A la découverte de Trébrivan

Nous poursuivons notre tour du patrimoine religieux en évoquant Trébrivan.

Le territoire est traversé par la voie romaine reliant Carhaix à Corseul mais peu de vestiges témoignent d’une occupation du site avant le Moyen-Age. Trébrivan avait pour sénéchal de paroisse le père de Théophile Malo de la Tour d’Auvergne (1743-1800) et la commune revendique, comme Carhaix, le statut de lieu de naissance du premier grenadier de la République. Sous l’Ancien Régime la paroisse dépendait de Carhaix. Depuis la Révolution elle fait partie du doyenné (actuellement paroisse) de Maël-Carhaix.

Arrêtons-nous au bourg où l’église occupe la place centrale. Devant l’édifice récemment nettoyé, un monument aux morts original : commémorant les deux guerres mondiales, il est bâti avec le remploi d’une belle pietà en granit surmonté d’une croix provenant de la chapelle de Loconan. 

1 – L’église paroissiale Notre-Dame de la Pitié (des 15ème et 16ème siècles) a été reconstruite au 19ème en réemployant deux portes du 15ème, suivant les plans de l’architecte Le Guerrannic de Saint-Brieuc.

 Sous le porche deux plaques : l’une à la mémoire de l’abbé Le Moine, né à Maël-Carhaix, recteur pendant 26 ans, indiquant qu’il est l’initiateur de la construction de l’église en 1889. Une autre plaque à la mémoire de Messire Joachim Tréhiou, recteur de 1919 à 1932, frère de Mgr Hippolyte Tréhiou, évêque de Vannes de 1929-1941.

Au fond de l’église, outre de beaux fonts baptismaux, deux statues retiennent l’attention : saint Tugdual en tenue d’évêque et saint Hervé tenant un loup au bout d’une chaîne.

Dans le chœur, un autel sculpté, en bois, des ex-voto à la Vierge et à sainte Anne, une pietà et à gauche une statue de Saint Mamert, saint guérisseur, se tenant les intestins dans les mains.

Le lumineux vitrail de la nef représente saint Jean, Notre-Dame de la Pitié (la Vierge tient le Christ mort dans ses bras), saint Pierre et saint Bernard. 

2 – Non loin de là, la chapelle sainte Anne. L’abbé Tréhiou a également fait restaurer cette chapelle datant de 1626, fondée par la famille de Rosmadec. Mais en mauvais état, ces dernières années, elle a été mise hors d’eau grâce à un don généreux de 1996 de l’abbé François Thomas, décédé en 2010. 

Ce retable aux couleurs chatoyantes comporte quatre colonnes décorées de fleurs de vignes et de raisin, les deux niches de saints restent vides car les statues sont dans l’église. Au centre un tableau représente une scène traditionnelle : sainte Anne apprenant à lire à la Vierge.

Le pardon a lieu fin juillet, le dimanche suivant la fête de sainte Anne. 

Dirigeons-nous maintenant vers la chapelle Notre-Dame de la Clarté, en prenant la route de Callac, au village de Loconan, datant du 16ème siècle (mieux vaut se renseigner pour y aller afin de ne pas se perdre).

Le chevet est le seul élément subsistant de l’édifice primitif. La chapelle a été remaniée au 18ème et restaurée au 20ème siècle. Elle conserve un sarcophage hexagonal en pierre, dit tombeau de saint Colomban. 

La voute de la chapelle est soutenue par des poutres à engoulant (tête monstrueuse à l’extrémité et qui semble avaler celle-ci) l’une d’elles représente une extrémité sculptée d’une gueule de crocodile symbolisant le démon.

Terminons par la belle prière à Notre-Dame de la Clarté si belle dans sa simplicité :

 

« Toi qui es lumière
Apprends-nous à prier
Toi qui es tendresse
Apprends-nous à aimer
Toi qui es bonté
Apprends-nous à partager
Toi qui es la joie
Apprends-nous à la crier
Toi qui es la paix
Apprends-nous à pardonner »

 

 

 

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