Une célébration très suivie
Cette fête chrétienne a lieu le dimanche qui précède Pâques, soit, cette année, le 29 mars.
La fête des Rameaux célèbre le retour de Jésus à Jérusalem : il est sur un âne, la foule l’acclame à son entrée dans la ville en agitant des rameaux et en criant « Hosanna ».
C’est en mémoire de ce jour que les catholiques portent des rameaux de buis, de laurier, d’olivier ou de palmier, selon les régions. Ces rameaux, une fois bénis, sont tenus en main par les fidèles qui se mettent en marche, en procession, vers le lieu de la célébration : c’est la marche du peuple de Dieu, à la suite du Christ, vers Pâques.
C’est indéniablement l’une des messes les plus fréquentées de l’année et qui ouvre la Semaine sainte, mais la signification des Rameaux est parfois incomprise. Par tradition, habitude ou superstition, certaines personnes se rendent à l’office uniquement pour récupérer des rameaux bénis qu’elles voient davantage comme un porte-bonheur. Leur signification est beaucoup plus profonde et plus belle.
La liturgie de ce jour rapproche, dans une même célébration, l’entrée triomphale de Jésus et sa Passion. Le contraste entre la gloire des Rameaux et la descente dans l’obscurité de Gethsémani est saisissant. Dans ces deux récits, Jésus apparaît comme un Roi : roi humble, exalté, humilié, roi en qui s’accomplissent les promesses de Dieu.
C’est par sa mort, sa résurrection et par le don de l’Esprit, et non par un coup d’état ou une conquête militaire, que son royaume s’étend.
À la lecture de la Passion brille déjà la lumière de la résurrection. Loin de nous condamner, la mort de Jésus nous ouvre un chemin de vie.
Ce jour des Rameaux, les prêtres délaissent l’ornement violet qui fait place à l’ornement rouge. Cette couleur liturgique sied mieux à ce jour puisqu’elle évoque la royauté et le sang, d’où son usage également pour la fête des martyrs. Nous retrouverons les ornements rouges lors du Vendredi saint et à la Pentecôte pour le symbole du feu de l’Esprit-Saint.
Les quatre évangiles canoniques racontent l’entrée solennelle de Jésus, à Jérusalem, sur un ânon, monture modeste, pour montrer le caractère humble et pacifique de son règne, comme l’avait annoncé le prophète Zacharie (9,9) : « Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un ânon, le petit d’une ânesse. »
Pour conclure sur une note plus originale, mentionnons l’ouvrage insolite d’Élisabeth de Lambilly « Moi, l’âne de Jérusalem » (Éditions du Cerf), récit des derniers jours de Jésus du point de vue de l’âne sur lequel il est entré à Jérusalem.
« Dès qu’il est monté sur mon dos, j’ai senti que cet homme n’était pas ordinaire. Une grâce particulière, mélange de sérénité et de gravité, émanait de lui, » raconte l’âne. « Quelle fierté pour moi de porter un monarque : je me voyais déjà dans un palais, promis à un destin exceptionnel. Aveuglé par mes rêves de gloire, je n’avais rien compris. Ce Rabbi n’était pas un roi comme les autres. »











