Kenavo, Job Lec’hvien

 

clip_image002Le 3 juillet dernier, ont été célébrées à Ploubazlanec, les obsèques de l’abbé Lec’hvien qui y était né il y a 96 ans.

Après des études à Tréguier, Paimpol et Lannion, il entre au grand séminaire de Saint-Brieuc et est ordonné prêtre en 1945.

Sa première nomination fut celle de vicaire de Plésidy et d’instituteur à l’école Saint Pierre, aujourd’hui collège Diwan. Il y restera 25 ans, « jouissant de l’estime de ses élèves et de la population, pour sa gentillesse, son autorité et son caractère bien trempé, » comme le notait l’abbé Maurice Sauvé dans son mot de présentation lors des obsèques à la chapelle du Cèdre.

En 1970 il est nommé recteur de Kergrist-Moëlou et de Trémargat, jusqu’à sa retraite en 1998.

L’abbé Sauvé notait également : « Il s’y fit remarquer par sa proximité avec les gens qu’il savait rejoindre aussi bien sur un terrain de foot (il participe à la création de l’union sportive kergristoise) que sur le chantier de restauration de la chapelle de Notre-Dame de l’Isle (dont nous reparlerons ultérieurement). »

 

Il se passionnait aussi pour la traduction de la Bible en breton, directement à partir de l’hébreu, et reçut, en 1988, le prix Xavier de Langlais pour la qualité de sa traduction.

En retraite à Loguivy-de-la-Mer, il est toujours resté disponible et, tant que la santé le lui permit, a répondu aux sollicitations des curés de Paimpol et de Tréguier.

 

L’abbé Yann Talbot, dans son homélie, à l’église de Ploubazlanec, insistait plus particulièrement sur son investissement pour la cause bretonne, soulignant qu’il avait plusieurs « casquettes ».

« Mais c’est surtout par son travail pour la langue bretonne dans la liturgie et la vie de l’Eglise qu’il s’est fait connaître,
œuvre impressionnante poursuivie pendant 60 ans et qui lui a valu de recevoir le collier de l’Hermine.

 

Jusqu’à l’extrême fin, il a pianoté sur son ordinateur pour fournir aux bretonnants les outils nécessaires pour leur vie spirituelle. »

Comme l’a rappelé l’abbé Sauvé « il est entré au Cèdre fin avril, il n’y restera que deux mois, affrontant avec courage un mal qu’il savait irrémédiable. Jusqu’au bout il a travaillé pour la traduction en breton de la lettre du pape François sur la miséricorde. »

 

« Que cette miséricorde lui soit acquise et qu’il jouisse maintenant du repos éternel promis aux bons serviteurs ! »

 

Et l’abbé Talbot de conclure : « Bennozh Doue Job evit pep tra, ha kenavo er baradoz. »

 

Joël Le Biavant