19 mars, en ce jour de la fête de saint Joseph, me revient en mémoire un évènement notoire survenu dans notre collégiale : la décapitation (ou décollation) de saint Joseph, fin février
Le jour précédant cet incident, nous faisions visiter l’édifice à des amis et, après avoir observé le retable de la Vierge et le buste de Notre-Dame, l’un des visiteurs fit judicieusement remarquer que la présence de la statue de Joseph à côté de la Vierge était on ne peut plus naturelle.
Dès le lendemain, on découvrit l’irréparable. Une fidèle paroissienne, venue fleurir l’église, fit remarquer que la statue de saint Joseph, en bois (logique pour un charpentier), avait chu de son piédestal, probablement pendant la nuit, victime à la fois d’une évidente vétusté et de l’humidité ambiante.
On peut imaginer que ce saint, pourtant jugé silencieux, s’est descellé avec fracas et on le retrouva la tête, décapitée, à ses pieds et le corps largement ouvert.
L’incident fut déclaré à qui de droit. Une question cruciale nous fut posée : « Y-at-il, dans votre paroisse, une dévotion particulière à saint Joseph ? » La réponse ne tarda pas à venir. Quelques jours plus tard, une autre paroissienne avait déposé, près de l’ambon, une icône représentant saint Joseph avec l’enfant Jésus, agrémentée d’un bouquet de fleurs printanières. Saint Joseph a donc bien sa place dans notre paroisse.
Cette statue sera très probablement irrécupérable, aussi, chers lecteurs, sachez qu’une nouvelle statue (en bois ou en plâtre) serait la bienvenue pour la remplacer.
Saint Joseph, un saint populaire
Revenons maintenant à l’importance de ce saint populaire. Personnage du Nouveau Testament, mentionné dans les Évangiles de Matthieu et de Luc, il apparaît aussi dans un texte plus tardif, le Protévangile de Jacques (2ème siècle) : cette vision apocryphe est incompatible par certains aspects avec celle des Évangiles canoniques. D’après Matthieu et Luc, Joseph est un lointain descendant du roi David de la tribu de Juda.
Père nourricier de Jésus
Père nourricier de Jésus, il est indiqué, en Matthieu 13-55, que Joseph est charpentier. Il est cité pour la dernière fois lors du pèlerinage familial à Jérusalem lorsque Jésus, âgé de douze ans, se trouve au temple (Luc 2, 41-50). La tradition chrétienne ainsi qu’une partie de la critique historique en ont déduit qu’il était mort avant que Jésus n’entre dans la vie publique.
Sa popularité reste aujourd’hui importante : patron de l’Église catholique dès 1870, saint patron des familles, des pères de famille, des artisans et des travailleurs.
1er mai : saint Joseph artisan
Pie XII, en 1955, institue la mémoire de saint Joseph artisan, en la fixant au 1er mai, jour de la fête du travail. En 2013, le Vatican demande que son nom soit mentionné dans les prières eucharistiques. Le prénom Joseph était très populaire au début du 20ème siècle et de nombreux établissements scolaires portent son nom. Désormais, la dévotion à saint Joseph semble trouver un nouvel élan. D’après Philippe Lefebvre, bibliste : « Dans l’Évangile de Matthieu, Joseph est le précurseur de Jésus. C’est le premier personnage que découvre le lecteur, faisant le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Nous avons à apprendre de Joseph ce désir de marcher avec Dieu. Il accepte de le suivre alors que la situation est compliquée. Il faut se rendre compte de cette difficulté à l’époque de prendre Marie chez lui alors qu’elle est déjà enceinte.
Au début du Nouveau Testament, Joseph et Marie sont là pour témoigner d’une manière d’être ensemble et d’être avec Dieu, qui nous concerne et sur laquelle nous pouvons prendre exemple. »
Présenté comme un homme sage et prudent, nous découvrons un homme fort parce qu’il est déterminé à suivre les indications du Seigneur.









