Le mot « écologie » a envahi les conversations, les écrits, les programmes télé et politiques, depuis quelques années maintenant, et difficile de s’y retrouver entre les interdictions (arbres de Noël, étapes du Tour, cotons-tiges), les annonces dramatiques et les insultes telles que « sectaires » à « navrants », « rabat-joie » etc… 

            La racine du mot écologie est un terme basé sur deux mots grecs signifiant pour le premier « éco : le foyer, la maison et ceux qui y habitent » et pour le deuxième « étude ». 

            Quand le pape François a publié son encyclique sur l’écologie c’est le sens qu’il avait à l’esprit mais en y ajoutant deux idées révélées dans le titre lui-même :

LAUDATO SI
SUR UNE SAUVEGARDE DE LA MAISON COMMUNE

            Première idée : la louange au Créateur. En reprenant, en italien, le poème de saint François d’Assise (mort en 1226) louant le Seigneur pour toutes ses créatures la formule « Laudato Si’ » est répétée 7 fois ! « Loué sois-tu pour Frère Soleil, loué sois-tu pour Sœur lune et les étoiles, loué sois-tu pour Frère vent, loué sois-tu pour Sœur eau, loué sois-tu pour notre mère Terre, loué sois-tu pour ceux qui pardonnent, loué sois-tu pour notre Sœur la mort corporelle ».
Cette référence à Dieu créateur n’est pas cruciale pour les non-croyants, elle l’est pour nous !

            La deuxième idée, celle de la sauvegarde de la maison commune, a pratiquement fait l’unanimité chez ceux qui pensent en termes de développement. La répétition du constat « Tout est lié » est devenue l’évidence et le point de départ d’une autre façon de penser pour les hommes dans leurs relations entre eux et à la terre pour faire advenir une « écologie intégrale » qui a clairement des dimensions humaines et sociales.

            Pour les catholiques, cette première encyclique de la main de François a suscité soit l’enthousiasme soit la surprise. Sur la trentaine d’encycliques, depuis Vatican II, celle-ci est la première sur l’écologie et les reproches ont fusé sur son manque de réalisme et même sur la conception de Dieu qu’elle véhicule.

            Entre la publication et la « réception » d’une encyclique s’écoule un temps où les chrétiens se l’approprient… Cinq ans se sont écoulés, et le pape et l’Église proposent, en plus des initiatives prises depuis 2015, des pistes de réflexion et d’actions pour cette conversion à l’écologie intégrale.

Un site a été créé par la Conférence des Évêques de France (on peut s’y abonner gratuitement) qui recense toutes les initiatives « Tout est lié ». C’est très varié et enrichissant !

Et le pape vient de s’exprimer à nouveau en disant : « Il n’y a pas d’équité sans écologie » et il invite à vivre « Une année Laudato Si’ » pour la mise en œuvre des principes expliqués par l’encyclique.

« Exigeons des choix politiques qui allient progrès et équité, développement et durabilité pour tous, afin que personne ne soit privé de la terre où il habite, du bon air qu’il respire, de l’eau qu’il a le droit de boire et de la nourriture qu’il a le droit de manger ! »

            On est bien loin là de simples paroles ! Ceci nous engage et rejoint la Doctrine sociale de l’Église.

Références à Laudato Si’ :

« Aujourd’hui nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. »

« Tout est lié et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs, dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi avec une tendre affection à frère soleil à sœur lune à sœur rivière et à mère terre. »

C’est à Assise, ville de saint François, que le 3 octobre, à la fin du mois pour la Création, que le pape promulguera sa nouvelle encyclique « Fratelli Tutti » pour reprendre encore une expression et avec les termes même de la prière de celui dont il a choisi de porter le nom et exprimer sa vision de la fraternité et de l’amitié sociale.