L'église de St6gilles Pligeaux

La paroisse de Pligeaux était l’une des plus anciennes de l’Armorique primitive. La paroisse, qui s’appelle désormais Saint-Gilles-Pligeaux, faisait partie de la Cornouaille, donc de l’évêché de Quimper jusqu’en 1791, date à laquelle elle fut rattachée à l’évêché de Saint-Brieuc. Elle fait actuellement partie de la paroisse de Corlay / Saint-Nicolas-du-Pélem.
En 2017 la commune comptait 295 habitants.

L’enclos paroissial comprend l’église dédiée à saint Gilles dont la date de construction ne peut être déterminée, la chapelle Saint-Laurent, en grande partie restaurée, le cimetière et sa croix monumentale érigée en 1863. L’église Saint-Gilles et la chapelle Saint-Laurent furent d’ailleurs taillées dans un granite à gros grain rude à l’époque où Saint-Gilles était un haut lieu de dévotion.

Par ailleurs, notons les chapelles de la Clarté et celle de Saint-Gildas-du-Pré, ainsi que les fontaines jumelles du bourg.

L'église Saint-Gilles

Découvrons maintenant l’église Saint-Gilles, magnifiquement restaurée.

A la fin du siècle dernier l’église se trouvait en mauvais état si bien que, sur recommandation de la sous-préfecture, la municipalité prend, en 2003, pour des raisons de sécurité, un arrêté de fermeture au public.

En novembre 2006, grâce à la persévérance de Francis Le Moigne, maire, les travaux de restauration commencent.

En 2011, l’église est réouverte au culte et une messe solennelle est célébrée par Mgr Moutel.

L’église est marquée par le style gothique flamboyant, avec sa nef à trois vaisseaux et ressemble à celle de Canihuel.

St-Gilles-Pligeaux – L’église
St-Gilles-Pligeaux-La porte

La tour-porche occidentale, haute de 45 mètres, dont les travaux ont débuté en 1644 pour n’être achevés qu’en 1749, s’apparente à celle de Kergrist-Moëlou.

L’intérieur est très riche. En entrant dans la nef le regard est attiré par une belle voûte étoilée. Dans le transept : l’autel de la Vierge au nord et l’autel saint Joseph au sud. Dans le chœur, le maître-autel et son retable en bois polychrome attirent l’attention.

Trois statues entourent un tableau huile sur bois, représentant une Pietà. Au sommet du retable se tient une Vierge à l’enfant dans la niche du couronnement, avec à droite saint Gilles et à gauche, saint Loup.

Par ailleurs la statuaire, également restaurée, est très importante, La plupart des statues, en bois polychrome, datent des 16ème et 17ème siècles. Quelques-unes sont plus anciennes.

Citons saint Yves, saint Gildas, la sainte Trinité, sainte Marguerite, saint Jean-Baptiste, plusieurs Vierges, la poutre de gloire, une mise au tombeau en granite.

Les sept statues, en tuffeau polychrome, représentant la mise au tombeau, ont retrouvé leur place initiale dans la chapelle Saint-Laurent.

Les verrières, dont plusieurs représentent la vie de saint Gilles, sont de différentes époques, certains vitraux ayant été posés au 20ème siècle, d’autres conservent des armoiries du 16ème siècle.

On y trouve aussi des sablières sculptées et une chaire à prêcher qui, après sa restauration en 2015, a retrouvé l’emplacement qu’elle occupait avant 1970.

L’église abrite deux catafalques du 19ème dont l’un provient de la chapelle Saint Laurent, décoré de palmes et de cercles ajourés ; l’autre porte deux inscriptions en breton :

St-Gilles-Pligeaux – Les catafalques

« Ur sonj santel ha mad eo pidi evit an anaon » (c’est pieuse et bonne pensée de prier pour les trépassés),

« Hire dime, varchoas dide » (aujourd’hui c’est moi, demain c’est toi).

Ces inscriptions sont surmontées de têtes de morts séparées par des os entrecroisés.

Le catafalque est une estrade surélevée sur laquelle on posait le cercueil. Ce type de mobilier religieux s’appuie à la fois sur des traditions locales du culte de la mort et sur une conception de la mort héritée du concile de Trente. Les derniers catafalques de ce type ont été utilisés pour les obsèques dans les années 1980.

 

Qui était Saint Gilles?

Pour conclure, quelques renseignements sur le saint patron de la paroisse.

Saint Gilles (réf. Nominis). D’origine grecque, Gilles vécut en ermite dans les forêts près de Nîmes où il fonda une abbaye qui prit son nom : Saint-Gilles-du-Gard.

Sa popularité lui vint de ce que le monastère construit dès le 6ème siècle se trouvait sur un itinéraire de Rome à Compostelle. Les pèlerins s’y arrêtaient et chantaient les louanges de saint Gilles à leur retour dans le pays. Le culte du saint, souvent représenté avec une biche, est florissant depuis le Moyen-Âge.

Il ne fut jamais évêque mais il en porte souvent les attributs pour montrer son importance aux yeux des fidèles.