Tous saints ? Tous concernés ?

Appelés au bonheur ? À la Toussaint, nous fêtons ceux qui le connaissent déjà en plénitude : les saints. Elle nous invite à la même béatitude.

A admirer les statues de saints qui ornent nos églises, nous pourrions nous dire : « Non, décidément, la sainteté n’est pas pour nous ». Qui se verrait, en effet, terrasser un dragon comme saint Georges ? Qui oserait admettre qu’il suffirait de « ramasser une aiguille par amour », comme la petite Thérèse, pour être saint ? La sainteté serait-elle une récompense donnée au ciel et réservée à une élite, aux chouchous de Dieu ? Et pourtant, ces saints que nous vénérons le jour de la fête de Toussaint sont bien 100% humains, ni super-héros, ni extra-terrestres. Ils ont vécu la même vie que nous : les pieds bien ancrés au sol et le cœur tourné vers le ciel. Ils ont entendu l’appel du Seigneur, ils y ont répondu et y sont restés fidèles. Sommes-nous tout autant concernés ?

Tous appelés à la sainteté

Par le baptême, chacun est appelé par Dieu à être saint en sa présence. « L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soient leur rang et leur état », précise le catéchisme de l’Église catholique (n°2013).

Ainsi, laïcs, prêtres, religieux, célibataires ou mariés, jeunes ou moins jeunes, tous sont appelés par Dieu à la béatitude chrétienne. Et ce sont justement les béatitudes qu’égraine l’Évangile de saint Matthieu, proclamé lors de la messe du premier novembre : « Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu ; bienheureux les affligés car ils seront consolés … »

La loi de l’attraction divine

Ces béatitudes sont toujours construites en deux temps, comme le montre le frère Emmanuel Perrier, op : « Le temps où l’on est dépouillé, où le désir de Dieu se creuse, puis le temps où l’on reçoit de Dieu un don à la mesure de Dieu. Le chemin des Béatitudes est un chemin vers la béatitude, un chemin par lequel sont passés ceux qui voient Dieu. »

Ce chemin emprunté par les saints est le même pour nous, si nous voulons le suivre. Car, plus nous fréquenterons les saints, plus nous désirerons connaître et aimer Dieu comme eux. C’est « la loi de l’attraction divine » précise ce même dominicain.

Faire ou aimer ?

Mais qu’ont fait ces saints pour connaître ainsi la béatitude ? Ils n’ont rien fait justement, ils ont aimé. Bernadette Soubirous n’est pas sainte parce qu’elle a vu la Sainte Vierge. Et François Bernardone n’est pas saint parce qu’il a fondé l’ordre des franciscains. Laissons le pape François nous donner quelques pistes : « Le Règne des cieux (…) est pour tous ceux qui ne placent pas leur confiance dans les choses mais dans l’amour de Dieu ; pour ceux qui ont un cœur simple, humble, qui ne prétendent pas être justes et qui ne jugent pas les autres, pour ceux qui savent souffrir avec ceux qui souffrent et se réjouir avec ceux qui se réjouissent, qui ne sont pas violents mais miséricordieux et qui cherchent à être artisans de la réconciliation et de la paix. »

Ces attitudes ne sont-elles pas à notre portée ? Oui, avec l’aide de Dieu. Osons les faire nôtre, en suivant l’exemple des saints. Jeanne Jugan le disait ainsi simplement : « Aimez bien le bon Dieu ! Il est si bon le bon Dieu! Tout pour Lui, faites tout par amour. (…) Quand vous serez vieux, vous ne verrez plus rien, moi, je ne vois plus que le bon Dieu ! ».

Nous sommes attendus

Voir le bon Dieu : c’est cela, la béatitude ! Puisqu’à la Toussaint, la porte est ouverte sur le ciel, observons : une grande table avec le Christ et la Vierge Marie au centre, tous les saints assis de part et d’autre. Et des places libres, avec le nom de chacun de nous, inscrit en pointillés. Nous sommes invités. Nous sommes attendus. « Réjouissez-vous car vos noms sont inscrits dans les cieux. » (Luc 10, 20).

Isabelle du Ché |
Aleteia 01 novembre 2017

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