Ce dimanche 10 août, c’est par une belle matinée ensoleillée qu’a été célébré le Pardon de saint Abibon, surnommé « Diboan », le « Passeur ».
Les lectures de ce jour mettent en lumière la foi, la vigilance et l’espérance dans les promesses de Dieu.
C’est ce que nous explique le Père Delphin, qui célèbre le Pardon, dans son homélie dont voici les principales lignes :
Saint Diboan, c’est celui qui fait passer d’un monde à un autre monde. Je le cite au début de cette homélie parce que le but de notre vie de foi, c’est de passer de ce monde à l’autre monde. Tout l’effort que nous faisons aujourd’hui, le prêtre qui célèbre la messe, vous les fidèles qui venez à la messe, Jaques qui joue les lecteurs et lectrices, tous les ceux qui ont préparé la chapelle, tout l’effort que nous faisons dans ce monde c’est pour pouvoir passer de ce monde à l’autre monde et donc je trouve bien l’explication qu’on m’a donnée sur le Pardon de saint Abibon.
Dans la lecture le mot foi est revenu plusieurs fois, c’est quoi la foi ? La question se pose maintenant La foi fait défaut aujourd’hui parce que la foi on ne la voit pas. Quand je crois en Dieu, c’est une affaire de cœur. La foi, selon l’auteur français Claude Tresmontant. « C’est le fait de s’appuyer sur un Dieu qu’on ne voit pas ».
Et c’est difficile donc de croire aujourd’hui. Tous on a nos portables, tu appuies sur un mot, tu vas à Google, tu as la réponse. Alors est ce que Dieu existe encore lorsque tout est dans le portable ? Lorsque tout est dans l’ordinateur ? Lorsque tout est dans les réseaux sociaux ? Est-ce que Dieu existe encore ?
Oui, Dieu existe ! Et C’est pourquoi c’est difficile de parler de la foi, de croire en un Dieu qu’on ne voit pas. Et nous sommes les garants de cette foi, nous sommes les représentants de ce Dieu que le monde ne voit pas. Et le dimanche, quand nous nous rassemblons, nous sommes en train d’interpeller le monde.
Même si vous ne le voyez pas, nous croyons à notre Dieu qui nous a créé, en un Dieu tout-puissant, en un Dieu qui nous attend.
Ce dimanche donc, le thème central nous interpelle. Pour ceux qui étaient à la messe de dimanche passé, Jésus a fini l’évangile en posant une question. Il était question d’un riche, un grand agriculteur qui a récolté, il était très content de lui et il dit je vais dormir, manger, boire. Il a tout programmé sauf la mort. La mort ne l’a pas oublié. Lui, il a oublié la mort. Dans sa gloire, dans ses rencontres, dans ses richesses, il a oublié Dieu, il a oublié Dieu, il a oublié la mort, mais la mort ne l’a pas oublié.
Ce matin, Jésus revient un peu sur ce sujet avant de prolonger sur la vigilance. Je disais que dimanche dernier Dieu n’est pas contre la richesse, Dieu n’est pas contre les riches non plus. Mais la richesse devrait nous aider à accéder à la vie éternelle. Et c’est à ce niveau que nous tous nous tombons.
C’est pourquoi ce matin, Jésus insiste sur la vigilance :
« Veillez, car vous ne savez ni l’heure, ni le jour ».
Il donne deux exemples qui cadrent notre vie :
C’est comme le maître de maison qui rentrent dans sa maison à minuit, à trois heures ou très tôt le matin ; Heureux les serviteurs qu’il trouvera vigilants pour l’accueillir.
Deuxième exemple : si le maître de maison savait l’heure de la visite du voleur, il prendrait les dispositions pour que le voleur n’y entre pas.
Au fond, cette maison, c’est la vie de chacun. Une personne d’entre nous ne peut dire avec exactitude qu’il connaît l’heure ou le jour de sa mort. On est allé à l’hôpital, on a fait des pronostics, on te dit qu’il te reste deux mois, c’est faux. La vie de l’homme dépend de Dieu. Dieu seul sait quand nous allons mourir. Maintenant, on ne peut pas le savoir et comme on ne le sait pas et qu’on ne le saura pas, il faut être vigilant.
C’est quoi la vigilance ?
La vigilance, c’est de ne pas mettre sa confiance dans ses richesses, dans son orgueil, dans son égo. La plupart du temps nous transformons nos richesses en idoles. Désormais, nous devenons des serviteurs de nos richesses. Ce qui devrait être l’inverse. C’est moi qui possède l’argent, c’est moi qui possède les richesses. C’est moi qui dois savoir en user et savoir s’en détacher.
Malheureusement, quand nous avons un peu de richesse, un peu de savoir, un peu de pouvoir, nous pensons devenir nous-mêmes la richesse, nous pensons devenir nous-mêmes le pouvoir. Et au lieu que ce soit la richesse qui soit au service de notre personne, c’est nous qui devenons serviteurs de notre richesse, ce qui fait qu’aujourd’hui les relations humaines sont faussées.
Parce que pour te considérer, on commence par à savoir qu’est-ce que tu as ? Tu fais quoi ? Parce que tu n’es considéré que par rapport à ce que tu possèdes, par rapport à ce que tu as.
Ce matin donc, Jésus nous invite à changer un peu la donne. C’est-à-dire que mes richesses doivent m’aider à servir l’autre et c’est cela l’amour. Aimer, on ne peut pas s’aimer seul, non, il faut toujours l’autre pour pouvoir vivre l’amour. Il faut toujours l’autre pour pouvoir exercer et vivre l’amour. Seul, on est égoïste. Seul on est orgueilleux, il faut toujours l’autre et donc ce que je possède, ce que j’ai, je le partage.
Et lorsque je suis heureux seul dans la société, la société est malade. Il y a toujours les classes : les riches, les pauvres, les employeurs, les employés. Et puis au fur et à mesure, ça fait deux classes, et quand y a deux classes, il y a toujours la guerre. Mais pour le chrétien, nous devons avoir un monde meilleur, un monde où tout le monde a le minimum, où personne ne se plaint. C’est comme la première communauté des actes des apôtres. Ce que chacun avait, on le mettait ensemble et on le partageait par rapport aux besoins de l’un et de l’autre.
Mais lorsque tu veux être plus, c’est le début de la guerre, c’est le début des querelles, c’est le début d’une jalousie. C’est le début des envies parce que tu veux en avoir plus.
Jésus refuse ; il vaut mieux construire le monde avec mon frère que de construire le monde seul. Je pense être riche, mais je suis malheureux. En Afrique, il y a le paludisme ; tu es fatigué, tu n’as pas d’appétit, tu ne peux même pas te lever pour puiser de l’eau pour boire. Dites-moi, lorsque tu as l’argent, est-ce que l’argent peut te puiser de l’eau à boire ? Je ne le pense pas.
Le plus riche du monde a besoin du plus pauvre, ne l’oubliez jamais. Quand tu portes de beaux habits, il faut le pauvre pour te regarder et t’admirer, ne l’oubliez jamais. Alors on a toujours besoin l’un de l’autre. Servons les autres et non nous-mêmes. Est-ce que nous servons avec gratitude ou est-ce que nous servons pour un intérêt.
En ce dimanche donc, tout ce que je vous souhaite, comme Jésus nous le demande, c’est de savoir mettre au service des autres ce que j’ai, ce que je suis. Service, c’est-à-dire ? Se mettre au service de l’autre et d’autre part, savoir se détacher des richesses.
Et c’est ça la foi, quoi que je sois le plus riche, quoi que j’aie des choses, je fais comme si je n’en avais pas, et donc je mets mon espoir dans le Seigneur. Et en mettant mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr que je j’aurai la vie éternelle.
Dites-moi pourquoi nous venons ici le dimanche à la messe. Pourquoi nous prions ? C’est pourquoi j’ai commencé par l’étymologie du mot Abibon : Passer de ce monde à la vie éternelle. Demandons donc, par l’intercession de saint Abibon, de nous aider, qu’en utilisant les biens de ce monde, chacun, chacune prépare son trésor au ciel, c’est-à-dire parvenir à la vie éternelle.









