Mgr Patenôtre, qui êtes vous?

Mgr PatenôtreMgr Yves Patenôtre, qui a présidé le pardon de Notre-Dame de Rostrenen,  a gentiment accepté, malgré un emploi du temps bien chargé, de répondre à nos questions.

Né en 1940 à Troyes, il est ordonné prêtre en 1965. Après avoir enseigné la théologie, il est nommé, en 1994, évêque de Saint-Claude dans le Jura.
Depuis 2004 Mgr Patenôtre est archevêque de Sens-Auxerre et prélat de la Mission de France (Cf bulletin de septembre).

 Parlez-nous de vos attaches bretonnes.

Notre famille a des attaches bretonnes qui remontent au 16ème siècle, mais elles sont imprécises. Actuellement, j’ai un frère qui habite avec sa famille à Bénodet, dans le Finistère, et de bons amis à Plévenon, près du Cap Fréhel.

Mes attaches spirituelles se trouvent bien sûr à Tréguier, patrie de mon Saint Patron. J’ai eu l’honneur d’en présider le pardon en l’an 2000.

Vous avez cité à plusieurs reprises le pape François. En quoi son message et son comportement vous enthousiasment-ils ?

J’ai eu le bonheur de rencontrer le pape François par deux fois au printemps de cette année. Nous avons pu parler quelques instants. Nous nous sommes rencontrés comme si nous nous connaissions depuis toujours. J’apprécie beaucoup sa simplicité. Il a un comportement évangélique. Humble et simple, souriant et grave. C’est un homme de prière. Sa vie est enracinée en Christ. Il se lève tôt pour la prière et la messe. Sa qualité de relation au Seigneur transparait dans son attitude habituelle. Il m’a demandé de prier pour lui …

J’ai eu le bonheur de participer au Synode sur la Nouvelle Evangélisation en octobre 2012.

J’ai donc lu avec intérêt l’Exhortation Apostolique du Pape François « Evangelii Gaudium » qui désirait faire écho à ce Synode où il n’a d’ailleurs pas participé. C’est tout son style. Je souhaite que les chrétiens d’aujourd’hui – et d’autres peut-être – lisent ce beau texte qui n’est pas difficile. Il me semble que c’est un texte fondateur de son pontificat. La première phrase résume l’ensemble : « La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus ».

Les paroissiens ont été touchés par la qualité de vos homélies prononcées sans note. Comment procédez-vous ? (Mais c’est peut-être un secret !…)

Je ne sais pas parler « de chic », sans préparation. Je médite longtemps à l’avance ce que je vais dire en fonction des textes de la Parole de Dieu – que je regarde de près – et de l’assemblée à laquelle je vais m’adresser. Ensuite, je compose mon homélie en moi-même de telle façon que je possède bien son articulation fondamentale, son plan, et les citations que je voudrais faire. Je ne pars jamais dans l’improvisation même si en parlant, pour une raison ou pour une autre, me viennent une image ou une expression en raison de l’événement que nous célébrons ou de ceux qui m’écoutent. C’est pour cela que je n’ai habituellement pas de papier (sauf pour les citations) et que je préfère le langage direct. Et puis je me souviens des conseils de l’un de mes premiers curés :

« Pour une homélie trois conseils : Avoir quelque chose à dire. Le dire. Et enfin se taire ! »

Quelles sont vos impressions sur le pardon de Notre-Dame de Rostrenen que vous avez présidé ?

J’ai beaucoup apprécié la démarche de votre pardon de Notre-Dame de Rostrenen : Marie nous conduit au Christ. C’est le beau symbole de cette marche, portant le buste de Marie, Arche de la Nouvelle Alliance, qui nous mène – en montant dans la nuit – vers le Christ Lumière du monde. Et quelle lumière au Miniou !

Le Christ est célébré dans l’Eucharistie de la veille et du jour de l’Assomption. Le Saint-Sacrement est adoré au retour de la marche de nuit. Le chapelet et les vêpres sont célébrés l’après-midi.

Et puis, il y une fraternité qui s’établit tout au long de la fête. Ce sont les enfants d’un même Père qui se retrouvent. Marie, leur mère, veille sur eux et les bénit.

J’ai beaucoup apprécié ce climat d’accueil et particulièrement avec le père Jean-Marc et les frères prêtres qui m’ont reçu.

Votre optimisme transparaît à travers vos propos. Quel message d’espoir pourriez-vous nous délivrer ?

Je ne parlerai pas tout à fait d’optimisme ou d’espoir. Je crois au Christ ressuscité. Je crois qu’Il est avec nous jusqu’à la fin du monde. Toutes nos routes sont des chemins d’Emmaüs. Au creux de nos épreuves et de nos joies : Il est là ! Il nous dit le visage du Père et nous donne son Souffle pour aimer comme Il nous a aimés.

Je parlerai davantage d’espérance. Espérer c’est croire en l’amour.

Et cet amour a pris visage en Christ. Dès qu’il y a de l’amour – un amour vrai – Dieu est là. Même aux « périphéries » dont nous parle le pape François. L’amour, au cœur des hommes, est le signe de la présence divine. La mission des chrétiens est d’en vivre pour la révéler.

Rencontrer le Christ dans sa Parole, dans la prière, dans les sacrements – l’importance de l’Eucharistie dominicale ! – et dans la proximité effective des plus petits : « C’était moi ». Etre des hommes et des femmes habités par Sa présence pour être acteurs de justice et de paix en ce monde qui en a bien besoin.

Merci à tous pour ces forts moments vécus ensemble ! Bon vent !

Propos recueillis par Joël Le Biavant