D’où vient l’usage des cierges d’autel ? Avant le christianisme, les Romains faisaient brûler des cierges devant les idoles ou pour honorer certains dignitaires de l’Empire. Ils les allumaient aussi pour les cérémonies funéraires.
S’il est vrai que, dans l’Église primitive, les cierges ont répondu à la nécessité de s’éclairer, ils avaient aussi un sens symbolique qui justifiait leur utilisation diurne dans un but cultuel. Au 5ème siècle, saint Jérôme fait remarquer : « Dans tout l’Orient, on allume des cierges pour lire l’Évangile quand le soleil brille : ce n’est point pour chasser les ténèbres, mais en signe de joie. »
La liturgie étant pleine de symboles, ainsi en est-il de l’usage des cierges : bien au-delà d’une fonction d’accessoires décoratifs, ils expriment le mystère divin par leur nombre, leur disposition, leur aspect et par le symbolisme qui plonge ses racines dans les textes bibliques.
La fabrication des cierges
La fabrication des ciergesest réalisée suivant un processus artisanal qui utilise des techniques ancestrales. Les cierges sont fabriqués à partir de trois types de cire.
- La cire d’abeille : c’est une matière naturelle produite par les abeilles, utilisée en raison de sa couleur naturelle, de son parfum agréable et de sa combustion lente.
- La paraffine : c’est une cire minérale dérivée du pétrole, pouvant être mélangée à de la cire d’abeille pour rendre le cierge plus dur et en améliorer la combustion.
- La cire végétale, dérivée de plantes comme le soja ou le palmier, peut être une alternative écologique à la paraffine.
Depuis des années, de nombreuses paroisses s’approvisionnent à la ciergerie Le Clanche, située sur les quais du quartier de Saint-Goustan, à Auray, haut-lieu du patrimoine touristique de la région.
Cette ciergerie familiale perpétue la tradition depuis plus de trente ans. Elle fabrique des bougies à l’ancienne. Les mèches de coton sont plongées dans un bain de paraffine liquide, chauffée à 55°. La température est très importante. Contrairement aux industriels, la ciergerie n’utilise pas de moules et peut adapter la taille et la grosseur des cierges suivant la demande. Le résultat est une bougie de qualité qui brûle bien plus longtemps que les bougies industrielles.
La période de Pâques est particulièrement chargée, la partie liturgique représente 90 % de l’activité. Les nouveaux cierges, servant pour l’année liturgique dans les églises, sont bénis lors de la veillée pascale.
Chaque année, la petite ciergerie produit près d’un million de cierges et veilleuses : « C’est peu quand on pense que nos concurrents en fabriquent au kilomètre, » confie Marcel Le Clanche. « J’ai appris sur le tas, dit-il, étant donné que c’est notre maman, Odette, qui, la première, s’est lancée dans l’aventure. »
Si, côté fabrication, Joël est aux manettes, Marcel, lui, est préposé à la vente. Pour écouler les stocks et faire rayonner la petite entreprise, il sillonne les routes du Grand Ouest. « Les paroisses sont particulièrement demandeuses pour les églises et chapelles, mais pas seulement car nous recevons des commandes très spéciales pour les châteaux, pour des chandeliers, par exemple. »
La famille Le Clanche reste attachée à ses produits : « Nous proposons aussi des bougies d’ornement mais, souvent, les gens ne les brûlent pas. Or, pour la survie de l’entreprise, les bougies doivent brûler. »
Les temps sont difficiles, mais la demande reste présente. Les cierges et bougies matérialisent souvent une espérance. Dans ces temps incertains, les gens aménagent des lieux de prière chez eux et la piété populaire continue de faire brûler des cierges en l’honneur de la Vierge et des saints.
:« Moi je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8 – 12)
Les cérémonies, éclairées à la bougie, étaient, pour les croyants, un rappel des paroles du Christ : « Moi je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8 – 12)
Comme la ciergerie, continuons d’entretenir la flamme !
Joël Le Biavant
Sources : bulletin de Gourin, Ouest-France, Le Télégramme)









