Découvrons aujourd’hui dans le canton de Maël-Carhaix la commune de Plévin, toute proche du Finistère et du Morbihan.
Après un rappel historique, nous évoquerons le patrimoine religieux et terminerons par l’évocation de la célébrité locale : le père Julien Maunoir.

Historique 

Plévin constitue l’une des paroisses primitives bretonnes érigées dès le haut Moyen-Age lors de la vague d’immigration bretonne en Armorique (5ème et 6ème siècle).

Dépendant d’abord du diocèse de Quimper, cette commune connaît la révolte des Bonnets Rouges en 1675, ce mouvement prenant davantage d’ampleur en Basse Bretagne. Rappelons que cette révolte est déclenchée par une hausse des taxes dont celle du papier timbré, nécessaire pour les actes authentiques.

De la fin du 19ème siècle à la moitié du 20ème, Plévin fut comme Maël-Carhaix, Motreff et Saint-Hernin, un centre économique important grâce à l’exploitation de l’ardoise.

Durant la deuxième guerre mondiale, la commune est le théâtre de combats, le 29 juillet 1944, entre le bataillon Guy Moquet et les troupes allemandes, tenues en respect par un groupe de résistants.

En septembre 1999, Plévin fait la une des médias : le dépôt d’explosifs de la société Titanite, établi sur la commune, est pillé. L’affaire est liée aux attentats bretons, notamment celui du Mac Donald’s de Quévert, près de Dinan, ayant causé la mort d’une employée.

Le patrimoine

Le calvaire

Garons-nous sur la place de la Mairie et observons le calvaire en granit du 16ème. Ancien calvaire du cimetière désormais disparu de l’enclos paroissial, cet ensemble monumental comporte une représentation de la Vierge en pitié et abrite les tombes de deux anciens recteurs de Plévin : les abbés Morvan et Le Moël.

Le calvaire de Plévin -Photo Norbert Bourhis

L’oratoire

En1884, fut édifié près de l’ancien presbytère, un oratoire délibérément érigé à l’emplacement au-dessous duquel était la chambre où s’est éteint le père Maunoir.

A l’intérieur une statue en chêne du bienheureux réalisée par Le Bozec, après la béatification. Au-dessus du monument, une inscription dont on ne plus lire que les premiers mots « In memoriam …. »

Plévin - L'oratoire - Photo Henri Moreau

L’église Notre-Dame

Découvrons l’église Notre-Dame (17ème – 19ème siècle) construite en schiste et en granit.
De l’édifice primitif, seuls subsistent la tour du 16ème, le chœur et les chapelles ainsi que des remplois sur la façade ouest. Sur les plans de Le Guerrannic (architecte ayant construit une quarantaine d’édifices religieux), l’entrepreneur Canivet de Coray (29) a restauré la façade occidentale à la fin du 19ème. Le clocher était auparavant plus élevé mais la foudre l’a partiellement détruit dans les années 50.

Cette église, dédiée à Notre-Dame se présente comme un édifice en forme de croix et comprend une nef avec bas-côtés de sept travées et deux chapelles en ailes, au niveau des dernières travées.

En ce premier vendredi de septembre, le soleil est au rendez-vous et en pénétrant dans l’église Notre-Dame, la lumière irradie l’édifice à travers le vitrail lumineux au-dessus du maître-autel, représentant le père Maunoir prêchant sa première mission en 1662 à Plévin. Les deux autres vitraux le représentent, à gauche, guérissant un aveugle, à droite, lors de sa mort.

Sur un pilier du chœur, on peut lire  « en 1689, l’évêque de Quimper a consacré le grand autel : y a déposé les reliques des saints Marc, Juste, Modeste, Victoire ».

Admirons le magnifique retable baroque ainsi que deux statues : celle de Saint Isidore et une autre classée : la statue de Saint Georges (17ème siècle) en bois polychrome. La légende dorée représente Saint Georges, officier de la légion romaine, comme un chevalier délivrant une princesse d’un dragon. Saint militaire représenté en armure, c’est le patron des chevaux, des armuriers et des cavaliers. Compagnon des croisés, il est également invoqué contre la lèpre et la peste.

Mentionnons aussi le tronc de Saint Abibon en pierre sur lequel repose la statue de Notre-Dame de Délivrance récupérée par un ancien recteur dans la chapelle St Abibon.

Sous la nef de l’église se situe le tombeau du père Maunoir (Tad Maner), enterré en 1683. On peut aussi admirer une statue en bois datant de 1827.

Chantal Colléou qui nous accompagne au cours des visites fait remarquer « La dévotion au père Maunoir reste importante. En témoignent les ex-voto, les cierges, les offrandes et les nombreuses visites de pèlerins à l’église, ouverte tous les jours. »

A la sacristie, se trouvent les reliques du père Maunoir dont le support a été récemment refait. Des ossements (une dent, une partie de l’humérus et une partie de l’os occipital) ont été récupérés après la béatification. Ces reliques sont exposées lors des deux pardons : le pardon d’hiver qui a toujours lieu le 28 janvier, jour de l’anniversaire de sa mort et le pardon d’été qui a lieu le troisième dimanche de juillet ;

On peut lire sur la châsse du reliquaire :

« Tad Mat Evurus pedet evidom Elec’h ma kouez ar wezenn e renk Besan lezet”