Kuzhet evel un neizik war vordig ar c’hanol, En-dro dezhi brouskoajoù, reier, lann ha banal,
E kaver ur chapelig, ur gaer ar berlezenn, Lorc’h parrez Melioneg, dudi ar gristenien.
Cachée comme un petit nid au bord du canal, Entourée de taillis, rochers, ajonc et genêt, Se trouve une petite chapelle, une belle perle, Fierté de la paroisse de Mellionnec, plaisir des chrétiens.
Édifiée dans les années 1520 par Jean de Boutteville, recteur de Mellionnec, à la limite des diocèses de Vannes et de Cornouaille, se tient, solitaire dans un décor admirable, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié. À ses pieds, le beau plan d’eau du canal.
Vers 1875, l’abbé J.M. Le Mercier, recteur de Mellionnec pendant 13 ans, qui eut toujours à cœur de favoriser les pardons, composa le cantique « Itron Varia Druez ». À cette époque, le pardon de Saint-Gildas y était célébré le 29 janvier et le pardon de Notre-Dame-de-Pitié au mois de septembre.
La chapelle se caractérise par la voûte en berceau, des poutres transversales dévorées aux extrémités par des gueules de monstres (engoulants) et, sur les poutres latérales (sablières), des frises de personnages et animaux sculptés. Au chevet, la verrière en ogive est parée d’un vitrail réalisé en 1994 et rénové tout récemment. La découpe en pierre représente une fleur de lys, symbole de l’union de la Bretagne à la France, convenue lors du mariage de la Duchesse Anne avec le Roi Charles VIII.
La chapelle, fierté de Mellionnec, a été, de tous temps, l’occasion de témoigner de la grande ferveur des paroissiens envers la Vierge Marie, fille de sainte Anne, patronne des Bretons. « Marie se tenait debout au pied de la croix » nous dit l’Évangile. Il est cependant une autre image qu’aimait nos ancêtres, celle de Marie assise, recevant sur ses genoux le corps ensanglanté de Jésus descendu de la croix, une Pietà…, Notre-Dame-de-Pitié…, Notre-Dame des Douleurs.
C’est cette Vierge de Pitié que des générations de fidèles sont venues honorer et prier en sa chapelle au bord de l’eau. Longtemps, ce pardon fut l’occasion d’une grande fête champêtre de l’amitié, avec repas, jeux, buvette et crêpes.
De nos jours, les paroissiens, s’ils sont moins nombreux, témoignent encore de leur attachement à la Vierge de Pitié et à sa chapelle. À quelques dizaines de mètres, devant la fontaine de la Vierge, se tient traditionnellement le tantad qui nous réunit et emporte nos mauvaises pensées, nos mauvaises actions.
Itron Varia Druez, pedit evidomp !













