Mellionnec: un patrimoine à découvrir

Situé à 7 Km de Rostrenen et à la limite du Morbihan, baignée par le Scorff qui prend sa source au village de Saint Auny, Mellionnec est une commune dynamique avec, entre autres, le festival du film documentaire et l’exposition biennale « Kizellan, un bourg à sculpter ».

Mellionnec vient du gallois « meillion » (trèfle). C’est une paroisse du diocèse de Vannes dès 1265. La commune fait d’ailleurs toujours partie du pays Pourlet tout comme Lescouët-Gouarec où l’on parle le dialecte breton du type bas-vannetais.

Erigée en commune à la Révolution, elle est alors rattachée à notre département. Mellionnec est même chef-lieu de canton de 1790 à 1802 et comptait alors 1120 habitants. On en dénombre aujourd’hui 424.

Découvrons maintenant le patrimoine religieux :

L’église Saint Jean-Baptiste

Mellionnec- L'église Saint Jean-BaptisteAprès des destructions dues aux guerres de la Ligue (16ème siècle), l’église est reconstruite au 17ème siècle. Elle sera, au fil du temps, plusieurs fois remaniée, agrandie et restaurée. L’adjonction du porche sud, de la sacristie et du chœur en témoigne.

Construit en granit, sous forme de croix latine, l’ensemble de l’édifice aurait été bâti en une seule année car la date de 1647, associée au nom du recteur Coguic est gravée sur deux ailes et sur la tour.

Le maître-autel, riche en dorures et en détails sculptés, fait partie du mobilier très coloré de l’église. D’anciennes statues polychromes sont à mentionner dont celles de saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse, et de saint Pierre.

Signalons aussi, parmi les éléments classés, une cloche de 20 cm. Autrefois, lors des convois funèbres, traversant la campagne, un homme précède la procession en agitant cette cloche pour annoncer son arrivée. La cloche jouait le même rôle lorsque le prêtre allait porter les derniers sacrements à un malade.

Ces dernières années l’édifice s’est détérioré. Heureusement, avant qu’il ne soit trop tard, la commune a engagé des travaux concernant la maçonnerie : réfection des joints des murs extérieurs de l’église et du clocher, et nettoyage des pierres, remplacement de la charpente et de la couverture sur l’ensemble de la nef.

D’autres travaux ont également été réalisés : rénovation de l’électricité, du chauffage, de l’éclairage et quelques réfections de portes.

« L’association pour la sauvegarde de l’église de Mellionnec », avec comme président Jean-Pierre Flamery, a été créée en 2011 en vue de récolter des dons pour la restauration. Le remarquable travail de l’association permet de verser 22 000 € à la commune comme participation aux travaux ci-dessus. A noter que le département des Côtes d’Armor est le plus généreux  des départements français dans ce domaine.

Dans notre zone pastorale, la restauration de l’église de Trémargat et de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat, en témoignent également.

La chapelle de Notre-Dame de la Pitié à Hacadour (classée Monument historique en 1973)

La chapelle  Notre-Dame de Pitié à HacadourSur la route de Plélauff, à 3 Km du bourg, vous trouverez un site unique : une double écluse sur le canal, une colline boisée, les vestiges d’un pont romain enfoui au bord d’une anse du canal, le tout sur un ancien camp préhistorique. L’édifice religieux a été bâti au 16ème siècle, intégralement avec des pierres de taille. Très caractéristique du centre Bretagne, la chapelle n’a pas été abîmée à la Révolution, ni à l’extérieur, ni à l’intérieur. On peut y admirer la voûte en berceau en bois, à entraits moulurés.

Pour faire un tableau idyllique, on dit que les habitants du coin auraient enterré la statue de Notre-Dame, tout près de là, près de la fontaine de la Clarté (Cf Le petit Fûté). Le pardon a lieu le premier dimanche de septembre. La chapelle a sa Pietà : cette statue de Notre-Dame de Pitié a donné son nom à la chapelle et c’est sous ce vocable que la Vierge est célébrée dans le cantique local, Itron Varia a druhez, la Vierge des douleurs qui reçoit sur ses genoux, au pied de la croix, le corps de Jésus.

Une autre statue classée : celle de saint Gildas (16ème siècle), honorée ici comme à Trémargat et comme dans plusieurs paroisses des environs.

La légende veut que l’abbé du monastère de Rhuys ait souvent quitté son abbaye pour venir évangéliser la région, en remontant les cours d’eau. Il est représenté en père abbé avec la crosse et la mitre déposée à ses pieds.

La chapelle de Saint Auny (chapel Sant Tourni)

Sur la route de Guémené, la chapelle Saint Julien de Saint Auny date du 17ème siècle. C’est un édifice rectangulaire avec chevets et à pans coupés.

On y voit un beau bénitier et une statue en bois de Saint Julien à cheval réalisée par Monsieur Darcel, menuisier à Mellionnec vers 1930. Il s’agit en fait d’une réplique d’une statue du 16ème siècle qui se trouve à la chapelle de la Trinité à Langoëlan dans le Morbihan.

Cet officier, bien que romain, est le patron du village. Il aurait pris la place d’un vieux saint breton, saint Tourni. Au cours de transcriptions il arrivait souvent qu’on romanise les noms celtiques difficiles à déchiffrer.

Le bénitier monolithe, en granit, comporte deux personnages, peut-être des anges, qui tendent tout autour un gros cordage torsadé.

La chapelle privée de Trégarantec

Trégarantec - la chapelleElle peut être visitée lors des journées du patrimoine.

Le château date de 1698 et avait, jadis, un droit de moyenne et basse justice. Il appartenait, à la veille de la Révolution, à la famille Jégou du Laz, famille qui a fourni deux chevaliers de Malte, au 17ème siècle, et un évêque de Tréguier, en 1731. La chapelle est un édifice de plan rectangulaire avec chevets à pans coupés, dédiée à la sainte Vierge et à saint Michel.

Au temps de la célèbre Marion du Faouët dont la bande rançonnait la région, la famille de Laz avait reçu de celle-ci un « sauf-conduit ».

Aujourd’hui, la famille Danion, propriétaire du château, accueille régulièrement le public pour des visites historiques, patrimoniales et musicales.

Signalons aussi les calvaires : celui de Saint Auny, celui de Croas Hinchou (la croisée des chemins) et celui de Trégarantec, ainsi que la croix de Notre-Dame du Poul, près du manoir du même nom, où vécut Glenmor.

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