Saint Jean Paul II : ce qu’il a dit aux Albanais en 1993

St-jean-paul-IINous sommes le dimanche 25 avril 1993,  le pape Jean-Paul II se rend en Albanie pour une visite d’une journée. A cette occasion, il s’est adressé au président de la nation albanaise, aux autorités civiles, militaires et religieuses, évoquant la dureté de l’oppression du régime communiste. Dans les régimes totalitaires comme celui que vous avez connu, a-t-il fait remarquer à cette occasion, l’homme est privé de ses droits les plus fondamentaux : sa liberté de jugement et d’action, sa liberté de conscience. Une privation qui a souvent revêtu le caractère d’une indicible brutalité. Eglises de toutes confessions fermées,  prêtres qui administraient les sacrements condamnés à  mort. Croyants  persécutés, emprisonnés, frappés d’ostracisme dans tous les domaines.

Voici des extraits du discours du pape Jean-Paul II à Tirana le 25 avril 2014:
« Sur votre terre, flagellée  plus qu’aucune autre par la persécution, on reconnaît aisément les signes des anciennes catacombes chrétiennes et des cirques, où les témoins du Christ étaient jetés pour être déchirés par les bêtes sauvages.
Il s’est agi d’une dure lutte contre la religion, conforme au dogme intouchable du programme social et politique prôné par  l’idéologie communiste. Comme si  le moyen le plus nécessaire pour réaliser le “paradis sur terre”  tant désiré et affiché  était de priver l’homme de la force qu’il tire du Christ, force résolument condamnée comme une faiblesse indigne de la personne humaine. En réalité  plus qu’indigne, elle était plutôt dérangeante comme les faits l’ont démontré. En effet, l’individu, fort de l’énergie qui lui vient de la foi, n’accepte pas facilement d’être poussé dans l’anonymat collectif. »

« Ce qui est arrivé en Albanie, chers frères et sœurs, n’était jamais arrivé  auparavant dans l’histoire. C’est vrai, même durant l’empire romain il y a eu des persécutions brutales à l’encontre des chrétiens. Mais il s’agissait alors d’un Etat qui, au nom de la religion – celle païenne – combattait ceux qui suivaient l’Evangile du Christ. Ici, en revanche, l’Etat a cherché à anéantir toute expression religieuse au nom d’un athéisme radical, partie intégrante de son régime totalitaire. Tout ceci se passait  sans que personne ne puisse intervenir  pour défendre la dignité d’hommes privés de tout, dépouillés même de leur humanité, de leur liberté. »

« Votre drame, chers Albanais, intéresse et doit intéresser l’ensemble du continent européen, et il est nécessaire que l’Europe ne l’oublie pas. C’est la condition nécessaire pour ne pas retomber dans ces regrettables erreurs, mais aussi pour s’engager dans un authentique processus de réconciliation.
Rien de tel que la foi pour nous rappeler que, si nous avons un unique Créateur, nous sommes aussi tous frères ! La liberté religieuse est comme une forteresse contre le totalitarisme et une contribution décisive à la fraternité humaine. La véritable liberté religieuse évite la tentation de l’intolérance et du sectarisme et promeut  des attitudes d’un dialogue respectueux et constructif. Le peuple albanais – il me plaît de le rappeler en ce moment – est exemplaire à cet égard. Les trois grandes communautés religieuses entretiennent des rapports d’estime réciproque et de cordiale collaboration. »

Traduit de l’anglais par Elisabeth de Lavigne
sources: Radio Vatican  publié par Aleteia