Pardon de ND de Rostrenen

14 et 15 août 2016: Pardon de ND de Rostrenen présidé par Mgr Fruchaud dont voici les homélies:
(Les photos et la vidéo sont tout en bas après les homélies…)

Pardon de Notre-Dame de Rostrenen

Assomption de la Vierge Marie

Dimanche 14 août 2016

Messe de la veille au soir à la Collégiale

Avec Marie, sur le chemin de la Miséricorde

  • 1 Ch 15, 3-4.15-16; 16,1-2
  • Ps 131
  • I Co 15, 54b-57
  • Lc 11, 27-28

Entendre la Parole de Dieu et la garder

L’évangile de ce soir nous rapporte un petit évènement de la vie publique de Jésus. Un jour qu’il s’adressait à la foule qui était autour de lui, une femme, sans doute très marquée par la parole de Jésus, s’écria « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles et qui t’a nourri de son lait ! »  En guise de réponse Jésus déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent. »    Quelle Parole de Dieu sommes-nous invités à entendre ce soir ?

En cette année du Grand Jubilé de la Miséricorde voulu par le Pape François, alors que vous avez sans doute, tous, déjà franchi une ‘Porte Sainte’ soit dans un lieu de grand pèlerinage comme à Rome, Lourdes ou dans le diocèse à Tréguier ou au Sanctuaire Marial de Notre-Dame de Toute-Aide à Querrien, nous vivons ensemble ce soir ce Pardon de Notre-Dame du Roncier en demandant à Notre-Dame, en cette grande fête de l’Assomption,  de nous aider à recevoir cette miséricorde de Dieu, largesse de son amour ; à en vivre pleinement nous-mêmes et à l’offrir largement à nos frères. La Parole qu’il nous faut entendre ce soir n’est-elle pas celle-ci : « Soyez miséricordieux comme le Père est miséricordieux ! » Laissons-nous ce soir conduire par Marie sur le chemin de la miséricorde

Dans une récente catéchèse du mercredi le Pape François nous a dit ceci : « Les œuvres de miséricorde ne sont pas des thèmes théoriques, mais ce sont des témoignages concrets. Elles obligent à se retrousser les manches pour soulager la souffrance. La miséricorde n’est pas un mot abstrait, c’est un style de vie. Je choisis de vivre miséricordieux ou je choisis de vivre non miséricordieux. »

Comme nous y invite le Pape François, choisissons de vivre la miséricorde. Alors pour faire ce choix quel style de vie de miséricorde allons-nous adopter ?

  1. Prendre conscience de la manifestation de la miséricorde de Dieu à notre égard.

N’avons-nous pas tous faits dans notre propre vie l’expérience de la miséricorde de Dieu à notre propre égard. Combien de fois nous nous étions égarés, l’oubliant, ne pensant qu’à nous, demeurant repliés, fermés sur nos seules préoccupations et nos petits soucis. Le Seigneur n’a-t-il pas eu la bonté, par un frère, par une parole entendue, par un temps de grâce accueillie, de nous remettre dans le droit chemin, de nous montrer la route à suivre et de nous accompagner sur son chemin de Vie. Soyons vrais, si nous sommes ici ce soir c’est que le Seigneur a fait preuve à notre égard d’une grande miséricorde. Comment ne chercherions-nous pas à en témoigner en en faisant notre style de vie quotidien. Mais cela ne suffit pas.

  1. Retrouver Celui qui est l’Essentiel de nos vies dans la vie de nos frères.

Conscients de cette grande miséricorde de Dieu à notre égard n’aurions pas à chercher chaque jour à retrouver Celui qui est l’Essentiel de nos vies dans la vie de nos frères. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire tourner davantage nos regards vers le Christ. Regarder Jésus vivant dans toutes les personnes que nous rencontrons : chaque membre de notre famille, celui qui réussit comme celui qui peine ; le voisin proche à qui nous adressons si rarement la parole ; celui que nous évitons parce qu’il nous insupporte ; le malade que nous n’allons jamais voir parce que cela n’est pas dans les coutumes et qui reste seul et sans visite … Combien de fois nous passons devant des situations de pauvreté, d’isolement, de dénuement dramatiques sous prétexte que ce sont pas les habitudes du pays, les démarches bien convenues. Ne devrions-nous pas alors entendre Jésus nous dire : ‘Je suis dans toutes ces personnes et tu me délaisses’.

Faire de la miséricorde notre style de vie c’est tendre vers Celui qui est l’Essentiel en allant à la rencontre de toutes ces situations humaines de pauvreté et de détresse même si cela doit bousculer nos habitudes de faire, nos comportements ordinaires. Ne passons pas devant des situations de souffrance en restant de grands indifférents. Cette indifférence finit par rendre hypocrites sans que nous nous en rendions compte et nous conduit à une forme de léthargie spirituelle.

Tendons vers Celui qui est l’Essentiel de nos vies et que nous rencontrons dans la vie de tous nos frères.

  1. Recherchons ensemble de nouvelles modalités d’action pour témoigner de la miséricorde

Nous le savons bien, notre monde se fragilise fortement, certaines pauvretés matérielles se multiplient, les déplacements forcés de populations nous atteignent, les pauvretés spirituelles s’accroissent jusque dans nos propres familles, donnons place à l’imagination de la charité et de la miséricorde. De cette façon la voie de la miséricorde deviendra toujours plus concrète.

Votre évêque m’a permis de lire toutes les remontées jusqu’à ce jour des 950 équipes synodales. J’ai beaucoup prié et médité avec tout ce que vous avez écrit et que j’ai eu le bonheur de pouvoir lire. Vous avez mis en valeur les grands besoins de notre temps, des personnes qui vous entourent. Le besoin de miséricorde vous le mentionnez comme immense et il l’est bien. Vous saurez poursuivre cette réflexion et inventer des modalités nouvelles d’action pour permettre à la miséricorde de Dieu d’atteindre chaque personne et de leurs permettre de découvrir combien elles sont respectables, aimées de Dieu, grandes à ses yeux et qu’elles ont du poids dans le creux de sa main.

Demandons à Notre-Dame, en cette fête de l’Assomption et en ce Grand Pardon, de nous aider à faire de la miséricorde notre style de vie en rendant grâce à Dieu pour son immense miséricorde à notre égard ; en retrouvant toujours Celui qui est l’Essentiel de nos vies comme dans la vie de nos frères, et en recherchant ensemble de nouvelles modalités pour témoigner de la Miséricorde. Que ce soit l’essentiel de notre prière tout au long de notre procession qui nous conduira tout à l’heure sur les hauteurs de Rostrenen.

Laissons-nous conduire par Marie sur le chemin de la miséricorde.


Assomption de la Vierge Marie

Lundi 15 août 2016 – 10 h 30
Messe du jour à la Collégiale

Avec Marie, sur le chemin de la Miséricorde

Ap 11, 19a; 12, 1-6a.10ab
Ps 44
I Co 15, 20-27a
Lc 1, 39-56

« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge…  ».

Lorsque Elisabeth accueille Marie elle s’écrie «Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». Ce qui rend Marie « heureuse », c’est qu’« elle a cru ».

Elle a cru dans ce que le Seigneur lui annonçait. Dès son « oui », dès le premier instant de son acceptation, dans son corps s’est incarné le Verbe de Dieu, la ‘Parole’ éternelle. Dès son premier élan de don et d’abandon total entre les mains de Dieu elle nous donnait la source d’eau vive. Elle donnait au monde cette source de miséricorde qui jaillirait, quelques trente ans plus tard, du coté transpercé du Christ lui-même, corps et sang livrés pour que le monde ait la vie. C’est de ce corps et de ce sang que le Christ dira à la veille de mourir sur la croix : « Voici mon corps livré, voici mon sang versé … pour que le monde ait la vie ». A cette source de vie et de miséricorde, depuis 20 siècles, le peuple de Dieu vient s’abreuver. A cette source de vie et de miséricorde nous puisons, nous-mêmes, chaque jour.

En ce grand jour où nous fêtons Marie dans le mystère de son Assomption dans la Gloire du Ciel, rendons grâce pour le don de cette source de vie et de miséricorde qu’est le Christ et entendons la Vierge nous inviter à nous laisser inonder par cette source vivifiante et miséricordieuse.

Mais que contient cette source vivifiante et miséricordieuse ? Le contenu profond de cette source nous le trouvons dans le grand chant d’action de grâce que Marie laissa monter vers le Seigneur le jour où elle arriva chez sa cousine Elisabeth. Le contenu de cette source vivifiante et miséricordieuse se trouve décrit dans les versets que nous prions chaque jour avec le Magnificat : « Le Puissant fit pour moi des merveilles …  Sa miséricorde s’étend d’âge en âge … Il renverse les puissants … il élève les humbles … comble de biens les affamés … »  Il n’y a pas de plus beau cantique qui exalte la Miséricorde de Dieu que celui que Marie laissa jaillir en entrant chez sa cousine Elisabeth. Ce matin avec Marie nous pouvons reprendre ce cantique à notre compte. Faisons-le quelques instants ensemble.

« Le Puissant fit pour moi des merveilles »

La grande merveille que Dieu fit en Marie c’est d’en faire la mère de son Fils, c’est de lui permettre d’accueillir en elle Celui qui allait apporter le Salut au monde ; Celui qui allait se montrer le plus miséricordieux des hommes même à l’égard de ses bourreaux ; Celui qui allait ouvrir devant nous, et pour toutes les générations tout au long des siècles, les portes de la miséricorde.

Ce matin, en cette grande fête de l’Assomption, en ce grand jour de Pardon, comme il est important pour chacun de nous de contempler les merveilles que Dieu a accomplies dans nos vies. Pour chacun de nous ne s’est-il pas montrer le ‘Dieu plein de tendresse et de miséricorde’. Il nous a donné cette grande richesse qu’est la Vie ; il nous a donné cette autre richesse si précieuse qu’est la Foi ; il nous a permis de construire notre vie sur des valeurs solides, celles de l’Evangile : valeurs de justice et de paix, d’amour et de pardon, de fraternité et de respect des autres. Il nous a offert cette merveille de la connaître, de l’aimer, de pouvoir venir nous ressourcer en Lui pour recevoir sa Vie et son Pardon. Oui, avec Marie nous pouvons dire : « Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, saint est son nom ! »  Je vous invite ce matin, par l’intermédiaire de Marie, à ‘rendre grâce’ au Seigneur pour les merveilles dont il vous a comblés, chacun de vous, personnellement.

« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge. »

Déjà, dans son chant d’action de grâce Marie chantait la miséricorde de Dieu. Même jeune elle connaissait suffisamment l’histoire de son peuple Israël pour savoir que souvent il s’était éloigné de son Seigneur. Sans cesse le Seigneur lui avait pardonné ; avait déployé largement sa miséricorde.

Cette grande miséricorde, Dieu n’a jamais cessé de la déployer largement. Aujourd’hui il la déploie encore pour notre monde qui en a tellement besoin. Dans son ‘Magnificat’ Marie chantait : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge … Il renverse les puissants … il élève les humbles … comble de biens les affamés … »  N’est-ce pas ce que Dieu désire accomplir encore en notre monde aujourd’hui. Tous les temps ont eut besoin de la ‘miséricorde de Dieu’ et notre temps en a particulièrement besoin. Qui d’entre nous pourrait prétendre qu’il n’a pas été troublé – et l’est encore – par les évènements douloureux qui frappent bien des pays du monde et tout particulièrement notre France. Tous les attentats qui nous ont marqués depuis des mois et l’assassinat monstrueux, le 26 juillet, du Père Jacques Hamel alors qu’il célébrait la messe, nous a tous bouleversés et plongés dans l’inquiétude et la peur. Nos réactions pourraient être celles du ‘dent pour dent’ condamné par Jésus. Mais nous voici amenés à contempler ce que Jésus a fait quand il a été cloué sur la croix. La grande prière qu’il a fait monter vers son Père fut : « Père pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Il est évident qu’il nous faut tout entreprendre pour éradiquer ce fléau actuel mais nos armes les plus sophistiquées, nos forces militaires les plus puissantes et nécessaires ne viendront jamais à bout à elles seules de ces fanatismes religieux. Il nous faut, à la suite du Christ, comme Marie le chantait dans le ‘Magnificat’, nous faire un cœur miséricordieux. Seul l’amour triomphera de la haine, seul le pardon sera chemin de vie. Marie, au pied de la croix, n’a pas proféré d’injures ou de menaces, elle a reçu dans ses bras le corps crucifié de son fils et elle s’est offerte, avec son fils, pour le salut du monde.

Frères et sœurs, ce matin, en cette grande fête, chacun de nous entendons ce grand appel que, par l’intermédiaire de Notre Dame, le Seigneur nous adresse : ‘Comment, toi-même, chaque jour, dans toute tes relations familiales, professionnelles, de voisinage comme dans tes jugements sur les évènements de notre monde …  oui !  Comment vis-tu la miséricorde, comme es-tu miséricordieux dans toute ta vie ?’

Si nous le sommes, si nous devenons miséricordieux notre monde peu à peu le deviendra !
En ce jour le Seigneur nous demande d’être ‘miséricordieux comme le Père est miséricordieux.’

Demandons cette grande grâce par l’intercession de Marie. Elle nous conduit aujourd’hui sur le chemin de la miséricorde.

Et comme les Evêques de France nous le demandent prions pour notre pays ; prions pour la France. Depuis des siècles, le 15 août a toujours été une journée de prière pour la France. La Vierge Marie, en cette fête de son Assomption, est honorée comme patronne principale de la France. Que notre pays et tout ce que nous y vivons soient dans notre prière afin que nous puissions tous, dans notre diversité, vivre dans la paix.


Lundi 15 août 2016 – 10 h 30
Célébration vespérale – 15 h 30

Avec Marie, sur le chemin de la Miséricorde

Ps 121
Ps 126
Ct NT 4
I Co 15, 22-23

Faire de la ‘Miséricorde’ notre style de Vie

En cette grande fête de l’Assomption de la Vierge Marie, tout au long de ce Pardon à Notre Dame, nous nous sommes remis entre les mains de la Vierge Marie pour qu’elle nous conduise sur  le chemin de la Miséricorde.

Hier au soir, sous le regard de Marie et à l’invitation du pape François, je vous ai proposé de bien prendre conscience de la grande manifestation de Dieu de la miséricorde de Dieu à l’égard de chacun, de retrouver dans la vie de nos frères Celui qui est l’essentiel de nos existences humaines et à rechercher ensemble de nouvelles modalités d’actions pour témoigner de la miséricorde.
Ce matin au cours de l’Eucharistie, toujours en demandant à Marie de nous conduire sur les chemins de la miséricorde je vous ai invités à prendre ce chemin dans la confiance malgré la difficulté des temps et les grandes secousses qui ébranlent notre monde, qui n’épargne pas notre pays de France pour qui nous prions tout particulièrement en ce jour. Seuls les actes de miséricorde que nous poserons sauveront le monde.
Ce soir c’est un nouvel appel à demeurer dans le Christ que je voudrais vous adresser en quelques mots.

Les quelques versets de la première lettre de saint Paul au Corinthiens que nous venons d’entendre nous redisaient : « C’est dans le Christ que tous revivront ».

Depuis 20 siècles que le Christ est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie, le monde et au cœur de ce monde l’Eglise ont traversé bien des tempêtes. Comme sur le lac de Galilée une nuit de tempête la barque de Pierre fut bien ballottée, la barque de l’Eglise a été secouée, certains auraient bien aimés qu’elle coule. Jamais elle n’a sombré. Elle n’a jamais sombré parce que toujours nous avons laissé le Christ piloté la barque. Saint Paul avait bien raison d’écrire aux Corinthiens : « C’est dans le Christ que tous revivront ».

Aujourd’hui encore la barque de l’Eglise est bien agitée. Certains voudraient la voir couler. Beaucoup s’imaginent qu’elle est nécessaire en rien. Certaines lois sont établies non conformes à l’Evangile. Des hommes conduits par des forces maléfiques viennent égorger, tuer dans les sanctuaires les plus sacrés.
Cette situation est bien la nôtre. Nous n’avons pas à nous voiler la face. Mais cette année de la Miséricorde vient juste à point pour nous redire de ne pas avoir peur. Tout en reconnaissant et dénonçant le mal quel qu’il soit, tout en luttant de toutes nos forces pour endiguer ce mal par les moyens les plus justes, il nous faut entendre le Christ nous redire ce soir : « N’ayez pas peur ! Ne cédez pas aux désirs de vengeance qui pourraient monter en vous ! Imitez-moi, comme j’ai été miséricordieux, soyez miséricordieux. Seul l’amour et la miséricorde triompheront du mal quel qu’il soit. »

En cette année jubilaire de la Miséricorde et ce soir, au terme de ce Pardon en cette fête de l’Assomption, le  Christ nous dit : ‘faites de la miséricorde votre style de vie, c’est en moi que vous vivrez, n ayez pas peur car je serai toujours avec vous-même au cœur des plus violentes tempêtes. »

Comme les évêques de France nous le demande prions ce soir tout partioculièrement pour la France.

Par le chant du Magnificat qui va jaillir de nos voix et s’élever sous les voutes de cette collégiale, demandons à la Vierge Marie, la Toute Sainte dans la Gloire du ciel, de nous conduire sur ce chemin de la miséricorde.

Marie, soit pour chacun de nous, pour nos familles, nos paroisses, nos diocèses et toute l’Eglise, tout particulièrement celle de France, la Mère de tendresse et d’amour qui nous conduit tous sur les chemins de Miséricorde, aujourd’hui et toujours. Amen.

Photos et vidéo: Raymond Géléoc

 

Pardon ND de Rostrenen 2016

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