Qu’a-t-on réellement découvert à Qumrân ?

Qumran

Les écrits et la vie de ce groupe juif orthodoxe, en rupture avec le Temple et en conflit avec les pharisiens et les sadducéens, ont permis de mieux comprendre la richesse de l‘univers biblique, la diversité du judaïsme pratiqué à l’époque du Christ et bien des détails du Nouveau Testament.

1. Les manuscrits de la mer Morte trouvés près de la ruine de Qumrân que les byzantins ont identifiée à Gomorrhe, mais anciennement Sokoka, constituent la plus extraordinaire découverte archéologique biblique de tous les temps, qui a permis de retrouver des manuscrits de plus de 1000 ans antérieurs au plus ancien codex biblique connu.

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2. Origène et plus tard un patriarche nestorien témoignent de deux autres découvertes bien plus anciennes en ce même lieu, mais à l’époque moderne, entre 1947 et 1956. Ce sont des restes d’environ 930 manuscrits identifiés parmi des dizaines de milliers de fragments, dont 243 manuscrits de livres bibliques retrouvés à Qumran.

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3. On arrive aujourd’hui à situer assez bien l’histoire de la Communauté essénienne qui s’est retirée en ce lieu en compagnie du Grand Prêtre légitime destitué en 152 avant Jésus Christ par l’usurpateur Jonathan Maccabée. Ce Grand Prêtre énigmatique, appelé « Maître de justice » par la Communauté, a inspiré les règles et les textes fondateurs de ce petit groupe en rupture avec le temple qui attendait la venue du messie dans le deuxième quart du Ier siècle avant notre ère.

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4. Jean-Baptiste n’a pas de lien avec Qumrân où il n’est pas pratiqué de baptême en tant que tel. L’enseignement de Jésus se rapproche par bien des points de celui des esséniens (mariage, divorce, résurrection des justes) mais il s’en distingue aussi parfois beaucoup sur d’autres points clés comme l'amour du prochain et le sabbat.

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5. Les découvertes de Qumrân apportent énormément à la compréhension de l’univers biblique, de ses sources, de ses calendriers et de ses pratiques, avec la mise au grand jour de quantité de variantes textuelles fort intéressantes, qui montrent que l’autorité des textes n’était pas liée au détail de la lettre, mais plutôt au contenu du message. Les livres de Ben Sirac le Sage et de Tobie faisaient partie des textes reconnus par cette communauté, ainsi que le Premier Livre d’Hénoch, cité dans le Nouveau Testament, mais il n’a pas (encore ?) été retrouvé de trace du Livre d’Esther.

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6. Les manuscrits de Qumrân sont très utiles pour éclairer le contexte juif du Nouveau Testament et de nombreux détails des Évangiles qui étaient difficilement compréhensibles jusqu’ici. La salle choisie par Jésus pour son dernier repas, le Cénacle, était située sur le Mont Sion, dans le quartier essénien de Jérusalem, et ceci explique parfaitement les événements et le calendrier de la dernière semaine de Jésus à Jérusalem.

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(Article publié par Aleteia)

La réponse du Père Emile Puech

Émile Puech, né en 1941 aux Cazelles de Sébrazac, près d'Estaing (Aveyron), est un prêtre catholique et un chercheur français. Épigraphiste, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’École biblique et archéologique de Jérusalem, il est un spécialiste de renommée internationale de l'essénisme, directeur de la revue Qumrân et chercheur statutaire du Laboratoire des Études sémitiques anciennes du Collège de France. Il a été élu par ses pairs en 1990 éditeur en chef des manuscrits de la grotte 4 de Qumrân. Il est membre du comité scientifique de la revue Antiguo Oriente.

Ses livres

  • Les manuscrits de la mer Morte, avec F. Mebarki, Éditions du Rouergue, octobre 2002.
  • Les convictions d'un savant. Entretien avec Emile Puech Le Monde de la Bible ISSN 0154-9049, éditeur Bayard.
  • La croyance des Esséniens en la vie future: Immortalité, résurrection, vie éternelle ? Histoire d'une croyance dans le Judaïsme ancien, Études Bibliques, NS, 22, éd. Gabalda, Paris, 1993 - Tome I : La résurrection des morts et le contexte scripturaire - Tome II : Les données qumrâniennes et classiques
  • L'ostracon de Khirbet Qeyafa et les débuts de la royauté en Israël, Revue Biblique, vol. 117, n°2,‎ 2010 (présentation en ligne), p. 162-184

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