Pierres de nos chapelles, qu’avez-vous donc à nous dire ?

Au mois de juillet dernier, une nouvelle association « Mignoned St Roch » (les amis de St Roch) a été créée. Composée d’amis, aux convictions parfois éloignées et revendiquées, cette association souhaite restaurer la chapelle St Roch de PLOUNEVEZ-QUINTIN et animer ce site naturel remarquable qui recèle de bien belles surprises. A proximité, la fontaine éponyme et le pont gallo-romain enjambant le Blavet méritent eux aussi une visite. Au rythme des saisons, la promenade réserve le renouvellement des découvertes.

Les quelques lignes qui suivent réussiront-elles à créer l’envie d’une randonnée vers St Roch ?

Le territoire centre breton, outre nos églises paroissiales, est parsemé de chapelles qui représentent un si bel héritage du passé. S’il n’est en réalité que les « Pierres Vivantes » qui soient dotées de la parole et de la capacité à rendre témoignage, acceptons également que les murs de nos édifices religieux nous adressent un message particulier.

De nos chapelles, il en est de toutes petites, presque minuscules et, d’autres si majestueuses qu’il leur suffirait l’ajout de fonts baptismaux pour oser rivaliser avec l’église du bourg. Certaines, à la construction imposante ou quasi savante, côtoient la simplicité de bâtiments sans prétention. On pourrait encore citer et vouloir comparer la richesse des statues et ornements de l’une par rapport au dépouillement monacal de l’autre, pourtant si proche…

Et si tout ne se situait pas seulement, une fois de plus, dans les apparences ?

Aux temps des vacances d’été ou lors du pardon, s’il a pu être conservé, mais encore à l’occasion des journées du patrimoine ou de quelques rassemblements familiaux, voilà que nos chapelles ont un peu plus à dire qu’à l’ordinaire des jours. Les langues des visiteurs se délient alors et chacun peut exprimer ce qui le relie à ce lieu. Une pause, en plein milieu des occupations habituelles, est alors possible comme une parenthèse attendue, une respiration, un retour aux sources…

Les confidences marquent souvent le respect face à l’audace des anciens bâtisseurs. Comment comprendre avec justesse l’habileté du tailleur de granit ou de schiste préparant le travail du maçon ? Que dire de la fatigue du bûcheron abattant le chêne séculaire livré aux mains expertes des menuisiers et charpentiers ? Comment ne pas admirer l’addition de tant d’autres compétences et dextérités nécessaires pour que la chapelle, autrefois désirée, devienne enfin l’abri réservé à Marie ou au saint ici invoqués ?

Aujourd’hui, face à l’entretien ou à la restauration d’un nombre important de ces lieux de culte, des associations ou comités de quartier, quelquefois aussi simplement un groupe bien restreint de passionnés, déploient de folles énergies afin de préserver ce patrimoine. Ce qui anime les bonnes volontés relève parfois d’un élan indicible.

Les engagements sont divers et multiples et oscillent sans doute entre l’adhésion aux valeurs de l’Église catholique et au tout aussi respectable désir de léguer aux générations futures les traces d’une histoire locale déjà ancienne.

On pourrait, sans tout vouloir concilier, reprendre au compte de tous la citation de William Arthur Ward « C’est impossible dit la Fierté, c’est risqué dit l’Expérience, c’est sans issue dit la Raison, essayons murmure le Cœur »

Et puis, il y a comme toujours ce qu’aucune oreille humaine ne peut entendre et ce que bien des bouches taisent à jamais. Combien de vœux, dans le secret et l’humilité des cœurs, auront été prononcés en ces chapelles de nos campagnes ? Combien de réponses auront été entendues ? Il est des chemins de vie, hier, comme à notre époque et à n’en pas douter demain, qui ont eu, ont et auront toujours besoin de lieux de paix et d’espaces de silence.

La chapelle St Roch

Le pont Gallo-romain

 

 

 

O Sant Roch, diwar ho mene
Benniget parrez Ploneve
Miret hon c’horf d’eus ar chlenved
Hag hon ine deus ar pec’hed

Ô saint Roch, de votre colline
Bénissez la paroisse de Plounévez :
Protégez nos corps de la maladie
Et nos âmes du péché.

René le Meur

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