La pécheresse chez Simon, le pharisien (Lc 7, 36 – 50)
En visitant Saint-Pétersbourg et son remarquable musée de l’Ermitage, nous avons pu admirer plusieurs toiles d’inspiration biblique (comme d’ailleurs dans la plupart des musées) par exemple « Le retour du fils prodigue » de Rembrandt ou la toile de Rubens intitulée « Le repas chez Simon, le pharisien » ; ce dernier représente l’épisode de l’Évangile de Luc, repas au cours duquel Jésus a les pieds oints par une pécheresse.
En effet, Jésus est invité à un repas chez Simon lorsqu’une femme de mauvaise réputation, sans doute une prostituée, entre pour le rencontrer.
Simon était un pharisien influent de Jérusalem, impressionné par les enseignements du Christ et encore plus par sa personnalité. Les riches pharisiens pratiquaient l’aumône et ne fuyaient pas la publicité au sujet de leur philanthropie, ayant l’habitude de laisser les portes ouvertes pour les mendiants : ceux-ci pouvaient attraper les morceaux de nourriture que les participants au banquet pourraient leur lancer.
Observons cette femme : c’est une pécheresse. A son passage, les yeux s’allument de convoitise ou, au contraire se détournent de mépris. Elle manque de tout, se sentant enfermée par le jugement des autres. Avec Jésus, elle espère, depuis longtemps, une vraie rencontre.
Si Simon est l’hôte et Jésus l’invité, cette femme qui s’incruste est une intruse étrangère : cette attitude marque une certaine audace.
Luc détaille la scène pour mieux insister sur sa position surprenante et très intime, voire sensuelle : mouillant les pieds de Jésus de ses larmes, les essuyant, puis y versant du parfum (offrande d’un prix inestimable !). Par ce geste, elle s’humilie devant les convives, le lavement des pieds étant réservé à une esclave, parfois à l’épouse. En voyant la scène, le pharisien se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu’elle est : une pécheresse. »
Pour le pharisien il y a deux catégories de gens : les justes et les pécheurs ; seuls les premiers sont dignes de venir à Jésus. Jésus a bien saisi la pensée de Simon et lui énonce une parabole mettant en scène trois personnages débiteurs pour l’amener à faire la lumière sur son comportement (n’hésitez pas à relire ce passage : Lc 7, 42 – 43) et, en bon psychologue, il a bien saisi ce qui habite les cœurs des gens qui l’entourent.
La femme a manifesté beaucoup d’amour : Jésus ne l’a ni jugée, ni repoussée. Il est disposé à se laisser toucher, à l’accueillir. Elle s’approche de Jésus qui lui rend sa dignité : « Tes péchés sont pardonnés … Ta foi t’a sauvée : va en paix. » Il offre le pardon de Dieu, le repos et la tranquillité à cette femme repentante, quelle que soit la gravité de sa faute, grâce « au grand amour qu’elle a manifesté. » Luc souligne l’immédiateté de la grâce reçue, sans demander de contrepartie.
Si des personnes comme Simon ont des jugements qui abaissent, le regard de Jésus relève.
Le pardon reçu fait grandir. C’est une force pour aimer et pardonner à son tour.