Pourquoi chanter en breton ?
Depuis quelques mois, un petit groupe de personnes de nos différentes paroisses se retrouve pour chanter en breton. Au-delà des imperfections de débutants qui veulent bien progresser, de quelques timides encouragements et d’incompréhensions plus ou moins exprimées à utiliser une langue autre que le français, pourquoi chanter en breton ?
Une langue pleine de vitalité
Notre langue bretonne, celle de notre territoire, celle de nos aînés et celle d’enfants scolarisés et de jeunes et adultes qui l’apprennent aujourd’hui, n’est pas une langue morte. Serait-elle morte qu’elle continuerait à véhiculer toute l’âme d’un peuple et ce que sa culture retient des âges. Notre langue bretonne n‘est pas moribonde. Le serait-elle, aux dires de certains mal informés, que nous aurions un devoir collectif d’assistance. Il en est ainsi pour toutes les langues, pour toutes les cultures. Qu’elles soient en positions dominantes ou plus fragiles, elles expriment toutes, sans distinction, un rapport particulier au monde et aux compréhensions qui en émanent.
Il est assez réjouissant de constater, par exemple, que l’on ne se salue pas de la même manière selon les langues et coutumes. Ce qui se dit en une langue particulière ne se dit pas exactement avec les mêmes mots dans une autre. Nous savons aussi combien il peut être si difficile de traduire une émotion ou un texte et combien il peut paraître compliqué de trouver une définition dans une langue différente. Gageons que, dans nos églises comme dans l’espace public, il y a largement de quoi accueillir une multitude de langues et de cultures. Soyons donc fiers de pouvoir apporter notre langue et notre culture au cœur même de nos célébrations !
Des textes qui nous parlent de piété populaire
Nos cantiques, et tout particulièrement ceux que nous pouvons encore chanter lors des pardons, sont d’anciens écrits tout à fait respectables. Écrits, il est vrai, avec un style qui peut dissoner avec ceux, bien plus récents, que nous chantons en français, ces cantiques nous parlent d’une piété populaire accessible, en prise directe avec une foi profonde, sincère.
L’adjectif « populaire » n’a ici aucune connotation péjorative. Il s‘agit de ce qu’un peuple, par sa langue et par sa culture, peut donner à voir de ce qu’il découvre du message universel.
Apprendre, ou tout au moins découvrir une langue par le chant n’est pas de l’ordre de l’impossible. La mélodie porte le texte. La prononciation s’acquiert peu à peu à la manière de textes que nous pouvons lire ou chanter en anglais ou en latin, sans en comprendre toujours, au premier abord, toute la signification. C’est bien la répétition et le plaisir de chanter avec d’autres qui permettront d’exprimer ce que nos pauvres mots du quotidien ont tant de mal à dire du message contenu au creux des refrains et couplets chantés. Il est ainsi envisageable de se constituer un catalogue suffisamment riche de textes qui existent au sein même de nos paroisses. Ce trésor n’attend que des volontaires pour s’en emparer et pour le diffuser largement.
Un rendez-vous mensuel, le deuxième mardi de chaque mois
Chaque deuxième mardi du mois, une répétition de chants en langue bretonne est proposée.
Rendez-vous à la salle paroissiale du presbytère de Rostrenen (4, rue Joseph Pennec) de 16 heures à 17 heures. Un à deux chants peuvent être étudiés lors de chaque séance.
René Le Meur
Les cantiques en breton propres à chaque Pardon des paroisses de Haute Cornouaille sont disponibles sur ce site internet.






