Maximin, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Maximin Alligbonnon, j’ai 62 ans et je suis natif de Cotonou, la capitale du Bénin. Mon père était employé dans une société et ma mère était couturière. Je suis l’aîné d’une famille de huit enfants. Pour ma scolarité, je suis allé en primaire dans une école catholique. Dès la 6ème, je suis entré au petit séminaire de Cotonou et j’y suis resté jusqu’à mon bac. J’ai ensuite été au grand séminaire, à Ouidah, durant 7 ans.
Tu es né dans une famille chrétienne ?
Oui, chrétienne et pratiquante. Mes grands-parents paternels étaient animistes mais mon père s’est différencié du reste de la famille en se faisant baptiser pour devenir catholique. Il était membre de l’équipe pastorale, l’équivalent ici de l’EAP (Équipe d’Animation Pastorale).
Quand est venue ta vocation ?
C’est lorsque j’étais en CM1. J’étais servant d’autel à la messe et j’éprouvais l’envie de devenir prêtre comme ceux que je servais. Pour entrer au petit séminaire il fallait réussir des tests. Nous étions 20 élèves en 6ème et 12 sont devenus prêtres. À cette époque, les prêtres de paroisse et les enseignants étaient principalement des Français. Aujourd’hui, les catholiques représentent 25% de la population, les protestants 20%, les musulmans 28% et le vaudou 12%.
Comment se sont passées tes études au grand séminaire ?
Elles ont débuté par trois années de philosophie, suivies de trois années de théologie et une année de stage que j’ai effectuée auprès de notre évêque. J’ai été ordonné le 8 décembre 1990, j’avais 27 ans.
Quel fut ton parcours ensuite ?
Après avoir été quelque temps vicaire auprès de l’évêque, j’ai été nommé aumônier de la jeunesse pour notre diocèse ; j’étais le premier Béninois à occuper ce poste, avec un prêtre français comme associé. Après trois années, l’évêque m’a demandé de reprendre des études en Côte d’Ivoire, à l’institut Catholique de l’Afrique de l’Ouest. En 2 ans, j’ai passé une licence et une maîtrise en théologie morale, c’est-à-dire le regard que porte l’Église sur la société en général. J’ai rédigé un mémoire de fin d’études qui avait pour thème « La vie en milieu Fon (mon ethnie), ce que les concepts peuvent apporter à la théologie universelle. »
Et ensuite ?
J’ai enseigné, durant 3 ans, au grand séminaire de Ouidah, les trois matières suivantes : la théologie morale, l’histoire de l’Église et la patrologie ; la patrologie est l’étude des Pères de l’Église qui, pour la plupart, sont devenus saints comme saint Augustin. Ensuite, j’ai été nommé curé en paroisse dans différents lieux du diocèse, au sud du Bénin. J’ai été également aumônier d’hôpital. Je connais le père Cosme qui fut curé d’une paroisse voisine de la mienne.
Connaissais-tu la France ?
J’étais venu effectuer deux remplacements d’été, le premier à Nice où l’évêque avait été l’un de mes professeurs au grand séminaire et un second en région parisienne, avec la congrégation Saint-Sulpice.
Comment s’est prise ta décision de venir en France ?
Depuis quelques années, j’avais formulé ce souhait auprès de notre évêque et, comme je terminais une mission en paroisse, il m’a proposé ce nouveau challenge. Nous sommes douze prêtres du diocèse de Cotonou dans différentes régions françaises. Récemment, j’ai rencontré Monseigneur Moutel que je ne connaissais pas. J’ai transmis ses salutations à mon évêque en lui mentionnant la chance que j’avais d’avoir un curé aussi formidable que le père Gaëtan. Originaire du Togo, pays voisin du Bénin, le père Delphin, également prêtre coopérateur, réside aussi au presbytère où j’apprécie l’ambiance fraternelle de travail avec les salariées et les bénévoles.
Qu’est ce qui t’a surpris en arrivant chez nous ?
Ici, les habitudes ne sont pas les mêmes mais j’ai été impressionné par le sens de l’accueil, un peu comme en Afrique. Pour reprendre une expression française, « on n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe », on ressent une attente à laquelle nous devons répondre. J’ai été marqué par la place des laïcs qui sont plus investis ici qu’au Bénin. En tant que prêtre, nous avons une place à prendre. Je repense à la visite que j’ai effectuée avec Gaëtan chez un centenaire, au Haut-Corlay, nous avons senti que notre présence était appréciée. Je suis allé également préparer, avec le mari, les obsèques d’une dame âgée de la paroisse de Gouarec. Je me suis promis de retourner le voir.
Quels contacts gardes-tu avec le Bénin ?
Ici, une fois par mois, je retrouve les autres prêtres béninois du diocèse. La dernière fois, nous étions huit à Châtelaudren, dont Cosme. Nous avons mangé des mets du pays. Je communique par WhatsApp avec ma famille. Mes parents sont tous les deux décédés et je prends des nouvelles de mes frères et sœurs et de leurs proches. J’ai un frère à Paris, marié à une Française. Ils ont deux enfants et ils doivent venir me rendre visite.
Apprécies-tu la Bretagne ?
Oui, et d’ailleurs Gaëtan m’a, dès mon arrivée, emmené à un Pardon, à Gouarec où j’ai ensuite mangé une galette-saucisse et assisté à un fest-noz. J’ai admiré les qualités de danseur de Gaëtan mais j’ai préféré regarder ! Au presbytère, j’apprécie le repas des prêtres de notre zone pastorale chaque jeudi midi. Les pères Éric et Peter nous rejoignent et ils nous enrichissent de leurs expériences. Ici j’ai appris le formidable travail du père Christian Steunou à Davougon. Je ne le connais pas mais j’espère le rencontrer.
Merci Maximin !






