Tandis que les touristes envahissent les terres bretonnes, les pardons, quelquefois méconnus, sont nombreux dans notre zone pastorale où nous en dénombrons 75 ! Un petit tour dans quatre de nos chapelles (une par paroisse).
15 août : Notre-Dame de Gwirmané en Perret
Sous l’Ancien Régime, Perret était une trêve de la paroisse de Silfiac (56) et dépendait du diocèse de Vannes. À la Révolution, cette paroisse faisait partie du doyenné de Gouarec.
La chapelle Notre-Dame de Gwirmané, restaurée au XXe siècle, a conservé, dans son chevet, un fenestrage du XIVe. L’édifice actuel, en forme de croix, date du XVIe. Son nom viendrait du breton Gwerc’h Manez (la Vierge de la colline). La chapelle renferme des statues anciennes : celle de la Vierge, bien entendu, saint Nicodème, patron de la paroisse, saint Patern, saint Maudez et saint Étienne. Sur la façade est, près de la verrière, un animal porte des armoiries qui seraient celles de Lancelot de Quénécan.
15 août : Notre-Dame de Lansalaün en Paule
Bijou niché en pleine campagne, la chapelle, située près du canal de Nantes à Brest, accueille un pardon authentique du Kreiz Breizh. Autrefois un pèlerinage menait des personnes depuis Cléden-Poher (29), par le halage, à Rostrenen, reliant les trois sites mariaux.
Édifice du XVIe siècle, la chapelle renvoie au culte de Salaün (version bretonne de Salomon). Elle est classée Monument historique depuis 1920. Cette chapelle possède aussi une verrière, datant de 1528, refaite à neuf en 2009, représentant l’arbre de Jessé. C’est probablement l’une des plus remarquables des Côtes d’Armor. Le mobilier et la statuaire sont intéressants : tribune de 1719, autel en bois polychrome, trois statues en bois évidé et peint, sans oublier celle de la Vierge : Marie foule aux pieds un démon mi-femme, mi-serpent.
Mentionnons aussi de belles bannières restaurées, particulièrement celles de sainte Paule et de Notre-Dame-de-Lansalaün.
Saint-Lubin en Kergrist-Moëlou
Au Moyen-Âge, Moëlou dépendait du diocèse de Quimper. Le chef-lieu de paroisse était à l’origine « Coz Iliz » (vieille église) et se trouvait au village de Saint-Lubin, à mi-chemin entre Rostrenen et Kergrist-Moëlou. Si l’église de Kergrist, un des derniers vestiges d’une époque florissante, est un des plus riches joyaux architecturaux de Cornouaille, la chapelle de Saint-Lubin mérite la visite. Édifice du XVIe/XVIIe, il comprend un clocher ouvert et est entouré d’un cimetière.
Sa particularité réside dans son ossuaire qui date du XVIe siècle. Elle est placée sous le double patronage de saint Pierre et de saint Lubin, ce dernier étant invoqué pour guérir les rhumatismes, les pèlerins s’aspergeaient les parties malades avec l’eau de la fontaine située un peu plus loin.
Le pardon y est célébré le quatrième dimanche d’août.
La chapelle de Notre-Dame-de-Sélédin

Dans la petite commune de Plussulien de 507 habitants. Le pardon y est également célébré le dernier dimanche d’août.
Véritable phénix de pierre, cette chapelle a connu plusieurs incendies et reconstructions dans son histoire mouvementée. L’édifice actuel, incendié en 1783, a été reconstruit la même année comme l’indique l’inscription sur la porte. Il est en forme de croix latine. Sur les portes on retrouve les armes des Gallouedec. Les boiseries remontent au XVIIe : un retable de qualité, le banc des chanteurs, petite tribune équipée d’un lutrin, sans oublier de très belles statues : Notre-Dame-de-Sélédin et sainte Barbe.
Dans la campagne de Plussulien vous pouvez faire un voyage au temps du néolithique dans la carrière de Quelfennec ; en contrebas de ce site historique, la chapelle veille sur la mémoire des carriers.
À la Révolution, la chapelle fut vendue comme bien national à des paysans aisés du village de Kergluche. En 1806, ils la rendirent à la fabrique (organisme de gestion financière d’une église avant la loi de 1905).









