L’église de Treffrin

Treffrin - L'église

L’église

Nous poursuivons notre découverte du patrimoine en mettant en valeur celui de Treffrin (paroisse et canton de Maël-Carhaix) dont la superbe haie des apôtres du porche de l’église vaut à elle seule la visite.

Aux portes de Carhaix, dans un environnement boisé, face à la mairie, nous voici place des sœurs Goadec (Maryvonne, Anastasie et Eugénie) originaires de Treffrin, devenues des icônes symbolisant le Kan ha Diskan.

Calvaire de Treffrin détouré (Copier)

Le calvaire

Dans un enclos, une verte pelouse met en valeur le placître qui comprend, outre le monument aux morts, un calvaire en granit avec, sur la face ouest, un Christ en croix et à ses pieds la Vierge et Saint-Jean. Sur la face est se trouvent une Vierge en pitié, un ange soutenant la tête du Christ, un autre soutenant les pieds. Une vue d’ensemble de l’église paroissiale s’offre à nos regards.

La chapelle de Notre-Dame de Treffrin est mentionnée en 1383 sur une indulgence papale. Sous l’ancien régime, la paroisse de Treffrin, qui compte actuellement 551 habitants, était une succursale de Plouguer (Plouguer-Carhaix). La paroisse de Treffrin est supprimée et dépend de la paroisse de Carhaix en 1791, puis rattachée à tort au département des Côtes-du-Nord. Treffrin est annexé du point de vue religieux à Trébrivan et ne devient commune qu’en 1790 et paroisse en 1843.

L’église présente l’originalité d’être excentrée par rapport au reste du bourg. Bâti en 1580, l’édifice est reconstruit en 1893 par l’architecte Le Guerrannic et abandonne alors le vocable de Notre-Dame pour celui de Saint-Louis encore usité aujourd’hui. Le pardon se déroule le dimanche le plus proche de la fête de ce roi de France dont la statue se trouve dans le chœur (25 août). Située au nord du placître, l’église est en croix latine, à nef unique. Le portail principal est surmonté d’une curieuse statue du Christ en majesté, étendant les bras, qui peut aussi être interprété comme le Christ aux outrages portant manteau et couronne d’épines. Le clocher pignon occupe toute la face ouest. La chambre des cloches est moderne (19ème). Ce clocher à double rampant comporte, aux quatre angles, une gargouille.

 

Treffrin - Les Apôtres (porche sud - 1)

Les Apôtres

Treffrin - Les Apôtres (porche sud - 1)

Les Apôtres

Située dans le porche sud, la haie des douze apôtres accueille le visiteur. Les statues, en chêne ou en châtaignier, ont une hauteur d’environ 1,20 m et sont posées dans des niches coiffées d’un simple dais. Ces statues polychromes remontent au 16ème siècle. Elles sont classées depuis 1926. L’ensemble est homogène. Les attitudes sont frontales : avec une recherche de mouvements (têtes penchées, gestes des bras). Les chevelures et barbes sont traitées en mèches ondulées en fort relief. Seul Jean, selon la tradition, est imberbe. Les drapés sont sinueux, mouvementés. Un détail mérite l’attention : toutes les robes se festonnent au-dessus de chaque pied avec vraisemblance. Les apôtres portent leurs emblèmes. Par exemple : Saint Pierre : une clé et un livre, Saint Jacques : le bâton de pèlerin, Saint Jean : un calice. A droite de la porte d’entrée, un bénitier encastré dans le mur est surmonté d’une coquille, sa base est sculptée de motifs floraux.

L’intérieur de ce porche est voûté par un lambris. Deux sablières d’une largeur de 50 centimètres en décorent le sommet des murs est et ouest. Chaque sablière est taillée dans une seule pièce de bois. Le décor est varié, principalement humain et animal. Il semble que l’artiste s’est laissé aller à sa fantaisie en représentant des scènes à la fois symboliques et grotesques. Au dessus de la porte une statue de la Vierge.

Treffrin - La statue de St louis

St Louis Roi de France

Pénétrons maintenant à l’intérieur de l’église. Le transept sud est éclairé par une grande baie en arc brisé. Les murs sont en schiste mais le porche, les corniches et les chaînages d’angles sont en granit. Ce qui frappe d’emblée, compte tenu du relatif dépouillement de la nef, c’est le groupe de la Crucifixion : cette composition symétrique est copiée sur celle des jubés et des poutres de gloire : croix centrale, Vierge à gauche, St Jean à droite. Le Christ, tête inclinée, yeux clos, la Vierge debout, les mains jointes, St Jean, désignant de la main droite le crucifié, tient un livre fermé.

Le transept sud qui abrite un bel autel orné d’angelots est surmonté de deux belles statues travaillées dans le même atelier : celle de Ste Catherine d’Alexandrie tenant d’une main une palme de l’autre une roue dentée et portant une couronne (elle était issue d’une famille noble) et celle de Ste Barbe, patronne des pompiers, à la tête massive et au buste long. Invoquée pour se protéger de la foudre, elle tenait autrefois une tour, symbole de son martyre, aujourd’hui remplacée par une longue palme dorée.

Quittons le bourg et passons le pont Sainte Catherine en granit et schiste, classé monument historique en 1964, placé sur le cours de l’Hyère. On l’appelle aussi pont gaulois, mais sa datation est incertaine. Il marque la limite des Côtes d’Armor et du Finistère. Nous pouvons alors poursuivre notre promenade d’un côté ou de l’autre.

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