis il gagne le studium d’Orléans pour se former au droit civil, pendant trois ans environ. Il va ensuite revenir à Paris pour suivre des études de théologie. Il est élève de saint Thomas d’Aquin et de saint Bonaventure.
Il va mener, au cours de ses études, une vie d’ascèse et de dévotion, selon les dires de ses compatriotes trégorrois. Il jeûne une fois par semaine, refuse la viande et le vin, refuse son lit pour coucher sur le sol…
Retour en Bretagne :
En 1280, Yves Hélory est appelé par l’archidiacre de Rennes, Maurice, pour remplir la charge de juge au tribunal ecclésiastique (official). Simultanément, il suit des leçons de théologie données au couvent des franciscains. Cette formation va marquer une étape décisive dans la vie du futur saint.
Il reçoit la prêtrise et revient à Tréguier en 1284. En plus de ses fonctions d’official, il se voit attribuer la cure de Trédrez. Après quelques années, il quitte ses riches habits pour les donner aux pauvres de l’hôpital de Tréguier et endosse une bure de drap grossier. Son transfert à la cure de Louannec, en 1292, ne le détourne pas de ce dépouillement.
Charité :
À la mort de sa mère, Aziou de Quenquis, il transforme le manoir familial en hospice pour les pèlerins, les malades et les mendiants de passage. En échange, saint Yves leur parle de Dieu et leur enseigne les rudiments de la foi. Dans sa tâche d’official, il est attentif aux plus misérables, offrant de défendre gratuitement leur cause. Il veille à rendre au tribunal de l’évêque une justice prompte et équitable. Cette image de l’homme de loi, épris de concorde, est passée à la postérité.
Prédicateur :
À partir de 1290, saint Yves ne se contente plus de prêcher dans son manoir, mais va parcourir le diocèse pour faire connaître la Parole de Dieu. Cette prédication itinérante, avec l’aval de l’évêque Mgr de Tournemine, s’inscrivait dans une dynamique d’évangélisation portée par les ordres mendiants. Les foules accouraient en masse et l’accompagnaient souvent sur les routes. Ses pérégrinations l’ont mené jusqu’à Quimper où il reçoit l’autorisation de prêcher dans la cathédrale.
Une fois résiliée sa charge d’official, vers 1298 ou 1300, le manoir de Kermartin où il avait fait édifier une chapelle en 1293, devient un foyer de spiritualité.
C’est là, après avoir poursuivi se tâche pastorale et accompli un ultime pèlerinage à Locronan, qu’il s’éteignit le 19 mai 1303.
Son corps fut porté par la foule de ses fidèles à la cathédrale de Tréguier. Quelques jours plus tard, des miracles se multiplient sur son tombeau.
Canonisation :
Le pape Clément VII ouvre un procès de canonisation le 26 février 1330. Celle-ci eut lieu le
19 mai 1347. Les reliques de saint Yves sont ensevelies dans un tombeau et son chef placé dans un reliquaire.
Chaque année, le reliquaire quitte la cathédrale pour être porté en procession par une foule nombreuse, notamment des hommes de loi et des avocats, jusqu’à l’église de Minihy-Tréguier, qui fut, à l’origine, la chapelle du manoir de Kermartin.
Le 12 mars 1924, saint Yves fut déclaré saint patron de la Bretagne par le pape Pie XI.
Localisation :
Saint Yves est titulaire de nombreuses églises, chapelles, fontaines, hôpitaux…
Sa renommée s’est répandue au dehors du duché : Paris, Bruges et Rome entre autres ont accueilli très tôt ses reliques et lui ont consacré des chapelles.
Tréguier, néanmoins, reste l’épicentre du culte. Saint guérisseur et thaumaturge, saint Yves est le saint patron des Bretons, des orphelins, des pauvres et des avocats.
Saint Erwan a sa statue à la Vallée des Saints de Carnoët.

Brigitte Géléoc
(Sources : Buhez ar Sent, B. Rio, L. Héry )


















