Le Père Christian Steunou, Serviteur des Malades…

Le Père Christian Steunou au Bénin

Le Père Christian Steunou au Bénin

Soigner et guérir ce qui est blessé

Cher Père Evêque, chers frères et sœurs, chers amis, Merci à chacun de vous d’être encore une fois présents à notre belle rencontre annuelle.

Cher Père Evêque, notre première rencontre ce fut là-bas, au Bénin, à Davougon, et j’ai tout de suite compris, avec beaucoup de bonheur, que je faisais partie de votre troupeau, et que vous n’alliez pas oublier Davougon. Merci d’être aujourd’hui au milieu de nous, pour manifester que cet autre petit peuple d’un bon millier de personnes, qui se réuni ici chaque année, fait encore plus parti de votre troupeau. Merci pour votre présence comme Pasteur fraternel et attentif.

Missionnaire au Bénin, je ne pêche presque jamais et l’endroit privilégié ou je prépare les rares homélies que je peux faire, c’est en salle d’opération entre 2 interventions chirurgicales. On peut se demander pourquoi, et pourtant pour moi cela est une sorte d’évidence.

De par ma vocation de serviteur des Malades, le lieu où je rencontre le plus concrètement ce dieu d’Amour en qui je crois, c’est en ce lieu où se manifeste le plus intensément l’amour d’un homme pour un autre homme. Dieu est là dans cette salle d’opération ! Aussi intensément que dans la présence eucharistique !

Imaginez une petite salle d’opération avec 2 tables : sur chacune un grand brulé et une douzaine de personnes qui s’activent autour…très concentrés sur ces 2 hommes, pendant qu’un petit ordinateur distille soit une musique classique, soit des chants religieux, dans une ambiance sérieuse mais détendue…j’aurais envie de dire une ambiance de recueillement. Au mur, un crucifix apporté de Jérusalem par des amis de Canihuel, rappelle à chacun qu’il ne s’agit pas seulement de soigner des plaies, mais de libérer des hommes de ce mal qu’est la souffrance !

Pour moi, prêcher la Bonne Nouvelle du salut apporté par Jésus Christ c’est cela : montrer aux pauvres que Dieu est à côté d’eux lorsqu’ils souffrent, leur montrer que Dieu ne veut pas la souffrance, ni la maladie, ni la mort…leur montrer que Dieu a confié à des hommes la mission de tout faire pour vaincre tout ce qui abime l’homme. Guérir ce qui est blessé !!

Lorsqu’à Davougon, arrive un malade, nous ne lui demandons jamais quelle est sa race, sa religion, ni ses croyances, mais comme le disait Raoul Follereau, nous lui demandons « Mon frère, ma sœur, où as-tu mal ?, de quoi souffres-tu ? »  …et nous travaillons à le soulager comme le faisait Jésus, qui a guéri juifs et étrangers, fidèles et païens. Et c’est bien cela, la mission que nous a confiée l’Evêque d’Abomey lorsque nous sommes arrivés à Davougon : « Faites d’abord des Hommes ! »

Cette Association Christian Steunou, qui lutte avec moi pour que la misère, l’ignorance et la souffrance reculent dans un petit coin d’Afrique, cette Association rassemble, main dans la main, des hommes et des femmes de toutes opinions et croyances, dans le seul but de soigner et guérir les blessures de notre humanité. Chacun le fait au nom de ses convictions personnelles, mais en réalité ce qui nous unis tous c’est l’Amour, cet Amour que nous voulons manifester pour nos frères et sœurs en humanité. SOIGNER ET GUERIR CE QUI EST BLESSE ! C’est bien la mission qui nous est confiée à tous. Alors au nom de tous les pauvres de Davougon et Zagnanado, MERCI A CHACUN DE VOUS !

Merci à vous tous mes amis de longue date, qui avez participé depuis des années à notre combat. Un immense merci à vous, tous les bénévoles qui êtes au travail afin que nous puissions tous manger tout à l’heure… Merci à cette belle équipe de récolteurs de papiers : vos 260 tonnes annuelles de papier représentent des centaines d’interventions chirurgicales quasi gratuites pour des pauvres, des milliers de repas pour les malades mentaux, des centaines d’enfants scolarisés chaque année.

Merci à vous tous, petits ou grands donateurs, qui continuer à nous faire confiance comme vos intermédiaires, afin de construire avec nous un monde moins injuste. Le chemin est encore long mais chacun de nos gestes de fraternité change déjà ce monde ! OUI, ensemble nous travaillons à GUERIR CE MONDE BLESSE !

Votre frère Christian, Serviteur des Malades

,